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On a testé: Le Nobby’s à Curepipe

18 mai 2014, 11:40

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On a testé: Le Nobby’s à Curepipe

Ayant lu que ce restaurant, très connu dans les années 80, renaissait, nous avons voulu nous faire une idée. Même si nous sommes trop jeunes pour y avoir mangé durant ses années de gloire, nous souhaitions voir à quoi pouvait ressembler un patrimoine gastronomique. La note : 7/10

 

HEURE. Un jeudi soir à Curepipe… Avec un titre pareil, aucun bouquin ne saurait être lu. De toute façon, aucun éditeur ne serait assez fou pour le publier. 20 heures. Nous roulons au pas dans la grand-rue, ne sachant pas où le restaurant se trouve. Heureusement, un des rares néons allumés nous signale aisément la présence du Nobby’s Steak & Seafood House. Parce

que si on avait compté sur les passants pour nous indiquer le chemin… on aurait pu chercher jusqu’au lendemain matin !

 

AMBIANCE. Oh, des gens ! Une table, un couple pour être plus précis. Des nostalgiques qui sont revenus vingt ans après. C’est d’un calme ! Le serveur nous propose de nous placer « où nous voulons ». C’est sympathique. Il faut reconnaître qu’on ne risque pas de perturber le service. Le restaurant n’est pas bien grand. Un peu plus animé, il serait chaleureux, avec son bar, son bois, son plywood façon acacia, ses briques aux murs, le tout dans des tons marrons chauds (il n’y en a pas à la carte). Une vielle pendule trône, seul rappel du temps jadis. Car hélas, à part ce que nous avons lu dans la presse (ce ne serait pas dans l’express par hasard ?) rien ne nous évoque le passé. Lorsqu’on interroge le serveur, il nous renvoie à la page Facebook, qui publie le fameux article. On demande à nos voisins si le décor a changé : non, tout est resté pareil. On veut bien les croire. Même les Astérix et Obélix gravés sur les vitres du temps où le Nobby’s s’appelait Astérix sont encore là.

 

SERVICE. Au moins un serveur qui sait nous orienter dans le menu. Il nous propose le boeuf Angus, pas à la carte, parce que dépendant des arrivages, mais disponible ce soir-là. Il m’oriente sur les champignons, qui font partie des plats renommés de l’époque, en m’expliquant cependant que ce ne sont pas des champignons bruns mais des « portobello ». Il me conseille le T-bone, qui vient d’arriver. L’intervention du responsable, à la fin du repas, venu recueillir les commentaires des deux tables, est agréable. Il y avait « trop d’arêtes dans le poisson » à côté (au moins c’est la preuve que ce n’était pas des fish fingers auxquels on aurait enlevé la chapelure !). Quant à nous, nous voulons en savoir davantage sur les lieux et sur les digestifs que sur la cuisine...

 

LE REPAS. Des gratins, du fromage, de la crème… j’exulte devant les entrées. Ça change des sempiternels calamars croustillants et autres fritures. Le cholestérol, je le préfère animal que végétal, tant qu’à boucher mes artères. Les champignons gratinés avec des épinards sont délicieux (attention toutefois à ce qu’ils ne larguent pas trop d’eau) et les asperges en gratin fondantes. L’initiative de servir du pain à l’ail est très bonne, mais je crains que ce ne soit pour masquer la mauvaise qualité du pain. Il gagnerait à être changé. Pour le plat, puisqu’animal sommeille dans nos veines encrassées, animal nous mangeons. Un bon filet d’Angus sauce poivre vert pour môssieur et un T-bone sauce champignons (décidément, c’est soirée « mangez-moi » !) pour moi. Plus frites et salade (faut bien un peu de végétal). Si la réputation de l’Angus n’est plus à faire, j’ai des craintes pour le T-bone. Qui s’avère à la hauteur. Succulent, moelleux, T-rès-bon. La sauce au poivre, concentrée, titille les papilles de façon exquise. Appréciable aussi que les sauces soient servies à part, ce qui évite de perdre le goût de la viande.

 

VALUE FOR MONEY. L’Angus, c’est jamais donné… Le T-bone à Rs 550 ça vaut le coup. Les portions de viande sont généreuses, pas pour des végétariens en rédemption. Les entrées entre Rs 100 et 200, c’est très correct. Au total Rs 2270 pour deux entrées, deux plats, deux verres de vin, de l’eau (faut bien…) ; c’est honnête. L’armagnac offert a été apprécié.

 

PROCHAINE VISITE. Pour l’histoire, on restera sur notre faim. Pas pour la nourriture. On reviendra, avec l’espoir d’autant donner à manger à nos esprits qu’à nos estomacs, puisque nous avons suggéré de mettre en valeur ce passé, de capitaliser dessus, bref, de redonner une âme au Nobby’s. Pour Curepipe, on peut rien par contre !

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