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culture physique
Front lisse, costume rayé. Benu Servansingh insiste sur le mot «sérénité». Parfaitement à l?aise entre les murs blanc de son bureau de conseiller au ministère des Finances, il affiche tous les signes de, «celui qui n?a rien à se reprocher».
Rien à déclarer aussi. Au sujet des allégations de corruption formulées contre lui, par l?homme d?affaires Trishi Toolsee. Objet du contentieux : Rs 100 000 pour obtenir un permis pour l?organisation de paris sur des matchs de foot à l?étranger. Rien à dire, sur les conseils de son avocat, Me Joy Beeharry.
Rien à dire, si ce n?est répéter, «je suis serein. On m?a attaqué. C?est une expérience que je vis. Kit foi tinn ariv ler pou mo gout impe amer, dan lavi ou pa konn zis gou disik. Aster mo kompran bann dimoun ki viv enn imiliasyon».
Le tout dit avec le regard franc, à la limite du pénétrant. Des phrases claires, coulantes, d?un homme qui présente bien. Dans cette affaire, Benu Servansingh relève que, «je n?ai pas senti le besoin de me justifier auprès de mes amis». Et que les deux seules personnes avec qui il discutera de l?affaire, c?est Rama Sithanen ( il l?a déjà fait) et «éventuellement Navin Ramgoolam, parce qu?ils m?ont fait confiance».
Le tout dit avec des phrases ponctuées de «right», de « vous m?écoutez-là ? », de «vous comprenez-là». Tics du professeur de physique qu?il est dans l?âme, autant que dans la pratique.
Car, quand Benu Servansingh quitte l?Hôtel du gouvernement à 16 heures les mercredi, c?est pour filer donner des leçons de physique. «Cela me relaxe. Je suis revigoré par le contact avec les jeunes et puis, j?aime cela, expliquer des règles de physique». La vraie raison viendra après. «C?est ma force. C?est pour rester indépendant.»
«je n?ai pas senti le besoin de me justifier auprès de mes amis.»
Une formation scientifique ? Benu Servansingh est diplômé du Saint-Xavier?s College de Mumbai ? n?est pas incompatible avec son rôle de premier plan au ministère des Finances notamment dans la préparation des budgets du ministre Rama Sithanen
«Quand je lui ai demandé ce qu?il voulait que je fasse au ministère, il m?a dit qu?il avait besoin de mes capacités d?analyse.» Justification assortie d?un rappel qu?un ancien directeur du Stock Exchange en Grande- Bretagne était un physicien.
Et s?il s?est, «tout de suite adapté» au ministère, qu?il n?a «aucun problème avec les hauts fonctionnaires», son lien avec Rama Sithanen est celui d?une longue amitié.
Flash back. Benu Servansingh a 21 ans. Il enseigne la physique au collège royal de Port-Louis, où il a lui-même été élève de 1968 à 1974. Dans le staff room, il sympathise avec un autre jeune prof. Qui s?appelle Rama Sithanen. «Dès la première semaine après son arrivée, nous étions déjà des amis.»
A tel point que quand Sithanen quitte Maurice, il écrit une lettre par semaine à Benu Servansingh. L?une d?elles sera la cause d?un déclic. Le conseiller se lève, fouille dans son cartable, ses tiroirs. «J?ai conservé cette lettre.» Il cherche toujours. En vain. « Dedans, Sithanen disait que même si j?ai la réputation d?être un très bon prof de physique, dans le monde actuel, rien ne vaut un diplôme universitaire.»
Des paroles amicales qui poussent le jeune homme à demander un congé sans solde du RCPL, pour poursuivre ses études en Inde de 1981 à 1984.
Qu?est-ce qui l?avait empêché de faire cette démarche avant ? «On se complaît dans ce qu?on connait.» C?est-à-dire les classes et leçons. D?autant plus que Benu Servansingh ne fait pas mystère qu?à l?époque déjà, il gagnait de quoi lui assurer une vie confortable. Même attitude dans cette anecdote. «Pour le budget, les hauts fonctionnaires touchent des allocations qui peuvent aller jusqu?à Rs 100 000. Moi, à l?époque du budget, je rentre chez moi vers 5 heures, 6 heures du matin, mais je ne réclame pas un sou en plus. J?estime que ces horaires là font partie de mes attributions. Et que je suis payé pour cela.»
Conseiller auprès de Sithanen. Une fonction que Benu Servansingh occupe pour la seconde fois. Il y était là de 1991 à 1995. «Quand Sithanen perd les élections, le ministère de l?Education m?a fait savoir que je pouvais reprendre mon poste d?enseignant au Queen Elizabeth. J?ai écrit une lettre d?une ligne pour refuser .»
Question de principe, explique-t-il. «Dans ce job il y a un élément de politique, cela aurait été malhonnête de prétendre que je suis un fonctionnaire pur.» Question d?attitude aussi. Benu Servansingh affirme avec fierté ne pas avoir postulé pour un emploi. «C?est l?association des parents d?élèves du collège de Lorette de Quatre -Bornes qui m?a proposé un travail. Zot finn top up mo saler». Offre généreuse pour quelqu?un qui avec une lettre d?une ligne, avait renoncé à 20 ans de service avec pension.
Un homme qui des années plus tôt a «dit non à un poste de pilote chez Air Mauritius, alors que j?avais passé les examens pour cela». Tout cela au nom de sa passion pour l?enseignement. Ce petit univers contrôlé où, «bann zelev riyé ». Où il a mis un point d?honneur à enseigner en créole, « de tout temps».
Car la physique, Benu Servansingh dit la voir dans toutes choses. Une vision qu?il a commencé à avoir quand il bricolait la voiture de son père, secrétaire du conseil de district de Grand-Port/Savanne, qui a fini sa carrière au poste de président du conseil d?administration du Marketing Board.
En plus de son poste de conseiller, Benu Servansingh est président du conseil d?administration de la SICOM. Il siège également au conseil de la Gambling Regulatory Authority (GRA), de la State Investment Corporation (SIC), de la Mauritius Duty Free Paradise. Sans compter, mais «c?est presque volontaire, je ne sais pas combien ils payent », sa présence au sein du Trust Fund for vulnerable groups et le comité pour l?éradication de la pauvreté extrême.
Des casquettes qui lui laissent tout de même le temps d?aller à la chasse aux lièvres, très tôt le dimanche matin. Ce qui le passionne dans cette activité : les chiens. Il en possède cinq. « J?aime entendre les chiens travailler le lièvre ». Pourquoi est-ce que cette phrase pourrait décrire sa manière de traiter un dossier ?
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