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Pravind Jugnauth critique le gouvernement et égratigne le MMM
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Pravind Jugnauth critique le gouvernement et égratigne le MMM
Onze heures. Manoj Ramjaun et sa famille, en compagnie de milliers d?autres personnes, attendent sur les escaliers du centre Swami Vivekananda, à Pailles. Venus assister au congrès du Mouvement socialiste militant (MSM), ils n?en verront rien. L?entrée leur a été refusée, la principale salle ainsi que l?atrium étant plus que bondés. Entre 10 000 et 12 000 personnes (15 000 selon l?organisation) ont répondu présents à l?invitation du parti pour venir fêter ses 25 ans et pour écouter le discours de leur leader, Pravind Jugnauth.
Celui-ci n?a pas ménagé le gouvernement en place. Il a assuré que son parti formera le prochain gouvernement et a même annoncé les grandes lignes de son programme électoral. «Zordi, le pei pa pe fer progre, me pe rekile. Lepep pe soufer, pe vinn de plizanpli pov. Zis enn ti poigne dimoun pe vin pli ris. Laklas moyenn pe disparet», lance Pravind Jugnauth. Avant d?ajouter que le pays est «sans direction» et de mettre l?accent sur «le manque de solidarité» au sein du gouvernement, avec notamment un ministre des Finances, Rama Sithanen, «isolé». Il précise, en outre, «ne pas être d?accord avec la politique ultralibérale» du pays.
«Kot ou gete ena problem. Sitiasyon sosial ek law & order pe degrade. Kot sa pei la finn arive bien bien grav.» Et de demander si c?est avec cette «équipe disparate» au pouvoir que Maurice est «bien armée» pour faire face à la crise économique mondiale. Une question à laquelle la salle répond par un «non» bruyant.
S?exprimant sur la question d?alliance, le leader du MSM n?a pas hésité à égratigner le Mouvement militant mauricien, sans toutefois en citer le nom. Il est clair que les plaies de la rupture de l?année dernière ne sont pas encore tout à fait guéries. «Si nou travay ek ban lezot parti, bizin enn lekip sinser, solider, soude. Kan koze fode pa ki aksion ek parle diferan. Nou bizin santi nou alez.» Et surtout «apprendre» du passé et ne pas oublier «ban latak kinn esey detrir nou, sa li mark nou sa». Pravind Jugnauth est bien décidé à «tirer des leçons du passé pou nou pran bon simin».
Pravind Jugnauth est néanmoins persuadé d?une chose, tout comme Joe Lesjongard et Nando Bodha, respectivement président et secrétaire général de ce parti : «Le MSM pou form le prochain gouvernman et nou pou dirize.» Mais loin de lui l?idée de «fer kitsoz zis pou gayn eleksion zeneral».
Qualifiant lui-même son parti de «joker», il demande aux militants de continuer à consolider le parti afin qu?il puisse devenir «enkor plis inkontournab». Tout au long du congrès, l?héritage laissé par le MSM lorsqu?il était au pouvoir a été rappelé. Des mots clés tels que «boom économique», ordre social, progrès, unité nationale sont revenus à plusieurs reprises.
«Encore mieux que Sir Anerood»
Mais Pravind Jugnauth promet de faire «encore mieux que ce que sir Anerood Jugnauth finn fer pou sa pei la». Et le leader du MSM donne un aperçu du programme de son parti. Le projet d?île hors taxes reste d?actualité. Quant à Mahébourg, il ambitionne d?en faire un port avec des activités économiques. Pour les 40 000 familles qui évoluent dans la misère, le MSM travaille sur un plan social où elles pourront entre autres bénéficier de denrées de base à un meilleur prix.
Finies également la National Property Tax, la taxe sur les intérêts bancaires, la Land Transfer Tax et à terme l?Income Tax. Quant aux ouvriers et ouvrières de plus de 45 ans qui se retrouvent sans emploi, Pravind Jugnauth promet de récompenser par des abattements fiscaux les entreprises qui les embauchent.
L?environnement est un des soucis majeurs du MSM, tout comme la jeunesse et le combat contre la fraude et la corruption. Pour de meilleurs citoyens, Pravind Jugnauth propose que tous les jeunes, indistinctement, participent obligatoirement à un programme citoyen à un moment ou l?autre de leur jeunesse.
Et pour ce qui est de la réforme électorale, le leader du MSM précise qu?il est pour l?introduction d?une dose de proportionnelle, mais «nou oule stabilite politik et nou le tou kominote santi li rasure ek system elektoral».
Joe Lesjongard a, pour sa part, déclaré que la politique doit être «moralisée» pour que les Mauriciens puissent à nouveau avoir confiance en les politiciens.
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