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Eddy Sadien: son combat pour sauver «son» centre
18 juillet 2015, 10:00
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Eddy Sadien: son combat pour sauver «son» centre
Son objectif : «protester contre la malhonnêteté intellectuelle de l’Église et laver son honneur». Le président de l’Association socioculturelle de Tranquebar, Eddy Sadien, a entamé une grève de la faim lundi. Celle-ci se tient dans le même centre culturel, sis à la rue Crématoire, à Tranquebar, dont se disputent l’Église catholique et l’association socioculturelle de la localité. Appelée en cour, l’affaire a été renvoyée au 23 juillet.
Membre d’une association socio-culturelle de Tranquebar, Eddy Sadien dit y avoir consacré plus de 25 ans de sa vie. Or, l’Église catholique lui reproche d’occuper le Tranquebar Rotary Village Corps illégalement. Elle a fait servir à l’Association socioculturelle de Tranquebar, en octobre dernier, une mise en demeure pour évacuer les lieux. Chose qu’Eddy Sadien refuse.
Depuis lundi, Eddy Sadien a reçu la visite de plusieurs habitants de la localité non seulement pour lui témoigner leur soutien, mais aussi pour visionner les photos qui y sont exposées. En effet, l’exposition de photos retrace la construction du centre, ses premiers membres, ses activités, la visite de différentes personnalités ainsi que des coupures de presse.
Le travailleur social explique qu’il s’est inspiré, dans sa lutte, du personnage biblique Esther, qui avait adopté une démarche similaire en se disant que Dieu fera justice. «Ou encore du prêtre Richard Bennett qui mène une campagne de dénonciation contre l’Église. Je suis en guerre contre cette institution et ce n’est pas une tâche facile. La situation ressemble à celle de David contre Goliath», soutient Eddy Sadien.
Trois décennies plus tôt…
Vers la fin des années 80, le club Rotary de Port-Louis souhaite aider à la mise sur pied d’un centre social. Son président de l’époque, feu Dan Bundhoo, prend contact avec le travailleur social Eddy Sadien. Un terrain est alors requis pour mener le projet à bon terme. L’association socioculturelle de Tranquebar, qui n’était pas encore enregistrée à cette époque, sollicite alors l’aide du prêtre de la région, le père Jacques Harel. «L’Eglise, agissant ainsi comme facilitateur, fera la demande pour un terrain auprès du ministère des Terres. Et l’association socioculturelle de Tranquebar bénéficiera de ce terrain à la route Crématoire», raconte Eddy Sadien.
Ainsi, en septembre 1987, le diocèse de Port-Louis obtient un bail du ministère des Terres et du logement. Celui-ci a été renouvelé en mars 2013 et expire en juin 2032. À l’époque, il avait été convenu que le bail soit transféré au nom de l’association une fois que celle-ci sera enregistrée. Mais cela ne sera pas le cas : «Après tout, il s’agit de l’Église. On n’aurait pas imaginé qu’une telle situation allait se présenter un jour», indique le travailleur social.
Le centre social Rotary Village Corps est inauguré en juillet 1991. Les premières activités dans lesquelles elle se lance sont, entre autres, l’aérobic, le karaté, le judo, des causeries. Le projet Learning without frontiers a aussi été réalisé. Au fil des années, d’autres activités sont mises à la disposition des membres et habitants de la région. À savoir le zumba et le yoga. Des réunions et des cours en informatique y sont également organisés.
D’où viennent les moyens financiers pour rouler le centre ? «Des donations des membres de l’association. Il faut trouver en moyenne Rs 3 000 pour les factures mensuelles», affirme Eddy Sadien. Quant aux responsabilités administratives ou encore concernant le nettoyage et le gardiennage, c’est le travailleur social qui s’en charge volontairement. «Cela a été le cas depuis l’existence du centre», assure-t-il.

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