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Le baril descend sous les 100 dollars
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Le baril descend sous les 100 dollars
L?Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a décidé, hier, de trancher dans le vif de sa production pour enrayer la chute du prix du pétrole brut, tombé brièvement sous les 100 dollars le baril.
A l?issue de sa 149e réunion à Vienne, où se trouve son siège, l?OPEP a annoncé cette baisse afin de revenir «aux quotas de septembre 2007», ce qui équivaut à «28,8 millions de barils par jour en excluant l?Indonésie», qui quitte le cartel.
Essayer d?enrayer la chute des prix
Les membres de l?OPEP se sont aussi «engagés à respecter strictement ces quotas». Si le maintien des quotas n?a rien d?une surprise, l?appel qui explicite à mieux les respecter en est une. Effective immédiatement, la décision équivaut de facto «à une baisse de production de 520 000 barils par jour» de la production du cartel pétrolier, a reconnu son président en exercice, l?Algérien Chakib Khelil, car le cartel produit plus que ses quotas officiels.
Le passage symbolique, mardi, des cours du pétrole sous les 100 dollars a sans doute pesé dans la décision et donné un argument fort aux «faucons» du cartel, pressés de réduire l?offre pour enrayer la chute des prix.
Le baril de brent est effectivement brièvement tombé sous le seuil de 100 dollars mardi à Londres, pour la première fois depuis le 2 avril, atteignant 99,30 dollars en séance et 100,34 dollars à la clôture. En revanche, cette annonce a immédiatement entraîné un rebond du prix du baril de brut américain pour les livraisons d?octobre à 103,80 dollars, contre 102,06 dollars quelques heures plus tôt.
Cette décision est un camouflet pour l?Arabie Saoudite, qui, juste avant la réunion, avait laissé entendre que l?OPEP ne toucherait pas à sa production et s?était dit satisfaite du repli des prix.
A l?inverse, elle signe la victoire du clan «dur» du cartel, emmené par l?Iran et le Venezuela. Ce dernier avait annoncé au début de la réunion que l?Organisation allait demander aux pays dépassant leur quota officiel de faire preuve de discipline et a donc obtenu gain de cause.
Les «faucons» du cartel avaient très modérément goûté l?initiative prise en juin par l?Arabie Saoudite non seulement d?augmenter unilatéralement sa production d?un demi-million de barils par jour, mais aussi de convoquer à Djedda, hors des auspices de l?OPEP, une réunion internationale avec les pays consommateurs pour tenter d?enrayer la flambée des prix.
Ces décisions de Riyad, à la suite d?une intervention du président américain, George W. Bush, inquiet de la forte hausse des prix du pétrole brut, avaient contribué à amorcer un repli des cours du baril, alors que s?accumulaient les signes de fléchissement de la demande mondiale.
L?OPEP a précisé que cette mesure prenait en compte l?intégration des nouveaux membres que sont l?Angola et l?Equateur, ainsi que l?exclusion de l?Indonésie et de l?Irak. Les pays membres, qui ont entériné le départ de l?Indonésie, sont par ailleurs convenus de se retrouver le 17 décembre à Oran, en Algérie.
© Le Monde 2008
Distribué par The New York Times Syndicate
POURQUOI LES PRIX CHUTENT-ILS ?
Alors que certains prédisaient le pétrole à quelques 200 dollars d?ici très peu de temps, le voici qui ne cesse de baisser depuis plusieurs semaines.
Pourquoi une telle dégringolade ?
D?une part, la croissance mondiale ralentit. La croissance européenne est en berne alors que le moteur américain cale.
Il y a bien eu Gustav... En passant sur les Etats-Unis, l?ouragan a épargné le infrastructures; le marché respire. Mais même les catastrophes naturelles ne font plus peur, semble-t-il, aux investisseurs. Ensuite, il semble que la flambée des prix ait eu un effet pervers : une chute de la demande, ni plus ni moins. L?Agence internationale de l?énergie prévoit par ailleurs une baisse de cette demande d?1,3 % cette année. Ainsi, il y a eu une consommation moins forte à croissance stable. Les Européens, par exemple, consomment moins de pétrole. La hausse des prix de l?or noir s?est traduite par de nouveaux comportements et de nouvelles recherches. Il est qui plus est devenu rentable de produire des énergies alternatives.
Le pétrole n?a plus le vente en poupe? Finie, l?envolée ? Pas si sûr... Car les pays de l?OPEP semblent bien déterminés à soutenir les prix du brut.
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