Publicité

Pertinence et permanence de Malcolm de Chazal

15 septembre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Parle-t-on trop ou pas assez de Malcolm de Chazal ? Qui en parle et où ? L?anniversaire de cet illustre et authentique poète mauricien ? Chazal est né il y a 106 ans, le 12 septembre 1902, à proximité de Vacoas, sur les hauts-plateaux mauriciens ? est l?occasion de se poser ces questions et, surtout, d?essayer d?y répondre.

La presse mauricienne parle à l?occasion de Malcolm de Chazal : parution d?un texte, reportage sur une conférence ou un colloque, interview d?un témoin souvent venu de l?étranger, ... Et je dois reconnaître que, proportionnellement, pour un artiste décédé depuis 27 ans, cette fréquence est raisonnable : il est plus souvent question de Malcolm de Chazal que de Robert-Edward Hart, de Selmour Ahnee, de Savinien Mérédac, de Marcel Cabon ou de Pierre Renaud qui ont également marqué la littérature mauricienne et que Chazal appréciait fort. La presse accomplit donc régulièrement ce travail d?entretien de la mémoire qui est aussi le sien et je l?en félicite.

Mais que se passe-t-il ailleurs ? A l?école, surtout ? Parle-t-on de Chazal ? Y a-t-il transmission des enseignements, du regard que le poète a porté sur son île, la nôtre, dans ses écrits ? Y a-t-il sensibilisation à l?esthétisme chazalien, lui qui - dans ses tableaux comme dans les quelques tapisseries réalisées - a donné à Maurice des couleurs dont aucun peintre, aucun poète n?avait su l?habiller auparavant ? Y a-t-il le souci de la permanence du bien patrimonial qu?est le vaste héritage chazalien ?

La réponse est non. Sauf pour quelques personnes dont je suis et qui sont trop vite taxées de nostalgiques démodés ou de passéistes en manque d?évolution... Seuls les étudiants en art bénéficient de l?étude prescrite de l?île Maurice proto-historique, folklorique et légendaire de 1973 régulièrement ré-édité par Guillemette de Spéville.

Pourtant, l??uvre de Malcolm de Chazal détient des clefs pouvant contribuer tant à notre devenir tant individuel car certaines de ses réflexions forcent à l?introspection qu?à notre évolution de citoyen car son amour pour Maurice jaillit à chaque page de ses écrits, à chaque couleur de ses tableaux, à chaque forme d?objet-fée qu?il avait inspiré à l?entreprise SPES.

Alors, on fait tout le contraire : oubliant l?engagement citoyen et politique au sens noble de Malcolm de Chazal, on préfère le mépris et l?insulte ; on réduit à une coquille vide la Fondation créée en 2002 (mais pourquoi donc ?) en lui supprimant son Conseil d?administration et quand on interroge l?administration à ce sujet, la réponse est ... une absence de réponse, le vide absolu, le noir total... comme la politique culturelle actuelle.

Les questions qui suivent avaient été posées par Chazal en 1958 soit il y a exactement 50 ans : «Où sont nos salles d?expositions ? Où est le subside aux écrivains pour la publication de leurs livres ? Où est notre Galerie Nationale où les enfants viendraient contempler les ?uvres de leurs aînés et y tirer un exemple et une leçon ? Où sont nos Jeux Olympiques de l?esprit ? Où sont les primes d?excellence pour adultes ?» Et il n?y a toujours pas de réponse !

Malcolm, s?il vous plaît, revenez ... vite !!!

Bon anniversaire !

Robert FURLONG

Publicité