Publicité
Une longue attente
Le remaniement ministériel qui vient d?avoir lieu porte en lui les prémisses d?un double aveu : celui d?un nouveau dynamisme et d?une nouvelle impulsion et celui, implicite, d?un échec et d?une nécessité de corriger le tir.
A mi-mandat, il était peut-être devenu impérieux, en raison de l?essoufflement noté dans divers ministères, de redistribuer les rôles et de faire appel dans certains cas à d?autres acteurs principaux dans l?espoir que face à de nouvelles responsabilités, ces heureux élus sachent être des meneurs d?hommes et surtout des pourvoyeurs d?idées gagnantes.
En sport, secteur qui nous préoccupe au plus haut chef ici, les trois dernières années n?auront été que pilotage automatique. L?inspiration attendue du ministre de tutelle, les orientations qui auraient pu être les siennes dans les domaines du sport et de la jeunesse, la direction dans laquelle il souhaitait engager la communauté sportive n?ont jamais été explicitées. Elles n?ont jamais été servies non plus par une action cohérente qui pouvait être interprétée comme étant le résultat d?une politique définie. Tout est à refaire pour Devanand Rittoo qui hérite aujourd?hui du portefeuille vide de Sylvio Tang.
Ni Bruno Julie ni Stéphan Buckland ne sont des thaumaturges. Les exploits qu?ils ont réalisés, qu?ils sont encore capables de produire, même s?ils sont gratifiants à plus d?un titre, ne comblent en rien le vide existant en termes de politique sportive. Ils ne font qu?accentuer le caractère paradoxal d?une période où, sans capitaine, le bateau atteint l?Olympe tant désirée. S?il est important de les récompenser, de leur témoigner publiquement reconnaissance et gratitude, ce qui permet de s?afficher en leur compagnie, il n?est pas moins important de récompenser ceux qui ont brillé aussi et qui, en raison du caractère non-olympique de leur sport et de ce fait de l?absence de capital politique susceptible d?en être tiré, sont des laissés-pour-compte. Fabrice Bauluck, médaillé de bronze aux Championnats du monde seniors de kick-boxing, et Ryley Rose, médaillé d?argent aux Championnats du monde de boxe française, ont attendu pratiquement un an pour l?un et neuf mois pour l?autre la récompense qui leur revient de droit selon les barêmes adoptés par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Si le principe de la récompense-encouragement à la performance a été accepté, pourquoi alors est-il appliqué avec autant de lenteur dans certains cas ?
Mais plus important, la communauté sportive et toute la société, en fait, attendent de Devanand Rittoo qu?il présente dans les plus brefs délais un plan devant favoriser la pratique sportive aux niveaux scolaire et civil et crée les opportunités pour que cette pratique décline le sport en amateur, loisir et élite. Un plan pouvant donner enfin un sens de direction et un sens tout simplement tant à l?effort physique qu?aux bienfaits multidimensionnels qu?il procure. Pareil projet ne sera que la traduction dans les faits de l?intention constitutive d?une volonté et d?une connaissance réelles de son sujet.
Le sport met en scène des hommes avant tout et des valeurs qui, si elles ne sont pas prises en compte, laissent ces mêmes êtres dans un état d?hommes déshumanisés. Face à un monde en déliquescence, les valeurs qu?a conservées le sport représentent en effet un patrimoine non négligeable. Le sport peut être une force de reconstruction dans un monde sans repères où la destruction n?a d?égale que la violence qui fait partie désormais de nos quotidiens.
Publicité
Publicité
Les plus récents