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Post-inondations: Lalit tente de sauver des archives vielles de près de 40 ans

14 avril 2013, 10:03

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Post-inondations: Lalit tente de sauver des archives vielles de près de 40 ans

C’est un vrai travail de fourmi qui se poursuit dans les locaux de «ledikasyon pou travayer» à Grande-Rivière-Nord-Ouest. Les membres du mouvement Lalit tentent de sauver les précieux documents qui retracent un combat d’au moins 40 ans.

 

Comme Canal-Dayot et plusieurs régions de Port-Louis, les locaux de Lalit ont subi de plein fouet les dégâts causés par les flots d’eau. Ce parti politique de gauche préservait, dans ses offices, plus de 400 000 documents témoignant un parcours semé de combat de tous genres. Les torrents ont détruit environs 75 000 d’entre eux, sans compter les ordinateurs, les appareils électroménagers et les meubles.

 

C’est avec regret que Lindsay Collen, une des dirigeantes de Lalit nous raconte les événements du samedi 30 mars dernier. «Nous sommes arrivés sur les lieux à 15h30, le niveau d’eau dans le bâtiment avait déjà baissé mais nous n’avons pu que constater, avec désolation, que nos archives n’avaient pas été épargnées. Sans plus tarder nous avons commencés par faire évacuer l’eau avant de constater qu’épaisse marre de boue s’était massée sur le sol et sur les papiers», affirme-t-elle.

 

«Nous avons des documents uniques que nous avons retrouvés en papiers mâchés. Mais pour le reste, c’est une tout autre histoire. Il nous a fallu effectuer un travail de récupération pendant des nuits et des jours. Près d’une centaine de personnes nous ont aidés», poursuit Lindsay Collen.

En effet, à l’étage un espace où sont entreposés les documents qui sont en train d’être «récupérés» a été aménagé Les bénévoles y insèrent une feuille de papier spécial entre chaque feuille abîmée et attendent patiemment jusqu’au moment où ils doivent répéter le procédé. Parmi les documents abîmés nous tombons sur des tracts de la grève de 1979. Puis, Lindsay Collen nous montre la pétition signée par plusieurs organisations internationales réclament la fermeture de Diego Garcia. Il y a également les carnets qui ont servi à noter les décisions prises lors des réunions.

 

Ajouter à cela, une série de photos de grèves, de luttes et de militantismes. Mais pour la récupération des photos, c’est une autre manœuvre. «Nous avons un de nos membres qui a minutieusement inséré de l’eau déminéralisée entre le plastique qui servait à protéger les photos afin de les décoller. Ensuite, il les a fait sécher», rajoute Lindsay Collen.

Pourtant, trois semaines avant ces tragiques événements, Lalit avait commencé à numériser ses archives. Ce parti politique s’active à présent à poursuivre l’exercice de manière à pouvoir scanner les documents. L’étape suivante consiste à demander aux membres du mouvement de soumettre leurs documentations personnelles dans le but de compléter les archives.

 

Malgré tous les efforts pour se reconstruire, Lalit ne peut s’empêcher de tenir les autorités pour seules responsables. «Bien sûr, nous avons eu un Flash Flood mais les autorités ont fait construire un mur en béton à l’arrière de la cour pour un centre de refuge qui n’a jamais été ouvert. Nous avions dit qu’en cas d’inondation, ce mur nous serait fatal mais il a quand même été construit et nous avons été obligés de faire un trou pour empêcher d’autres situations similaires», déplore la militante.

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