Publicité
Attentat à Bangkok: le bilan s’alourdit à 21 morts, un suspect recherché
Par
Partager cet article
Attentat à Bangkok: le bilan s’alourdit à 21 morts, un suspect recherché
Scène de panique après l’attentat à la bombe qui a frappé, lundi 17 août, en pleine heure de pointe un sanctuaire du centre de Bangkok, Thaïlande. Le porte-parole de la police Prawut Thavornsiri fait état de 21 tués et 123 blessés. Parmi les victimes figurent plusieurs étrangers, nombreux à visiter ce temple à ciel ouvert, situé en plein cœur de Bangkok au milieu des grands centres commerciaux de la ville.
Le ministère mauricien des Affaires étrangères, qui dit suivre la situation de près, déclare qu’aucun Mauricien ne figure parmi les victimes. Ceux qui ont de la famille ou des amis à Bangkok et qui souhaiteraient avoir plus d’informations peuvent appeler sur la hotline du ministère, aux numéros suivants : 405 26 05, 405 26 11 ou 405 26 18.
«La pire attaque jamais» commise
La police thaïlandaise recherchait, mardi, un «suspect» identifié grâce aux images de vidéo-surveillance après «la pire attaque jamais» commise en Thaïlande, d’après le chef de la junte au pouvoir. D’après le chef de la junte et Premier ministre, Prayut Chan-O-Cha, la police est à la recherche d’un suspect «originaire du nord-est du pays et membre d’un groupe opposé à la junte». Le nord-est de la Thaïlande, la région de l’Issan, est le bastion des Chemises rouges, qui soutiennent l’ancien gouvernement chassé du pouvoir après des mois de manifestations suivies par un coup d’Etat militaire en 2014.
«La bombe visait à tuer autant de personnes que possible, puisque le sanctuaire est bondé aux alentours de 06 et 07H00 le soir», a déploré, mardi matin, le porte-parole de la police Prawut Thavornsiri. «Le bilan est maintenant de 21 tués et 123 blessés. 14 des personnes décédées sont mortes sur le site de l’explosion», a-t-il ajouté, précisant que la bombe contenait probablement trois kilos d’explosifs.
Les autorités thaïlandaises estiment que les auteurs de l’attentat visaient les «étrangers» et voulaient «porter atteinte au tourisme», l’un des rares points positifs d’une économie thaïlandaise en berne.
«Ils veulent détruire notre économie, le tourisme»
«Cette attaque est la pire jamais» commise qui «ciblait directement de personnes innocentes», a déclaré devant les journalistes, Prayut Chan-0-Cha, chef de la junte et Premier ministre depuis le coup d’Etat de mai 2014. «Ils veulent détruire notre économie, le tourisme. A partir de maintenant notre économie va se dégrader», a indiqué Prayut Chan-0-Cha.
Le cours du baht thaïlandais s’est effondré, mardi, à son cours le plus bas depuis six ans tandis que la Bourse de Bangkok était en baisse, les marchés s’inquiétant des répercussions de l’attentat commis, lundi, visant le tourisme, secteur vital de l’économie thaïlandaise.
Au moins deux Malaisiens, un Singapourien, un Chinois, un Philippin ont été tués, d’après la police ainsi que dix Thaïlandais. Selon le département de l’immigration de Hong Kong, deux de ses résidents sont également décédés dans l’explosion et six autres blessés et hospitalisés. Selon les autorités de Singapour et de Taïwan, certains de leurs concitoyens ont également été blessés.
Après l’attaque, de nombreux pays ont réagi en exprimant leur compassion. Dans un communiqué, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon se dit choqué. Les Etats-Unis et la France ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter cette zone et d’être prudents en sillonnant la capitale thaïlandaise.
Pas de revendication
«J’ai entendu une très forte détonation, qui a fait trembler tout le bâtiment, j’ai couru dehors», a expliqué lundi soir à l’AFP Panupan Chansing, employé au Grand Hyatt, hôtel de luxe à proximité du lieu de l’explosion. «J’ai vu plusieurs corps gisant sur le sol et des véhicules en feu. Je me suis senti très triste et désolé que cela arrive au peuple thaïlandais... Je suis effrayé», a ajouté le jeune homme de 20 ans.
Dans le sud de la Thaïlande, en proie à un conflit qui a fait plus de 6 300 morts depuis 2004, les attentats sont fréquents mais bien moins meurtriers. Et aucune attaque n’a jamais été confirmée à l’extérieur de cette région malgré les années de guerre.
Depuis mai 2014, la Thaïlande est gouvernée par la junte militaire, qui a pris le pouvoir pour mettre fin à des mois de manifestations meurtrières contre l’ancien gouvernement élu. Le pays reste tendu et profondément divisé après près d’une décennie de troubles politiques, conclus par deux coups d’Etat. L'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, qui s’est exilé pour fuir des poursuites judiciaires, est notamment au cœur des fractures du royaume.
Publicité
Publicité
Les plus récents