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On a testé: réveillonner au Labourdonnais
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On a testé: réveillonner au Labourdonnais
Nous ne sommes pas des glitterati, c’est-à-dire des habitués de paillettes et de bling-bling, mais nous avions, une fois de plus, accepté une invitation cette année pour fêter le réveillon en grande pompe. C’était au Labourdonnais, au Caudan, et nous étions heureux d’y être parce que cela voulait dire renouer avec la cuisine de Nizam Peeroo, un homme simple, avec un tour de main magique, que nous avions connu, il y a longtemps, dans les cuisines plus simples de «Mourouk», à Rodrigues. Il y faisait déjà sensation avec les produits bio du terroir.
HEURE : Nous arrivons à 21 heures et la plupart des tables sont déjà occupées, sauf les plus grandes. L’on note au passage que les couples, eux, en sont déjà au deuxième plat ! Ça doit être une question d’appétit. Ou de conversation.
AMBIANCE : Du tonnerre ! Les nappes sont belles, les couverts et la verrerie multiples et rutilants. Tiens, on a changé les rideaux depuis la dernière fois... et l’effet est tout aussi réussi. Les masques côtoient des crackers sur la nappe, qui est délicatement saupoudrée de petites étoiles or et argent. Les tables débordent sur le lobby d’entrée et occupent tout le pourtour, auprès du bar, ce qui densifie l’atmosphère et la rend chaleureuse. La musique est forte, mais, heureusement, n’oblitère pas les conversations. À minuit, la cascade de ballons et le feu d’artifice intérieur couronnent le tout avec bonheur.
SERVICE : Très efficace et courtois. Servir tout ce monde, cela ne doit pas être simple, surtout quand l’on est habitué à une cadence moins exigeante et à un parterre moins fourni ! Je pense d’ailleurs à la cuisine et à son problème de logistique pure. Ici, ce n’est pas Master Chef, où l’on cuisine pour quatre membres du jury. L’on cuisine pour – sommes-nous 200 personnes ? – une carte plus que relevée et pour des convives qui sont servis quand ils le souhaitent et à leur propre rythme. Sûrement est-ce un peu plus compliqué que les banquets d’État où tous ont droit au même plat au même moment.
REPAS : Le parfait de crabe des neiges avec sa gelée de letchis, balsamique blanc et pluches de daikon*, si cela vous fait saliver, nous, on s’est pâmé. Le saumon mi-cuit à la fleur de sel, j’ai moins aimé à cause du wasabi sans doute, mais le poisson, à lui seul, était succulent. La poêlée de bourgeois (un bon jour pour en bouffer !), avec son médaillon de langouste, était divine (et je ne parle pas ici de l’Entre-deux-Mers qui l’accompagnait). Place ensuite à un intermède de sorbet de fromage blanc accompagné de compote de tomate cerise, avant de passer à la viande, histoire de remettre les papilles à l’endroit. Ce fut un des moments les plus exquis de la soirée. Après cette valse de fruits de mer, le mignon de veau était presque de trop, galvanisé cependant par sa fricassée de joue de truffes. Au dessert, j’avais déjà rendu les armes et je n’ai donc pu rendre hommage au praliné de framboise et de chocolat, savamment relevé de caramel tiède et d’une mousse de fèves tonka. **
VALUE FOR MONEY : À presque Rs 2 900 par personne, ce n’est sûrement pas donné à Monsieur Tout-le-Monde. Mais ce n’est, par ailleurs, pas un repas régulier, mais bien une extase annuelle du palais ! Ce qui met en perspective et me permet d’avancer que cela en vaut vraiment le prix.
PROCHAINE VISITE : 31 décembre 2015 . Si Nizam est toujours là !
NOTE : 8/10
LEXIQUE
*Daikon : radis d’hiver (Raphanus Sativus pour les botanistes)
** Fève tonka (dipterix odorata pour les intimes), originaire d’Amérique centrale, une «vraie merveille en cuisine» selon le site Les épices rient.
P.S : Merci, Google…
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