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Triennale 2008 : quand la colère gronde
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Triennale 2008 : quand la colère gronde
Mécontents et déterminés. Un collectif de plasticiens est remonté contre la National Art Gallery et sa gestion de l?organisation de la troisième édition de la Triennale de Maurice prévue le mois prochain.
Autour d?une table : Fabien Cango, Neermala Luckeenarain, Mala Ramyead, Krishna Luchoomun, Ismet Ganti et Firoz Ghanty. Les frères précisent qu? ils ont entré une action contre la NAG auprès du Independent Commission Against Corruption en 2005. «Depuis, nous avons rompu tout contact avec la NAG», précise Ismet Ganti. «Pour rester cohérent, nous ne participons pas à la triennale et nous nous associons à d?autres artistes mécontents». Firoz Ghanty précise : «ces griefs ne sont pas un appel au boycott de la triennale».
Principal objet de la colère des plasticiens : le délai de trois semaines pour la soumission des ?uvres. «C?est un manque de respect pour les artistes», s?insurge Krishna Luchoomun. Il critique le, «manque de renseignements» dans l?appel à candidature publié dans la presse. «On ne sait pas qui sera le jury, qui sera le commissaire de l?exposition, qui seront les participants étrangers, quels seront les lieux d?exposition ? En fait, on ne sait rien. Il y a des gens qui ne sont même pas au courants qu?il y aura une triennale le mois prochain». Neermala Luckeenarain ajoute : « on ne sait même pas où sont les bureaux de la NAG. Elle ne communique pas directement avec les artistes alors qu?elle a un registre avec nos coordonnés».
Banalisation
Mala Ramyead, qui a participé à la première triennale en 2002, explique : «d?ordinaire, les artistes sont prévenus un à deux ans à l?avance, six mois minimum». Firoz Ghanty ajoute, «c?est une banalisation de ce qui aurait dû être un événement à rayonnement international». Ismet Ganti renchéri : «cela aurait du être une vitrine de Maurice, mais elle est cachée derrière un gros rideau».
Sollicité, Thivy Naiken, directeur de la NAG est d?avis que, «ce sont de faux problèmes». Il explique que l?appel à candidature est paru un jour ? le 4 octobre ? dans trois quotidiens. «C?est la procédure normale. Le directeur de la NAG souligne qu?une «option est de proposer des ?uvres qui datent de deux ans, car nous estimons que les ?uvres ne meurent pas dès qu?une exposition est finie».
Thivy Naiken précise que les artistes ne sont pas tenus d?envoyer l??uvre immédiatement mais seulement une description du projet. Il concède toutefois que suite aux critiques qui lui ont parvenues, «le délai a été étendu jusqu?au 31 octobre». S?agissant des artistes étrangers, le directeur de la NAG n?avance aucun nom car, «tout est en voie de finalisation. Nous avons contacté des institutions étrangères via les ambassades pour qu?ils nous proposent des artistes, il y a trois semaines environ».
Interrogé au sujet des lieux d?exposition, le directeur de la NAG annonce que la Triennale sera décentralisée vers l?Alliance Française à Bell Village, le centre culturel Charles Baudelaire à Rose-Hill, la galerie municipale Malcolm de Chazal à Curepipe, la galerie IBL à Port-Louis et la salle d?exposition de Plaine des Papayes. «Nous comptons aussi organiser un atelier de travail à Pointe Canon à Mahébourg».
Enfin, au sujet de l?adresse actuelle de la NAG, Thivy Naiken explique que, «depuis février de cette année», les locaux sont au Lancaster Court, à la rue Lavocquer à Port-Louis, artère latérale de la rue La Poudrière.
EXPOSITION
> Triennale en troismots
«Triennale» : ce qui revient tous les trois ans. La Triennale de Maurice c?est l?occasion, tous les trois ans, d?attirer l?attention sur l?art contemporain. Non seulement à travers des expositions dans plusieurs lieux en même temps, mais également à travers l?interaction entre artistes locaux et étrangers, notamment grâce aux performances en live ou des ateliers de travail. La première Triennale d'Art Contemporain de l'océan Indien avait eu lieu à Maurice du 15 novembre au 1er décembre 2002. La deuxième édition s?est tenue du 1er au 10 décembre 2005. Elle s?était tenue dans quatre lieux d?exposition et avait rassemblé des plasticiens des Seychelles, d?Inde, d?Afrique du Sud, d?Israël et de Grande Bretagne.
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