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La rentrée coûtera cher
La rentrée 2009 risque de commencer sur une note salée pour les parents dont les enfants se rendent à l?école dans des vans de ramassage scolaire. En effet, les opérateurs prévoient d?augmenter leurs tarifs, si l?Etat ne leur accorde pas une subvention sous la forme de 400 litres de carburant par an, par véhicule.
« La hausse sera de Rs 50 à Rs 100 par mois, soit de Rs 600 à Rs 1 200 par an », soutient Nazir Jahangeer, président de l?Association de Komité Vans Lekol. L?augmentation de Rs 50 s?appliquera sur les trajets de 2 à 3 km. Au-delà de cette distance, le montant sera majoré de Rs 100 par mois. En général, les tarifs mensuels se situent entre Rs 400 et Rs 600.
Qu?à cela ne tienne, le recours à des minibus de ramassage scolaire est entré dans les m?urs. Et il est plus qu?improbable que les parents qui y ont recours depuis des années, vont bouder ce service à cause d?une augmentation. Taslima Elahee est de ceux-là. Elle a deux enfants en primaire. Son mari et elle travaillent, et ils n?ont pas le temps de véhiculer eux-mêmes leurs enfants à l?école. « Même s?il nous faut faire des sacrifices, nous allons continuer à utiliser le van scolaire. Nous avons pleinement confiance dans Arshad Travel Tours qui véhicule nos enfants. Leur sécurité passe avant tout et nous sommes disposés à payer le prix. »
Cette future augmentation constitue donc un défi pour les parents. Mais également pour le gouvernement, car ces opérateurs de vans scolaires ont troqué leurs prérogatives de libre entrepreneur contre une intervention de l?Etat dans leur secteur d?activité.
Mais cette posture, certes paradoxale, des libres entrepreneurs que sont les opérateurs de vans scolaires fait grincer des dents. Le premier à être monté au créneau est Aleem Domun, président de la Contract Bus Owners? Association (CBOA). Il trouve qu?elle est « injuste en raison des baisses du cours du pétrole sur le marché mondial ». Et Aleem Domun soutient qu?il n?est d?accord ni avec l?augmentation ni avec la subvention réclamées par l?Association de Komité Vans Lekol.
<B>Subir la loi du marché</B>
Le président de la CBOA estime que c?est à la National Transport Authority (NTA) de fixer les tarifs comme c?est le cas à Singapour.
« L?idéal serait d?établir un système avec un tarif minimum et un tarif maximum calculés au kilomètre. Cette mesure aura le mérite de combattre les risques de concurrence déloyale. »
Mais Aleem Domun va encore plus loin. Il remet en cause la légitimité même des opérateurs de minibus de ramassage scolaire en tant qu?entité légale. Ainsi, il se réfère à une législation votée en 2003, mais qui n?a pas encore été promulguée. Il s?agit du Road Traffic (Amendment N° 2) Act. Cette législation classifie l?activité des opérateurs du transport en commun en huit catégories. Celle à laquelle appartiennent les minibus de location (contract buses) est subdivisée en trois catégories. L?une d?elles concerne les opérateurs de minibus de ramassage scolaire. Quelque 700 d?entre eux font partie de 1 800 autres, détenteurs d?une Public Service Vehicle (Contract Bus) Licence délivrée par la NTA.
Selon Aleem Domun, « légalement parlant, les school buses n?existent pas. L?ironie, c?est que les détenteurs d?un permis de contract bus sont soumis aux contraintes d?une législation qui n?a pas été promulguée ». Un fait que confirme la National Transport Authority (NTA) elle-même. Et comme Aleem Domun estime que le recours à une législation non promulguée lui est préjudiciable, la CBOA s?en est remise à la Cour suprême.
De son côté, Jayen Chellum, secrétaire de l?Association des consommateurs de l?île Maurice, se dit inquiet que les parents d?enfants qui voyagent en vans scolaires soient condamnés à subir la loi du marché. D?ailleurs, il est à la tête de Platform Konte Tax Abusif dont l?objectif est de combattre l?effet du système actuel de taxation sur les consommateurs.
C?est dans ce contexte, indique-t-il, que le combat en faveur des parents dont les enfants voyagent en minibus devrait lui aussi être placé. Il regrette d?ailleurs que l?Association de Komité Vans Lekol ne fasse plus partie de la plate-forme.
Mais pour le moment, tout porte à croire que les parents vont devoir mettre la main à la poche dès janvier 2009.
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