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La Chrysalide : une prise en charge plus adaptée à la vie réelle
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La Chrysalide : une prise en charge plus adaptée à la vie réelle
Plus convivial, plus conforme à la vie réelle… Avec le temps, La Chrysalide, organisation engagée dans le traitement et de la réhabilitation des femmes ayant une addiction à la drogue et à l’alcool, a modulé son programme pour le rendre plus adapté aux résidentes. C’est ce qu’explique Georgette Talary, directrice adjointe, qui est aussi responsable de la thérapie. Il faut dire aussi qu’en dix ans d’existence, cet organisme a eu tout le loisir d’observer ce qui se passait autour d’elle et de prendre les mesures appropriées…
Si au début de ses opérations, la période de prise en charge imposée était de dix mois, la direction a décidé d’être moins rigide. «Aujourd’hui, c’est nous qui nous adaptons aux besoins de la femme. Lors du premier contact, nous discutons avec elle pour savoir combien de temps elle est disposée à rester. Si elle ne veut rester que trois mois, l’équipe concevra un accompagnement de trois mois pour elle car nous voulons qu’elle soit partie prenante de sa thérapie. Elle est maîtresse de sa vie. Nous la respectons et ne pouvons décider pour elle. Et même si elle décide de faire un court séjour et qu’elle repart, nous savons qu’elle aura tiré quelque chose de notre accompagnement.»
Les résidentes ont aussi rajeuni. Autant au début, les femmes qui venaient à La Chrysalide étaient dans la trentaine et s’adonnaient à la prostitution, autant aujourd’hui, ce sont des jeunes de 17 à 24 ans qui viennent au centre de Bambous. «Beaucoup d’entre elles ne font pas le trottoir. Certaines ont une position sociale, un travail convenable mais en raison de leur addiction, elles n’arrivent plus à assumer leurs responsabilités. D’autres ont un compagnon dealer et disposent de drogue à volonté.»
La structure thérapeutique a également changé. La direction de Chrysalide essaie d’amener les résidentes à mener la vie la plus normale possible, avec un large choix d’activités extérieures. Elles sont par exemple accompagnées au cinéma, dans les centres commerciaux pour faire du lèche-vitrine ou pour déjeuner ; elles font aussi de la méditation dans la nature. Deux fois l’an, les résidentes peuvent même séjourner dans un campement à la plage prêté par un ami de La Chrysalide. L’avantage étant que ce campement est bien sécurisé. Le ministère de la Jeunesse et des Sports met aussi son centre récréatif à leur disposition.
La palette d’activités offertes s’est aussi étoffée. À la culture de légumes, de plantes médicinales, d’arbres fruitiers et à l’élevage d’une centaine de poules pondeuses, La Chrysalide a ajouté l’apiculture : cinq ruches et des combinaisons protectrices ont du reste été offertes par Anglicare. Une première récolte de miel a permis d’obtenir une cinquantaine de pots que les bienfaiteurs ont pu goûter. À l’avenir, le miel obtenu des récoltes sera vendu.
Face à ce bilan qu’elle estime plus que positif, Georgette Talari trouve triste que «certains esprits chagrins minimisent l’importance du traitement médical» pour pallier aux symptômes de manque, aux douleurs, à l’anxiété, à l’insomnie et à la perte d’appétit qu’éprouvent ces femmes qui viennent au centre, de même l’accompagnement psychologique où dans un premier temps, le personnel de La Chrysalide est à l’écoute constante des moindres besoins de toute résidente pour qu’elle se sente totalement comprise.
«Rien ne leur est imposé. Nous les laissons vivre jusqu’à ce qu’elles disent à l’équipe thérapeutique qu’elles se sentent prêtes à construire un projet de vie. Là, nous les aidons à mettre en place des objectifs pour le réaliser». La direction a même fait installer des chaînes télé à l’intention de celles qui cherchent encore leurs marques.
La Chrysalide caresse deux nouveaux projets : d’abord ouvrir une boutique qui commercialiserait tous les produits alimentaires issus des récoltes ainsi que les travaux d’artisanat des résidentes. Ensuite, l’ONG souhaite aussi bâtir une nouvelle aile de 15 lits afin d’y transférer les femmes qui ont terminé leur thérapie médicale et ainsi ouvrir ses portes à une nouvelle catégorie de personnes : les femmes en détresse qui ont besoin de se poser temporairement pour faire le point et se reconstruire. La construction de cette nouvelle aile démarrera dès que La Chrysalide aura obtenu les permis nécessaires.
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