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Industrie sucrière: «On vit la misère noire», confient des grévistes

23 novembre 2014, 16:47

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Industrie sucrière: «On vit la misère noire», confient des grévistes

Vingt-cinq ans passés à travailler dans les champs de canne et à la clé un salaire mensuel de Rs 10 400. C’est l’histoire de Robert Frouville, âgé de 51 ans, que nous avons rencontré dans la cour d’Alteo aux côtés d’autres grévistes. «Quand j’ai débuté, je gagnais Rs 1 500. Je pouvais me débrouiller grâce aux heures supplémentaires mais depuis un certain temps, on ne nous donne plus d’overtime», relate le laboureur. Les heures supplémentaires sont accordées à des saisonniers.

 

Par conséquent, Robert Frouville peine à joindre les deux bouts à chaque fin de mois. «Je rembourse des prêts, je paie les factures d’électricité et d’eau ainsi que la nourriture. Quand j’ai fini de faire tout cela, il ne me reste pas un sou en main. Si la compagnie ne me donnait pas mon linge de travail, je devrais marcher tout nu», déclare le laboureur avec son franc-parler teinté d’humour.

 

En quoi consiste son travail ? «Nou bizin fann 22 lapareil ki kontenir 20 lit medsinn. Nou bizin saryer sa lor nou ledo. Li pa fasil sa. Se la miser nwar ki nou pe viv.»

 

Shanti Sookram, 53 ans, a autant d’années de service que Robert Frouville, sauf qu’elle avait commencé avec un salaire de Rs 300 par quinzaine et qu’aujourd’hui, elle perçoit Rs 8 500 mensuellement. Aucune allocation ne s’ajoute à cette somme, précise cette mère de cinq enfants qui laboure les champs de canne.

 

«Quand nous avons commencé à travailler, on ne nous donnait pas de transport. Je devais sortir de chez moi à 4 heures pour arriver dans les champs à 6 heures. Cela n’a jamais été facile pour nous. Nous avons dû combattre mais c’en est assez», affirme Shanti Sookram. Elle garde l’espoir que les salaires de ses collègues et le sien seront bientôt augmentés de 30 %, conformément à leurs revendications.

 

Georgy Armoogum travaille, lui, pour un salaire de base de Rs 12 800. Artisan depuis 21 ans, il est mécanicien et électricien. Il raconte qu’il ne vit qu’avec le strict minimum. «Pour la quantité de travail que nous faisons, notre paie n’est pas suffisante», avance-t-il.

 

Un laboureur ou un artisan commence à travailler à 6 heures pour terminer vers midi. Certains exercent un autre travail durant le temps qui leur reste.

 

Le salaire de base d’un laboureur était passé de Rs 10 418,72 en 2012 à Rs 10 714,90 en 2013, d’après la liste salariale de la Mauritius Sugar Producers' Association (MSPA). Nous avons sollicité la MSPA pour une réaction mais en vain.

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