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Economie: la prévision de croissance de 3,5 % jugée inquiétante

1 octobre 2014, 17:20

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Economie: la prévision de croissance de 3,5 % jugée inquiétante

Alors que la baisse du taux de chômage aura pu mettre momentanément du baume au coeur des décideurs politiques, la prévision d’une timide croissance est venue rappeler une autre réalité. À savoir que le pays est toujours confronté à une croissance molle. Elle est estimée à 3,5 %. Ces chiffres ont été publiés, hier, mardi 30 octobre, par Statistics Mauritius en marge des comptes nationaux pour 2014. Cette estimation est identique à celle de juin 2014 mais inférieure à celle de décembre 2013, qui était de 3,7 %.

 

Cette nouvelle estimation de croissance n’est pas loin de celle de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) qui l’avait chiffrée à 3,4 %, en mai 2014, et de celle de MCB Focus (3,3 % en avril dernier). Cette tendance confirme que Maurice est loin de la moyenne de 5 % dont le pays a besoin pour favoriser la création d’emplois et assurer un développement inclusif.

 

Gérald Lincoln, Managing Partner chez Ernst & Young, estime que ce taux est néanmoins encourageant vu qu’il n’est pas encore en dessous de 3 %. Certainement, le pays bute à réaliser des taux de croissance d’avant la crise.

 

Faut-il tout mettre sur le dos de la récession et de ses effets sur des pays nouvellement industrialisés comme Maurice ? Non, explique l’économiste Swadicq Nuthay, qui note que nos voisins réalisent des taux de croissance supérieurs. Même si, avoue-t-il, on ne peut mettre Maurice et certains pays africains sur un pied d’égalité. «Chaque pays africain a son propre niveau de développement et ses spécificités, mais elle n’est pas encore en dessous de 3%, ce qui aurait été source d’inquiétude pour le pays.» Rajiv Servansingh, observateur économique, pousse la réflexion plus loin.

 

Il s’interroge sur ces nouveaux secteurs susceptibles de porter la croissance à un niveau supérieur. «Dans une conjoncture de morosité économique, assortie d’un attentisme lié aux prochaines élections générales, les opérateurs économiques sont peu enclins à prendre des risques pour investir dans de nouveaux projets», souligne-t-il.

 

Comme dans les précédents rapports de National Accounts, le secteur de la construction demeure toujours en décroissance – moins 6,7 % en 2014 après une contraction de moins 9,4 % l’année dernière. Une situation liée au ralentissement dans ce secteur après l’achèvement de gros projets.

 

Le taux d’investissement national est estimé à 20,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2014, contre 21,2% en 2013. Si on exclut les investissements pour l’achat d’avions et de bateaux, le niveau d’investissement aurait chuté à 19,4%. «À 20,4% du PIB, ce taux est alarmant et explique pourquoi la croissance ne décolle pas. Il faut savoir que c’est l’investissement injecté aujourd’hui qui va amener la croissance de demain. Ce qui n’est pas le cas actuellement», dit Swadicq Nuthay.

 

Pire, il note qu’il est prévu que l’investissement privé baisse encore cette année, et passe à 15 %, contre 16, 2 % l’an dernier. En revanche, on relève que l’investissement public devrait enregistrer une légère hausse – 5,3 % contre 5% l’année dernière.

 

Selon Statistics Mauritius, l’investissement public est appelé à croître de 9,5 % cette année après une contraction de -4,9 % en 2013. Cette croissance de 9,5 % est liée principalement à l’extension du quai au terminal de conteneurs, au projet  Bagatelle Dam et à l’acquisition d’un patrouilleur. Autant d’indicateurs qui continuent à clignoter et qui donnent à penser que le prochain grand argentier aura du pain sur la planche pour renverser la vapeur.

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