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Emigration : la chance aux métiers sous d?autres cieux

12 septembre 2008, 00:00

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Vivre ailleurs. Travailler. Améliorer son niveau de vie. Les Mauriciens émigrent depuis des décennies et continuent à le faire. Jadis on parlait beaucoup des professionnels qui s?installaient dans d?autres pays. Aujourd?hui, l?émigrant mauricien est aussi quelqu?un qui est, dans ce que nous appelons communément les «métiers». Bouchers, tôliers, coiffeurs, ou encore pâtissiers figurent de nos jours sur les listes prioritaires pour la skilled migration dans des pays tels que l?Australie et le Canada, deux pays où les Mauriciens sont d?un nombre relativement important.

Chaque année, des milliers de familles partent pour l?Australie sous la skilled migration. En 2007-2008 ils ont été 108 540 à s?installer au pays-continent sous ce programme de migration. Les Chinois, les Indiens et les Anglais occupent actuellement les premières places au niveau des nationalités d?origine. Ces dernières années, le département australien de l?immigration a noté une hausse au niveau du nombre d?immigrants mauriciens. «La migration à partir de Maurice a grandi progressivement ces dernières années d?environ 268 personnes en 2002-2003 à 676 en 2007-2008», souligne le Department of Immigration and Citizenship, basé à Canberra.

Et, parmi les émigrants, le nombre de personnes ayant des vocations techniques a grandi. Pour la période 2005-2006, 61 Mauriciens s?étant installés en Australie avaient des «métiers», notamment dans les secteurs de l?automobile, de la construction, ou de l?électronique. Deux ans plus tard, en 2007-2008, le nombre d?immigrants dans les mêmes occupations est passé à 96, ce qui représente une hausse de plus de 57 %.

L?Australie a une liste de professions prioritaires, les Migration occupations in Demand for Australia. 49 métiers y sont inclus dont celui de boulanger, maçon, coiffeur, pâtissier, plombier, électricien ou encore mécanicien. Etant parmi les professions prioritaires, ces métiers donnent droit à des points relativement élevés dans le systèmes de comptabilisation pour le programme de skilled migration.

Charles Ah-Lan, agent de migration et fondateur de Ah-Lan Associates souligne que les demandes de ceux qui ont des métiers figurant sur la MODL «ont tendance à être prioritaire en termes de traitement qui peut prendre entre 12 et 15 mois. Pour les autres professions cela peut prendre entre 15 et 24 mois». Cet agent de migration rappelle cependant qu?il est primordial d?avoir des qualifications et un certain niveau d?expérience qu?il faut d?ailleurs être en mesure de prouver.

La filière du skilled migration demande du temps et de l?argent. Plusieurs Mauriciens se tournent donc vers une autre voie, celle de l?éducation. Catherine C (nom fictif) a 29 ans et espère qu?un diplôme en Australie lui permettra d?ici deux ans d?obtenir le statut de résident permanent. «Je suis un cours de pâtisserie à Melbourne et là c?est mon deuxième semestre.» La jeune femme qui a travaillé avant dans le tourisme pendant six ans, attend aussi que son époux la rejoigne éventuellement. «Les débuts sont difficiles, surtout avec les proches qui sont loin, mais je l?ai fait pour avoir une meilleure vie et plus de possibilités.» La jeune femme travaille également et espère pouvoir avoir rempli le quota d?heures requises afin de satisfaire les critères par rapport à l?expérience de travail d?ici la fin de ses cours.

Si Charles Ah-Lan reconnaît qu?il y a une différence car il «est important de faire une distinction entre les immigrants qui font une demande alors qu?ils sont déjà en Australie et ceux qui sont en dehors du pays». Le travail et les diplômes complétés en Australie confèrent certains avantages. «Mais, ça ne veut pas dire que c?est alors automatiquement que l?on peut obtenir le statut de résident permanent. En plus, parfois ce n?est pas évident de couvrir les heures de travail requises alors qu?on a le droit de travailler pour 20 heures par semaine tout au plus quand on est étudiant», prévient Charles Ah-Lan.

La crédibilité de Maurice en baisse</B>

Cet agent est actuellement en visite afin d?animer samedi une présentation. S?il organise de tels événements tous les six mois, il veut également mettre en garde contre «des agents sans scrupules à Maurice qui enregistrent des étudiants et présentent la filière éducation comme si elle était égale à l?immigration». Il insiste aussi sur le fait que des agents d?immigration pour l?Australie se doivent d?être enregistrés auprès de la Migration Agent Registration Authority.

«En ce moment la crédibilité de Maurice est en baisse, par rapport au risk assessment - fait par l?Australie pour chaque pays - à cause des problèmes récents impliquant des gens qui sont allés en Australie en tant qu?étudiants.» Selon lui, ces problèmes auront une influence quant au traitement des nouvelles demandes.

<B> Migration circulaire</B>

Les besoins en main- d??uvre du Canada s?illustrent aussi par la mise sur pied de programme de migration circulaire. En mars dernier, 72 Mauriciens se sont envolés pour le Canada dans le cadre d?une migration circulaire, coordonnée par l?International Office for Migration. Kervin Beth, 27 ans, père d?une petite fille de deux ans, est parmi eux. Il travaille actuellement dans des activités de boucherie pour la compagnie Maple Leaf à Brandon dans la province de Manitoba. «Mo kontra pou 2 an ek dans sa sismwa monn la mo pe trouve ki mo pe gagne bokou lavantaz», soutient-il. Il travaille de nuit, entre 23 h 30 et 08 h 00 du lundi au vendredi, et admet que les débuts n?étaient pas faciles. «La pe fer bon, pe fer 10 degre, mai kan mo ti fek arive, ti pe fer moins 27», raconte-t-il avec un petit rire. Il n?hésite cependant pas à recommander l?expérience à d?autres. «Dan Moris la vi trop ser, la min ti en ba ros, La la vi bon ek pas ser.» Kervin Beth économise pour pouvoir venir à Maurice pour ses vacances l?année prochaine.

<B> Le Canada : une liste de métiers attendue</B>

Le Canada aussi au fil des années accueille une communauté mauricienne grandissante. Amalsingh Badal, directeur régional du bureau mauricien du «GMS Lawgroup» estime que son agence aide environ 200 familles à émigrer par an. Selon lui, le marché du travail canadien est en manque de plusieurs catégories de professionnels. «Ce marché a toujours besoin de personnel médical qualifié. Maintenant il y a aussi un manque sévère dans beaucoup de ?métiers?.» Il explique également qu?une liste de métiers prioritaires n?existe pas à ce jour. «Mais, l?immigration au Canada vient d?être amendée pour la création d?une telle liste. Elle sera mise en application par rapport à toutes les demandes reçues après le 27 février 2008.» Ces demandes, estime-t-il, sont traitées sur des périodes allant de deux à trois ans.

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