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Suivez le tuyau

5 novembre 2008, 01:00

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Vue de la rue, on ne s?attend pas à voir autant de plantes vertes. On s?attend peut-être même moins à voir un homme à la mine généreuse être le prince d?un petit monde végétal aussi impressionnant. Cyril Marechal, 65 ans, n?est pas peu fier de ses anthuriums géantes et autres broméliacées. Sa passion et sa patience ont été récompensées une deuxième fois le 27 octobre dernier. Heureux vainqueur du premier prix du concours des jardins fleuris de la municipalité de Beau Bassin ? Rose-Hill catégorie medium, il se voit félicité davantage en décrochant un overall prize.

Pourtant, Cyril Marechal n?est pas un Obélix des plantes, entendons par là, qu?il n?est pas tombé dedans étant petit. L?histoire commence, il y a vingt ans, avec un cactus planté par sa femme, Sybille. Et tout naturellement, par on ne sait quelle épiphanie horticole, Cyril Marechal a été piqué par une fièvre végétale. Cependant, «les fleurs ce n?est pas [son] truc. Elles demandent trop d?entretien. Je préfère les plantes vertes, qui en plus d?être impressionnantes par leur taille, leurs formes, donnent des fleurs qui tiennent plusieurs mois».

L?affable sexagénaire a commencé très vite à visiter les serres. Il s?ouvre alors à un monde qu?il ne connaissait pas. Les anthuriums veichi, variété à feuilles atteignant un mètre de longueur, ont été les premières à faire leur entrée dans le petit monde qu?allait se construire Cyril Marechal. Un petit monde qui, au fil du temps, a gagné tous les recoins de la cour.

Le pas léger, le discours précis, et la main caressante ? envers les plantes !, Cyril se fait un plaisir de conduire le visiteur dans son dédale de verdure. «Lorsque nous recevons de la visite, je dis toujours aux personnes de suivre le tuyau d?arrosage pour trouver Cyril», plaisante Sybille. C?est qu?il passe une heure par jour à arroser les deux points d?orgue de ce petit nid de verdure que sont ses serres, l?une dédiée aux broméliacées et l?autre faisant la part belle aux anthurium à feuilles.

Aglaonema, dieffenbachia, spatiphyllum ou broméliacées achmea. Bien qu?il ne parle pas le latin couramment, Cyril Marechal n?en est pas moins précis lorsqu?il évoque les différentes variétés qui peuplent sa cour. Livre de botanique entre les mains, lunettes sur le nez, il se montre pointilleux sur l?orthographe de ces plantes qu?il aime tant.

«Lorsque nous recevons de la visite, je dis toujours aux gens de suivre le tuyau d?arrosage pour trouver Cyril car ils sont alors sûrs de le voir penché sur ses chères plantes »</I>

La fringale horticole de Cyril, l?a mené en Australie. «Là-bas, on trouve les broméliacées les plus belles. Il y a d?ailleurs une Bromeliad Society of Queensland. C?est dommage que l?importation de ces plantes soit si réglementée. On n?autorise que les toutes petites pousses qui prennent des années avant de prendre une envergure appréciable. C?est un peu embêtant.»

Alors pour combler son appétit de verdure, Cyril continue de faire le tour des serres mauriciennes à la recherche de nouvelles plantes. Toutefois, son «passe-temps préféré» ne saurait être complet s?il ne pouvait s?exprimer, avec humour, à travers ses plantes. Il joue de sa passion. Pour preuve, un cactus aux belles épines baptisé «le coussin de belle-mère», mais aussi d?autres figurines un peu plus érotiques ou savoureusement décalées. Sans faux pas, ni vulgarité, cela s?entend.

La femme de Cyril, récemment retraitée, retrouve elle aussi les joies d?une cour bien garnie. «On ne prend pas assez le temps de contempler ces merveilles. Je suis contente que Cyril se soit passionné pour les plantes. C?est une passion saine. Cela dit, les serres et l?ensemble de la cour constituent son domaine exclusif», confie-t-elle, le regard rieur et plein d?admiration.

A coup sûr, Cyril Marechal ne s?arrêtera pas là. Détourner des figurines et autres avec ses plantes l?amuse et le détend. Aussi, en aucun cas il n?envisage de se débarrasser de ses plantes. C?est un monde qu?il s?est créé, fortuitement, mais ensuite avec patience, minutie et plaisir. En montrant du doigt des figurines de Laurel et Hardy, Cyril avoue «être passé les voir plusieurs fois dans une boutique de Rose-Hill. A chaque fois je me demandais bien comment pouvoir les marier avec de jeunes pousses de broméliacées». C?est chose faite aujourd?hui.

Très simplement, Cyril Marechal aime partager son amour des plantes. Il sait transmettre l?extase qu?il ressent devant les feuilles géantes de ses anthuriums qu?on croirait peintes à la main. Bref, Cyril a bien de quoi être fier son petit oasis.

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