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La Bijoutière : victime de l?opacité du marché touristique

22 octobre 2008, 00:00

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L?or, matière première de choix des bijoutiers, a vu son prix doubler en deux ans. «L?or de 18 carats qui s?achetait à Rs 300 le gramme en 2006, avoisine les Rs 1 000 sur le marché», explique Azeeza Ruhomuth, directrice de La Bijoutière. Depuis sa création en 1994, cette bijouterie de Curepipe, souffre de l?inaccessibilité au marché touristique. Et la hausse du prix de l?or en ce temps de récession affecte les bijouteries et les met en difficulté. «Avec une telle flambée des prix, nos clients n?arrivent plus à s?offrir nos produits?» constate Azeeza Ruhomuth.

Mais l?accès difficile au marché touristique reste l?une des grandes préoccupations des bijoutiers locaux. Les rares fois qu?Azeeza Ruhomuth a reçu des touristes, c?est après que les chauffeurs de taxi ont cherché en vain des fabricants de bijoux personnalisés, capables de livrer dans de brefs délais. Ces quelques touristes qui ont visité sa boutique à Curepipe, ont été surpris du manque de visibilité d?une telle richesse de l?île. «A Maurice, sur 450 bijoutiers, nous sommes à peine une dizaine de fabricants. La plupart s?orientent aujourd?hui vers l?importation», déclare la bijoutière.

Son entreprise, spécialisée en pièces personnalisées, peut exécuter des commandes uniques assez vite. Avec sa clientèle de Mauriciens, de quelques étrangers résidents, et de touristes qui atterrissent par curiosité ou par hasard, elle s?emploie à offrir avec l?aide de trois collaborateurs, un travail de qualité pour maintenir son image.

Le marché de la bijouterie étant un marché de luxe, la clientèle touristique demeure l?objectif rêvé. Mais Azeeza Ruhomuth estime que ce marché est «accaparé». «Dès son arrivée à l?aéroport, le touriste est orienté, avec la complicité de chauffeurs de taxi. Il est la plupart du temps guidé par ces derniers qui, dans leur propre intérêt les orientent vers des entreprises avec qui ils ont des accords. » Une récente étude aurait révélé, selon Azeeza Ruhomuth, que des taximen auraient des revenus de Rs 250 000 à Rs 300 000 par mois venant de commissions versées par des commerçants. Ceux qui n?entrent pas dans ce schéma n?auraient donc aucune chance de profiter de la clientèle touristique.

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