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Maintenance d?avions : la sécurité des passagers avant tout
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Maintenance d?avions : la sécurité des passagers avant tout
Plus aucun siège. Même pas de plancher. Dans le hangar de la compagnie nationale d?aviation, à l?aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, à Plaisance, l?ATR 72 d?Air Austral a été complètement «déshabillé». Il s?agit de sa «plus grande visite», celle qui se fait tous les huit ans. «Sa structure sera examinée dans les moindres détails. On en a pour trois semaines environ», souligne Jacques Gentil, Executive Vice President, Technical Services.
Car on ne joue pas avec la sécurité des passagers. Tout a son importance. C?est ainsi qu?après un certain nombre de lavages, les housses qui recouvrent les sièges sont détruites. «Même ça, c?est contrôlé car au bout d?un certain temps, après un bon nombre de lavages, elles deviennent inflammables.» L?homme, qui a 30 ans dans le domaine de l?aviation au compteur, explique comment, pour en arriver au stade du déshabillage, il a fallu beaucoup de préparation. Que tout a été planifié. A chaque jour, sa série de tâches à être effectuée. Qu?à une date préalablement établie, l?avion devra quitter le hangar en parfait état. Et pour cela, chaque maillon de la chaîne compte.
Inspection visuelle
Comme au football, les joueurs, ici les techniciens, se passent la balle jusqu?à arriver au but. C?est l?ingénierie qui donne le coup d?envoi en inspectant l?avion et en recommandant les réparations à effectuer. Au tour de l?approvisionnement de commander les pièces nécessaires lorsqu?ils ne l?ont pas dans leur réserve. Le «planning», lui, établit quand les travaux peuvent être faits. Dans l?immédiat mais également à court, moyen et long termes. «Eux peuvent savoir quand l?avion sera à terre et à ce moment-là, combien de personnes seront disponibles pour travailler dessus. Ils préparent le plan de travail et le gèrent», explique Jacques Gentil.
C?est alors à la production de jouer car les employés de ce département ont le savoir-faire pour effectuer les travaux. «Ces quatre piliers sont contrôlés par l?assurance qualité qui fait régulièrement des audits.» L?aviation civile mauricienne et l?European Aviation Safety Agency (EASA) ont également un droit de regard. La maintenance d?avions étrangers est également assurée par la compagnie d?aviation nationale.
Ailleurs, dans chaque pays où atterrissent les avions d?Air Mauritius, les autres sont aux petits soins. En France, c?est Air France qui s?y colle, à Singapour, Singapore Airlines et en Angleterre, Virgin Atlantic. Bien sûr, la condition sine qua non, c?est d?avoir de l?expérience sur le même type d?avions. Ces «visites de transit» durent alors «à peine une heure». Rien que le temps de faire le plein. L?inspection est purement visuelle. Mais les hommes de la maintenance savent où regarder. Tout comme le pilote et le copilote qui, à leur tour, inspectent l?avion avant d?en prendre possession.
Et même là, il est possible qu?une fois les passagers confortablement installés à bord de l?appareil, celui-ci ne décolle finalement pas. «C?est comme une télé. Chez le réparateur elle fonctionne mais à la maison, non.» Comme en Italie il y a quelques semaines. Quand il a fallu changer? le moteur. Rien que ça. Il a alors fallu ramener un moteur ainsi qu?une équipe de Paris. «Heureusement que cela n?arrive pas souvent», lâche Jacques Gentil.
«On ne peut pas prendre de risque»
Bien qu?avec un seul moteur sur deux, un A340 peut voler, pour la sécurité des passagers, la procédure veut qu?il fasse demi-tour s?il vient de décoller ou alors se pose à l?aéroport le plus proche. «En général, quand il y a un problème, on le fixe avant de laisser partir l?avion mais si c?est un problème mineur et que la réparation peut attendre, on attend», explique Jacques Gentil. Avec la technologie qui est passée par là, les redondances dans le système font que «si un ordinateur tombe en panne, un autre continue ce qu?il faisait».
Mais pour la douzaine d?avions de la flotte d?Air Mauritius, les services techniques partent du principe que «si c?est cassé, c?est cassé. On ne peut pas prendre de risque». Bien sûr, si «c?est une des toilettes qui ne marche pas, on la condamnera et on laissera l?avion partir».
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