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Mahébourg : le calvaire d’une SDF violée et torturée
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Mahébourg : le calvaire d’une SDF violée et torturée
«Enn bann zom la inn mord li ek inn tir enn bout lazou drwat ar li.» C’est une vision d’horreur que deux Mahébourgeoises ont eue en entrant chez leur proche : ce dernier et un autre homme violaient une SDF âgée de 37 ans, soutiennent-elles. Les deux hommes ont été arrêtés puis libérés, la victime refusant de faire un statement. Les enquêteurs ont remis le dossier au DPP afin de connaître la marche à suivre.
C’est avec une tenaille qu’elle aurait été torturée par ses présumés agresseurs. Et c’est grâce aux proches d’un des suspects que cette SDF de 37 ans aurait été sauvée de justesse mardi 22 octobre. Ayant accepté d’avoir des rapports sexuels avec un habitant de Mahébourg pour se réfugier temporairement chez lui, elle aurait été victime d’actes de barbarie par son «client» et le patron de ce dernier. La police de Mahébourg a arrêté les suspects sur les lieux. Ils ont toutefois obtenu la liberté conditionnelle. Cela, puisque la victime refuserait de faire un statement. Les enquêteurs ont cependant remis le dossier au Directeur des poursuites publiques afin de connaître la marche à suivre. Sanjay Runghoo, le «client» connu comme Bruce Lee, et son patron, Ajay Gooreeah, un entrepreneur, ont comparu en cour de Mahébourg mercredi 23 octobre.
Ne pouvant s’acquitter de sa caution, Sanjay Runghoo a été envoyé à la prison de Beau- Bassin. Ajay Gooreeah, qui était déjà en liberté provisoire au moment des faits, a été libéré. «Je n’ai rien à voir avec cette affaire», a-t-il déclaré, sollicité par l’express. La victime, elle, a pu quitter l’hôpital de Rose-Belle jeudi. Son calvaire a eu lieu mardi. Ce jour-là, vers 11 heures, la belle-sœur et la vieille tante de Sanjay Runghoo ont vu ce dernier emmener une femme chez lui, au rez-de-chaussée de la maison. Sanjay Runghoo y habite avec sa mère alors que la belle-sœur vit à l’étage. À un moment, des hurlements de femme ont retenti.
«On ne pouvait pas supporter ces hurlements. Elle suppliait qu’on la lâche», soupire la vieille tante de Sanjay Runghoo. Ellemême ainsi que la belle-sœur de ce dernier ont décidé de voir ce qui se passait. «La porte était verrouillée. Un proche a forcé la porte et on est entrées.» Les femmes auraient surpris Sanjay Runghoo et le patron de ce dernier, Ajay Gooreeah, qui habite également la localité, en train de violer une inconnue. «Zot inn fer koumadir zot pann trouv nou ek zot inn continie !» tonne la vieille tante.
La belle-sœur a alors sollicité l’aide de la police. Par téléphone, cette habitante de Mahébourg a raconté au policier ce qu’elle venait de voir. Une équipe de policiers s’est précipitée sur les lieux. Selon une source proche de l’enquête, la victime gisait nue sur un matelas ensanglanté. Sanjay Runghoo se trouvait dans la même pièce, sans pantalon, alors qu’Ajay Gooreeah, lui, se rhabillait dans une autre pièce. Ils ont aussitôt été arrêtés et placés en détention. Des preuves, telle une tenaille, ont été saisies.
Questionnée sur place, la SDF aurait expliqué avoir accepté d’avoir des relations sexuelles avec Sanjay Runghoo mais qu’Ajay Gooreeah l’aurait violée à plusieurs reprises. Les deux hommes l’auraient également torturée. La vieille tante décrit l’état inimaginable dans lequel se trouvait la femme. «Enn bann zom la inn mord li ek inn tir enn bout lazou drwat ar li. Zot plis ki zanimo sa !» s’emporte-t-elle. La femme aurait subi d’autres sévices que ceux provoqués par la tenaille. «En quittant les lieux, elle nous a remercié de lui avoir sauvé la vie.»
Depuis hier, la SDF semble avoir voulu prendre ses distances de Mahébourg. «Je l’ai simplement vue jeudi. Elle avait tellement peur. Enn bout lazou manke ar li», confie une prostituée, qui côtoie souvent la victime. Depuis quelques années, cette mère de trois (ou quatre) enfants, selon son «amie», «tras enn laroute» en cherchant des «clients» pour survivre. «Elle vivait avec sa grand-mère et son frère. Les deux sont morts et elle a été jetée du domicile où elle vivait. Elle est seule depuis une quinzaine d’années», explique la fille de joie. Mariée par la suite, elle a également été délaissée avec ses enfants par son mari. «Pa kone mem kot li kit so bann zanfan.»
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