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L’Assomption, au-delà des frontières religieuses
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L’Assomption, au-delà des frontières religieuses
Des gâteaux bleu et blanc ont envahi récemment la devanture des pâtisseries. Aujourd’hui, ils seront dégustés, partagés en famille ou entre amis. Car les Mauriciens de foi catholique fêtent l’Assomption de la Vierge Marie. Mais désormais, ils ne sont plus les seuls à le faire. Des Mauriciens d’autres confessions religieuses célèbrent aussi cette fête à leur façon. Décryptage.
«Dans la tradition de l’Église catholique, l’Assomption signifie, qu’en raison de son statut de mère de Jésus-Christ, Fils de Dieu, Marie n’a pas connu la mort, son corps ayant été assumé au ciel», explique le vicaire général Jean-Maurice Labour. Il précise que Marie tient une très grande place dans la foi populaire car elle est acceptée tant par l’islam que par l’hindouisme. «Il aurait fallu l’appeler la mère du dialogue interreligieux», estime le vicaire général.
La fête de l’Assomption n’est pas tous les ans décrétée jour férié. Parce que, appelée à signifier aux autorités mauriciennes deux célébrations prioritaires, l’Église n’a pu en départager trois : la Nativité, la Toussaint et l’Assomption. «Nous avons donc opté pour que tous les ans, la Nativité, naissance du Christ, soit un jour férié. Et un an sur deux, nous alternons avec l’Assomption et la Toussaint», précise le père Labour.
Il raconte qu’hier, il a eu un énième témoignage de l’appréciation que les Mauriciens d’autres confessions religieuses ont pour Marie. Alors qu’il marchait dans une rue de Mahébourg, il aperçut les propriétaires du restaurant la Vieille Rouge, des Mauriciens de foi hindoue, qui nettoyaient une grotte de la Vierge Marie, leur enfant leur apportant deux bougies neuves. «Ils ont dit que même s’ils n’étaient pas catholiques, c’était leur façon à eux de célébrer l’Assomption.»
Et même le fameux gâteau Marie n'est plus l’apanage des catholiques. À la pâtisserie Aux Petites Délices de Ste-Croix, Juliana La Sauteuse, épouse du pâtissier Thierry, déclare que la demande pour ces gâteaux blanc et bleu a pris l’ascenseur: elle a eu 1 300 commandes cette année, contre 850 en 2013. Elle ajoute que sa clientèle est de toutes les confessions religieuses.
Respecter les croyances
Même son de cloche du côté du supermarché Winner’s de Terre-Rouge. Le manager Arvind Tokhai et la pâtissière Krushka Sooprayen, confirment la demande accrue : 350 gâteaux en 2012, 825 en 2013 et 1 200 cette année. Mais aussi l’achat par des Mauriciens de différentes religions. «L’Assomption est quasiment devenue une fête nationale», affirment-ils.
Et ce n’est pas Avinash Dhoolee qui nous contredira. Ce Sales Representative de 29 ans vit à Cottage et il est marié à Pamela. Quand nous le rencontrons, il venait de quitter le centre commercial de Riche-Terre avec deux gâteaux Marie entre les mains. «Je suis marié à une catholique et nous avons une petite fille Emilie de trois ans. Comme je respecte leur croyance et que je veux leur faire plaisir, chacune aura donc son gâteau Marie», confie-t-il. L’Assomption, c’est aussi une fête familiale. Comme en témoigne Lionel qui achète son gâteau aux Petites Délices de Ste-Croix car «l’Assomption sans gâteau ne serait pas l’Assomption».
Nous laissons le mot de la fin à Steve Jean-Jacques. Ce veuf achète trois gâteaux d’un seul coup : l’un pour sa fille, l’autre pour lui-même et le dernier à offrir à un nécessiteux. «Car l’Assomption est aussi fête de partage», dit-il.
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