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Yousouf Ismael : L’économiste pédagogue

12 mai 2015, 20:29

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Yousouf Ismael : L’économiste pédagogue

Ce n’est pas pour rien que la devise de Yousouf Ismael, Chief Executive Officer de Global Finance Mauritius, est «discipline, patience et simplicité» et qu’il n’oublie jamais le proverbe qui dit que «c’est très simple d’être compliqué et très compliqué d’être simple». Un avantage, lorsque l’on est, comme lui, économiste.

 

Et dire que sur les conseils de son père, il se destinait à la pharmacie. Ce qui explique ses études secondaires en sciences au collège Royal de Curepipe et une année et demie d’études supérieures en pharmacie à l’université de Brighton en Grande-Bretagne. Ses résultats de première année sont excellents mais après avoir entamé sa deuxième année, il réalise qu’il ne veut pas finir ses jours comme pharmacien mais être économiste. Il demande alors à être transféré à l’université de Reading pour des études en économie.

 

Les matières scientifiques et l’économie ne sont pas incompatibles. D’ailleurs, dit-il, de nombreux bons financiers dans le monde ont un background scientifique. Il opte pour une licence en économie agricole car à l’époque, l’agriculture est encore un pilier de l’économie mauricienne. Il embraye ensuite avec une maîtrise en économie et planning qu’il réussit brillamment. Et sur les conseils de son superviseur, il axe son doctorat sur la façon dont l’innovation économique peut booster la productivité. Et voulant absolument ancrer ses études dans la pratique, il fait le va-et-vient entre Reading et l’Afrique du Sud où la technologie est avancée.

 

Son doctorat obtenu, Yousouf Ismael ajoute à son arc un post-doctorat sur la technologie de l’innovation dans plusieurs États indiens. Au final, cet hyperqualifié est embauché par la société américaine Monsanto où son rôle est de quantifier les bénéfices dérivés des nouveaux insecticides, pesticides et organismes génétiquement modifiés. Il transite aussi à la Food and Agricultural Organisation, poste qui l’amène à voyager dans plusieurs pays africains pour évaluer les bénéfices économiques de différents projets agricoles.

 

Il aurait pu continuer ainsi mais c’est pour avoir une qualité de vie décente en famille – son épouse est expert-comptable et ils ont deux fils – que les Ismael regagnent Maurice. Après un an à l’Agricultural and Research Extension Unit et une autre année en tant que conseiller spécial au ministère de l’Agro-industrie, fauteuil occupé à l’époque par Arvind Boolell, il enseigne au niveau de la maîtrise et du troisième cycle au Charles Telfair Institute.

 

Il finit par trouver un bonheur de courte durée –quatre ans – auprès de la British American Insurance en tant que Chief Economist. Il travaille notamment sur le plan stratégique du groupe et prend le pouls du marché dans différents secteurs pour aider la direction à prendre de bonnes décisions. Mais la frustration finit par s’accumuler car ses recommandations sont peu écoutées. «Le groupe n’écoutait pas ses experts. Je disais qu’il fallait rester concentré sur le secteur financier. Les décisions étaient prises par une ou deux personnes qui ne tenaient pas compte de l’environnement économique. L’intention était bonne mais à force de ne regarder que le court terme, il était clair que le modèle ne serait pas viable

 

 « La base de la finance est la confiance »

 

Ce qui explique qu’il ait démissionné et pris de l’emploi comme économiste pour le groupe St Aubin. Il a encouragé la famille Guimbeau à diversifier ses activités et leur a trouvé de bons partenaires stratégiques. Et lorsque Nikhil Treebhoohun a quitté le poste de CEO de Global Finance Mauritius, il est retrouvé à sa place. Il est en poste depuis sept mois. Yousouf Ismael est heureux d’avoir retrouvé le secteur financier et de promouvoir Maurice comme une destination financière fiable.

 

Comment redonner confiance à un secteur ébranlé par des scandales à répétition depuis le 3 avril ? «Il faut déconstruire pour reconstruire. La base de la finance est la confiance. Il y a eu des erreurs cumulées et le régulateur n’a pas fait son travail correctement. Des sanctions ont été prises et c’est bon que l’on mette de l’ordre dans tout d’une seule traite ». Pour gagner ou regagner la confiance des investisseurs, il n’y a pas 36 solutions. «Il faut faire le marketing des services financiers que le pays a à offrir et apporter de la valeur ajoutée en introduisant des produits financiers sophistiqués.»

 

Et de poursuivre : «Durant les cinq dernières années, nous avons régressé et laissé passer des opportunités. Ce qu’il faut désormais, c’est un Master plan pour le développement économique avec l’apport du gouvernement et du secteur privé. Tout le monde doit travailler ensemble et, pour cela, il faudrait une équipe dédiée au bureau du Premier ministre. Une stratégie pays est une absolue nécessité. J’ai confiance en la capacité du pays à se réinventer. Nous l’avons fait pour le textile et je sais qu’une fois de plus, nous y parviendrons…»

 

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