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Quand Madagascar s?éveillera

27 septembre 2008, 20:00

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Quand Madagascar s?éveillera..., notre région, pourrait connaître un développement sans précédent et devenir un des principaux pôles économiques d?une nouvelle Afrique à venir, Cette promesse de développement régional demeure suspendue au bon vouloir autant de la population malgache que de son gouvernement. Sans eux, rien n?est envisageable. Rares sont ceux à pouvoir prédire la date exacte de ce réveil. Les choses s?accélèrent toutefois et évoluent rapidement. Tant pis pour ceux pas assez prompts pour prendre le train en marche accélérée. Quand Alain Peyrefitte publie, en 1973, Quand la Chine s?éveillera... le monde tremblera, il est plus proche de Napoléon que du Beijing des derniers Jeux olympiques mais aussi du lait frelaté. L?Histoire nous apprend à nous méfier de toute tentation manichéenne. Aucun régime politique terrestre ne peut être à 100% bon ou mauvais. Tout régime, comporte en son sein, sa part de gris, sa part de blancheur. Le tout est de savoir comment concilier, par exemple une allergie viscérale pour le fascisme hitlérien, et maoïste et les réalisations aussi bénéfiques que les autoroutes hitlériennes en Allemagne, et le Nid d?Oiseau sur droits des hommes piétinés, ou encore sur le scandale de lait frelaté, excellemment dissimulé afin de ne pas ternir la réussite « extraordinaire » des J.O. Mais nous ne devons pas nous enfermer dans des refus stériles.

Les relations avec Madagascar sous le gouverneur Farquhar

Ces réflexions peuvent nous venir à l?esprit, à l?issue de la conférence, donnée par Norbert Benoît, à l?hôtel de ville de Port Louis, mercredi dernier, pour commémorer le 40e anniversaire de l?établissement des relations diplomatiques entre Madagascar et Maurice. Le choix du thème de son exposé ne fait que fortifier ces réflexions. Norbert Benoît a choisi d?entretenir son auditoire au sujet du traité de Paris de 1814 et du gouverneur Robert Townsend Farquhar et de leurs relations avec Madagascar.

Procédons à rebours. Le présent gouvernement malgache, du président Marc Ravalomanana,, n?a pas encore produit tous les fruits, bénéfiques, qu?on pouvait espérer. Il ne s?agit surtout pas, de lancer la première pierre sur qui que ce soit mais d?inviter, à nouveau, tout un chacun à réfléchir pour savoir pourquoi la collaboration mauriciano-malgache demeure encore à l?état embryonnaire. Ne soyons pas inutilement pessimistes. Ce qui tarde d?éclore durablement aujourd?hui était encore impossible sous de précédents régimes malgaches. N?ayons pas peur des mots. Si Seewoosagur Ramgoolam consent, en 1968, à établir des relations diplomatiques avec Madagascar c?est que la Grande Ile est alors dirigée par son alter ego en la personne de Philibert Tsiranana. Si les relations malgaches/mauriciennes ont 40 ans, elles se refroidissent après la destitution de Philibert Tsiranana en 1979 et son remplacement par les Ramanantsoa, Ratsimandrava, Andriamahazo et Ratsiraka.

Notre gouverneur Robert Townsend Farquhar est sans doute la personnalité de notre histoire à avoir le plus cru dans le potentiel économique d?une étroite collaboration entre Malgaches et Mauriciens. Le moins qu?on puisse dire c?est qu?il fait alors preuve d?une maladresse répétée, s?amplifiant d?ailleurs dans les préjugés de l?élite de la population mauricienne des années 1820 à l?égard du peuple malgache. La fin tragique du prince Ratsitatane doit être un exemple crucifiant et stigmatisant pour les Mauriciens, y compris ceux de 2008 .

La partie malgache du mandat de Farquhar demeure pleine d?énigmes. Son intérêt, pour la Grande Ile, est-il motu proprio ou ses initiatives malgaches lui sont-elles dictées par des ordres d?en haut, venus de Londres ou d?ailleurs ? La Grande Ile, devenant colonie anglaise, au lieu de devenir française et seulement à la fin du XIXe siècle, aurait été un jour ou l?autre détachée de la colonie Mauritius.

Il ne peut plus s?agir, en 2008, de possibles conquêtes colonisatrices, entre Madagascar et Maurice. Nous ne pouvons qu?appeler de nos v?ux la plus grande collaboration entre le peuple mauricien et les populations voisines. Ce sont là justement des connaissances mutuelles qui ne sont étrangement pas enseignées aux Mauriciens.Voilà pourquoi, en tout cas, à Maurice, en 2008, on continue allègrement à martyriser d?autres Ratsitatane, malgré 40 ans de relations diplomatiques mauriciano-malgaches.

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