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L?herbe est-elle plus verte ailleurs ?

13 septembre 2008, 20:00

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L?herbe est-elle plus verte ailleurs ?

«Mo ene CPE failed, et ici, mo cause anglais. Lorla depi 6 mois ki mo là, mo ine fini gagne promotion ! » témoigne Marie Chimpa, ce jeune homme de 28 ans, issu de la première volée de la migration circulaire. Ceci diffère de l?opinion de Sunil Goorah (nom fictif), 33 ans. Celui-ci a précipité son retour après un mois passé au sein de Maple Leaf Foods. Il se justifie en clamant: « Ine fer nou alle dimande sarité la bas pou nouri gouvernment ici !» Tous deux ont été embauchés dans la même entreprise. Ils étaient 165 à migrer au Canada en mars dernier, avec un rêve: « Bénéficier d?une vie meilleure et garantir un avenir pour leur famille » .

Six mois après, une dizaine d?entre eux sont rentrés, pour des raisons familiales ou à cause du mal du pays. Sunil Goorah, lui, avance qu?affronter des températures atteignant les -30 degrés et porter des combinaisons encombrantes qui requièrent un entretien après chaque entrée et sortie de l?abattoir témoignent de la dure réalité du métier. Ceci est confirmé par Nathaniel, 36 ans, travaillant depuis 6 mois chez Maple Leaf Foods : « La pause de 15 minutes est insuffisante. Enlever la combinaison, se rhabiller avec ses habits et désinfecter les bottes, boire un café et se changer de nouveau pour reprendre le travail. Finalement on a à peine le temps de savourer le café. » De plus , quitter son poste pour aller aux toilettes ainsi que tout retard est sanctionné par un retrait de $10 du salaire.

Marie Chimpa précise qu?il existe définitivement des couacs, comme dans tout métier, cependant, « ce n?est pas honnête de la part de ceux qui sont rentrés, de ternir la réputation de la compagnie, alors que celle-ci nous accorde énormément de bénéfices ». En effet, l?entreprise octroie plusieurs avantages. Ainsi, Prakash, 36 ans, explique qu?il était payé $10.55 (environ Rs 213.) de l?heure à son arrivée, comme stipulé dans son contrat, et 6 mois après, il touche $15.55 (environ Rs 424.). Il ajoute « Ceci est dû à la persévérance. Ceux qui sont rentrés deux semaines après leur arrivée , ont été impatients. C?est dommage ! ». La compagnie se porte également garante des travailleurs qui font une demande de permis de résidence. Elle va même jusqu?à leur faire des prêts pour les démarches administratives, dont les montants peuvent s?échelonner jusqu?à $3 000.

Ces Mauriciens travaillent dur et obtiennent des promotions dans un délai record. Ils mènent une vie plus que décente et nourrissent un désir de demeurer? au Canada. « 90% des Mauriciens qui sont ici , ont postulé pour un Permanent Resident Permit et beaucoup ont de fortes chances de voir le prolongement de leurs contrats de travail » , prétend Marie Chimpa. D?où l?inquiétude du ministre du Travail qui se demande « Comment faire revenir cette brain-circulation au pays ? ». Les expatriés mauriciens, eux, se disent prêts à rentrer s?ils «avaient une garantie de retrouver un emploi sans devoir frapper à diverses portes de hauts fonctionnaires ou autres ministres.»

MIGRER VERS L?HEXAGONE

Un accord de coopération entre la France et Maurice sera signé le 23 septembre. Lors de l?atelier « Creating Development Benefits through Circular Migration » les 8 et 9 septembre dernier, il a été fait état du projet d?envoyer 500 « skilled workers » en France afin d?acquérir une expérience dans environ 61 corps de métier. Les étudiants fraîchement diplômés auront également la possibilité de parfaire leurs connaissances dans une entreprise française pendant un an. Kacim Kellal, responsable du service des affaires internationales et du développement solidaire au ministère français de l?Immigration, de l?Intégration, de l?Identité Nationale et du Développement Solidaire, a stipulé que « l?objectif de la France n?est pas de faire le pillage des cerveaux de pays tiers » . Par conséquent, un financement ?généreux? sera alloué au pays, afin de former des Mauriciens.

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