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Savant dosage des épices
Grâce à l?argent obtenu par son époux du Voluntary Retirement Scheme, Vaylette Sawmy a pu réaliser son rêve : ouvrir une petite entreprise de fabrication de poudre de curry. Elle vient de mettre sur le marché le masala Ave Maria, d?autres épices en poudre, dont la cannelle, le girofle, l?anis et le poivre et du piment en poudre.
«Aussitôt fabriqué, mon masala trouve vite preneur», affirme Vaylette Sawmy qui remue sans cesse, avec un bâton, des épices qu?elle fait griller dans un grand récipient sur un feu de bois. «Mon mari, Laval Julien, qui travaillait comme soudeur-ferblantier à la sucrerie de Fuel, a fabriqué ce grand récipient doté de manches en fer».
Ave Maria est avant tout une entreprise familiale. «Quand j?ai beaucoup de commandes, je me fais aider par mon époux et nos trois enfants (un garçon et deux filles)».
Cette mère de famille n?a pas eu à chercher très loin pour trouver le nom à donner à sa petite entreprise et à ses produits. Elle habite en effet à la rue Ave Maria, à Queen-Victoria.
A part l?utilisation d?un appareil électrique à moudre les épices, toutes les opérations de Ave Maria sont faites à la main. La petite entreprise a une capacité de production de 20 kilos de poudre de curry par jour. «Bien sûr, ce n?est pas mon rythme de fabrication quotidienne. Je travaille en fonction des commandes», explique-t-elle. Mais elle doit travailler comme un forçat pour fabriquer le fameux masala, de 9 heures du matin à 18 heures. Les épices sont d?abord triées, lavées et mises à sécher. Elles sont ensuite grillées dans un grand récipient sur feu de bois. «Il faut constamment remuer les épices pendant cette opération, au cas contraire, elles brûleraient», lance-t-elle.
Une fois grillées, les épices sont moulues. Le masala Ave Maria est prêt pour être ensaché et mis sur le marché.
Mais se lancer dans la fabrication de masala n?a pas été du gâteau pour Vaylette Sawmy. C?est un savoir-faire qu?elle a acquis après plus seize ans de recherches. «Comme je n?aimais pas le masala acheté dans les boutiques ou dans les supermarchés, j?avais décidé en 1992 d?en fabriquer moi-même. Pour arriver au résultat actuel, il m?a fallu essayer plusieurs mélanges».
Neuf épices?
La femme entrepreneur tient à garder secrète sa recette. Elle s?est contentée de révéler que neuf épices entrent dans la fabrication du masala et que le plus important demeure le dosage.
Vaylette Sawmy envisage d?importer ses propres épices pour baisser les coûts de production. Actuellement, elle met en vente à Rs 70 le sachet de demi-kilo de masala. «Les épices sont trop chères sur le marché local. Si j?en importe, je pourrais envisager de me lancer dans la fabrication de masala sur une grande échelle?».
A l?expo-vente organisée par la Small Enterprise and Handicraft Development Authority (SEHDA) au Domaine Les Pailles du 26 au 31 août, Vaylette Sawmy a eu l?appréciation de nombreux visiteurs. Raison de plus de persévérer dans ce domaine?
COOPERATIVE
Un vin de fruits bientôt sur le marché
Vaylette Sawmy est très active au sein de la «Ave Maria Multipurpose Cooperative». Elle envisage de se lancer dans deux autres projets avec d?autres coopératrices : le lancement d?un vin de fruits et d?un élevage de canards. «Je m?intéresse particulièrement à l?élevage de canards. Huit autres membres de la coopérative sont intéressées par un tel projet», révèle-t-elle. La femme entrepreneur a déjà présenté à la foire de la SEHDA un vin de «jamalac». «On peut également utiliser la mangue, l?ananas ou d?autres fruits. Mais il faut au moins deux ans de fermentation avant que la boisson soit prête pour la consommation. Elle contient 11% d?alcool», explique Vaylette Sawmy. Vaylette Sawmy est également secrétaire de la «Women Entrepreneurs Cooperative Credit Union» de Flacq, qui compte 176 membres. Elle est très active au niveau du social et a déjà été présidente du village.
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