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Shabnam Anvaraly-Esmaël, agent tous risques
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Shabnam Anvaraly-Esmaël, agent tous risques
Shabnam Anvaraly-Esmaël est chef d?entreprise. Elle dirige CQTech (Mtius) Ltd, une société spécialisée dans la vente et l?installation d?équi-pements de sécurité depuis 15 années. Si la jeune femme de 34 ans « vit, dort, consomme » CQ-TECH, elle se veut être aussi une citoyenne qui « apporte sa pierre à l?édifice du pays ». C?est dans cette optique que Shabnam Anvaraly-Esmaël s?est associée à la police de Grand-Baie il y a deux semaines et à la Crime Prevention Unit pour sensibiliser les touristes et la population à la sécurité.
Si son premier projet profite à son entreprise, le deuxième est un acte bénévole. « La campagne avec la police de Grand-Baie consistait à équiper une maison témoin d?équipements de sécurité à la pointe de la technologie : caméras de surveillance, interphone, portail automatique avec télécommande, bracelet de panique qui accompagne le système d?alarme et le déclenche quand on l?active... », explique la chef d?entreprise. Une manière, selon Shabnam, de démontrer aux gens les différents matériels disponibles sur le marché pour assurer leur sécurité.
« Mais aussi de leur expliquer les fonctionnalités de ces équipements et de déterminer avec eux ceux qui correspondent à leurs besoins et à leurs portefeuilles. De plus, les taxes sur les matériels de sécurité ont baissé », explique l?habile communicante.
Alors que le deuxième projet relève davantage de « la responsabilité sociale de l?entreprise », explique cette jeune femme dont le sourire éclaire le maquillage discret . « Avec ce projet, j?apporte mon point de vue en tant que citoyenne. Il est une sensibilisation à la sécurité qui sera dispensée dans les quartiers et les écoles, entre autres », explique la jeune femme.
Comme l?indique Shabnam, ce projet sera davantage axé sur les femmes et les enfants pour expliquer les mesures de sécurité de base, qui doivent devenir des réflexes, et des petits tips qui peuvent sauver une vie. Par exemple, mettre les numéros des proches et d?urgence bien en évidence sur le mur pour les enfants. Pour les femmes, garder un sifflet sur elles pour qu?elles appellent à l?aide quand elles sont en danger parce que bien souvent la voix ne sort pas.
« Conscience sociale »
Des conseils comme cela, Shabnam pourrait en distiller des dizaines. Et parce qu?elle sait intéresser son auditoire, on pourrait l?écouter de longues heures en sirotant notre café au Super U de Grand-Baie.
Comme Shabnam le raconte, c?est à la naissance de sa fille, Inaam, que « cette conscience sociale lui est venue ». Mais aussi au souvenir d?une enfance qui n?a pas toujours été rose bonbon. « Je n?ai pas grandi avec une petite cuillère en or dans la bouche. »
En fait, Shabnam est née à Madagascar. Sa famille y était implantée depuis quatre générations, après avoir quitté le Nord de l?Inde. Ensuite, ses parents se sont installés en France quand elle avait quatre ans. « En sus d?être mal perçus parce qu?on était des immigrés, on vivait dans des conditions précaires. Mes parents travaillaient jusqu?à fort tard le soir. Ma mère, réceptionniste à l?hôtel, rentrait à 22 h 30 après avoir passé deux heures de trajet dans le métro », raconte-t-elle. Donc, chez Shabnam, tout le monde s?entraidait pour faire la cuisine, la vaisselle, et les devoirs. « Même quand j?étais à l?université où j?étudiais le commerce international et la communication, je donnais des cours pour gagner un peu d?argent de poche... Toutes ces expériences forgent un esprit combatif » confie-t-elle simplement. Et surtout l?envie de partager et d?échanger des connaissances, qu?elles soient en management ou en sécurité.
Un agenda chargé
Entres ses réunions de Women In Networking (WIN), son poste de PRO à l?Association mauricienne des femmes chefs d?entreprise, son implication dans le Rotary Club de Grand-Baie et sa famille, l?agenda de Shabnam est chargé. Cela ne l?empêche nullement d?être une chef d?entreprise performante et innovante. D?ailleurs, sa société s?est taillé une certaine réputation dans le domaine de la sécurité au cours des 15 dernières années et est rentable, précise Shabnam. De plus, CQ-TECH propose des équipements à la pointe de la technologie comme le système d?alarme sans fil, ou encore du contrôle d?accès à lecture optique.
Aujourd?hui, Shabam Anvaraly-Esmaël s?est recentrée sur la gestion et la communication de CQ-Tech. Elle laisse ses technico-commerciaux aller sur le terrain pour s?occuper des devis. « Avant, je me rendais sur les sites (NdlR : bureaux, résidences, cliniques...) pour étudier ces formules de sécurité les mieux adaptées aux bâtiments. Et j?avais droit à des réflexions du style : ??Ça va aller ? Vous allez savoir le faire ??? », relate Shabnam en rigolant. Mais rassure-t-elle : « Une fois qu?on se rend compte que vous êtes professionnelle, qu?importe votre sexe, on vous respecte? »
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