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Georges Chung, président de la Mauritius Professional Football League: «On ne peut poursuivre le football dans les conditions actuelles»

10 août 2015, 05:56

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Georges Chung, président de la Mauritius Professional Football League: «On ne peut poursuivre le football dans les conditions actuelles»

Pourquoi après s’être lancée avec enthousiasme dans un projet de professionnalisation du football, la Mauritius Professional Football League (MPFL) décide-t-elle, par le biais d’une lettre à la Mauritius Football Association (MFA), de faire marche arrière ?

Il nous est impossible de poursuivre cette expérience dans les conditions actuelles.

 

■  La MFA, en tant qu’organisation suprême du football, a-t-elle été informée de votre souci ?

Amplement, et surtout les équipes. Malheureusement, nos lettres sont restées sans réponse.

 

■  Votre décision est-elle irréversible ?

Oui, aussi longtemps que les conditions dans lesquelles le projet de professionnaliser le football a été entrepris jusqu’ici ne changent pas.

 

Quelles sont justement les caractéristiques de ces conditions que vous décriez tant ?

La MPFL s’est investie dans sa mission de professionnaliser le football. Les sponsors, qui ont cru dans le projet, ont répondu favorablement à notre sollicitation d’aide. Nous nous attendions à un certain retour sur tous les plans. Cependant, les parties concernées nous ont laissés seuls.

 

Le renouveau du football mauricien ne peut pas reposer sur les épaules d’une seule personne ou sur une seule équipe. Le football est l’affaire de la nation mauricienne. Nous en avons fait l’amère expérience dans le cadre de la dernière édition des Jeux des îles de l’océan Indien.

 

Lorsque le Club Maurice a courbé l’échine, la déception a envahi toute une nation. Les clubs n’ont pas joué le jeu en termes de création de fanclubs et d’écoles de foot, de promotion de cette discipline dans leur région respective.

 

■  Votre posture ne s’apparente-t-elle pas plutôt à celle d’un entrepreneur qui, ayant pris un risque calculé, se rend compte que cela ne peut plus continuer et que c’est le cri d’un homme désespéré ?

Tous les paramètres que nécessite la mise en place d’un projet d’investissement ont été appliqués dans le cadre du projet visant la professionnalisation du football. L’efficience et l’efficacité sont indispensables à la réussite recherchée dans une telle démarche. En l’absence de ces deux facteurs clés, un entrepreneur n’aurait d’autre choix que de dire stop. C’est ce que nous avons fait.

 

■  Devrait-on alors conclure que la MPFL et ses sponsors n’ont pas définitivement fermé la porte à un possible rebond de la situation actuelle ?

Nos sponsors aussi bien que nous-mêmes sont convaincus de la nécessité de sortir notre football de son état actuel. Notre motivation n’a pas été anéantie. Notre engagement a fait la démonstration qu’il est possible d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. La preuve est qu’il y a une progression tangible de la qualité du football. Le potentiel est là. La volonté de le développer a été une bonne décision. Notre motivation est plutôt en veilleuse. Notre démission est tributaire de la situation dans laquelle nous avons évolué depuis l’année dernière. Nous voulons voir l’émergence d’un véritable élan national pour la promotion de notre football.

 

■  Quel a été le budget de la MPFL depuis sa création ?

Rs 60 millions. La contribution des sponsors et celle du gouvernement se sont élevées respectivement à Rs 12 millions et à Rs 10 millions.

 

Quel a été le montant attribué aux clubs ?

Les dix équipes faisantpartie de la défunte ligueprofessionnelle ont perçuRs 4 millions chacune.

 

■  Quels autres pôles de dépenses ont été alimentés par votre budget de Rs 60 millions ?

Il s’agit, entre autres, du paiement des honoraires des arbitres, de la police, le financement de la venue de l’entraîneur Didier Six à Maurice, des techniciens chargés de promouvoir le football chez les jeunes. Il y a eu également le coût du nettoyage des stades, le paiement des frais de déplacement des ambulances.

 

Quel est le bilan de la MPFL en termes de rencontres sur les terrains ?

Nous avons organisé 400 rencontres. Celles-ci incluent les 180 matchs comptant pour la ligue professionnelle, les 90 matchs du championnat féminin et les 80 autres destinés à des équipes de jeunes. Nous avons également organisé un Charity Shield, la Coupe de la MFA et la Republic Cup.

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