Publicité

Haut les ch?urs

11 septembre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A peine un clin d?oeil au grand public. Annick Clarisse pense déjà à l?ailleurs. Habituée aux cabarets, devant les clients selects du Saint-Géran et du Touessrok, elle se voit déjà aux Etats-Unis et au Japon.

Samedi, Annick Clarisse était sur scène à Pailles, pour un duo énergique tout en regards complices et doigts enlacés avec Linzy Bacbotte. «Sur l?album de Linzy, je faisais les ch?urs sur Another chance, la chanson que nous avons interprétée ».

La dernière fois qu?Annick Clarisse est montée sur scène ? hors cabaret à l?hôtel ? elle avait 17 ans. Elle se souvient encore qu?avec sa jumelle Véronique - parce que chez les Clarisse, la chanson est une affaire de s?urs - elles avaient interprété, sur la scène du théâtre du Plaza à Rose-Hill, un titre du groupe Bananarama.

Plus de vingt ans plus tard, c?est dans son salon au toit vitré, et aux coussins rouges, que Annick Clarisse raconte sans hésitation, sans coquetterie ses 40 ans. Tout en gérant calmement Zoé, sa fille de trois ans et Lilo, l?adorable chienne, elle parle de l?excitation de partir, d?ici janvier-février, en tournée avec Basia, chanteuse de jazz pop, en vogue dans les années 80, pour son come-back aux Etats-Unis et au Japon.

De l?organisation que cela demande. Notamment de la belle-mère, qui est en France, et qu?il faudrait prévenir, au cas où? De son mari, qui voyage souvent, et qui, «va essayer de ne pas partir».

De ses boulots. Le jour, comme chef d?une petite entreprise de verre dépoli, Recto Verso, qu?elle gère chez elle, à son domicile même. La nuit, comme chanteuse de cabaret, trois à quatre fois la semaine, entre le Saint-Géran et le Touessrok. Mais surtout de sa maison, qu?elle nous fera visiter, de la salle de billard, qu?il faut imaginer. A sa chambre à coucher et celle des enfants. Pour finir par son coup de c?ur, ce qui l?a décidé à acheter cette maison curepipienne : la rivière qui coule juste derrière.

Ses pas s?attachent aux pavés qui bordent la rivière. «Là on pourra faire des barbecues». L?espace n?est pas encore aménagé, mais Annick Clarisse s?y voit déjà. Elle s?inquiète de ne pas avoir encore trouvé de jardinier. Nous montre en soupirant les trois sacs en plastique, témoins de ses efforts pour ramasser les feuilles qui font tapis au bord de la rivière.

On se demande comment Annick Clarisse va rester deux mois loin de la rivière. Elle dit franchement, «Cela paie bien, c?est une proposition que je ne pouvais pas refuser». Sur quoi dépensera-t-elle son cachet ? Presque sans surprise, elle ré- pond : «Il y a tellement de choses à faire dans la maison. Les murs sont encore blancs, il n?y a pas de rideaux». Rien pour elle. Il faudra insister avant qu?elle ne lâche. «Souvent, quand je trouve un vêtement sympa, il n?existe qu?en petite taille. Je n?ai plus vingt ans, je n?ai plus la taille d?une jeune fille. Au moins là-bas, je pourrais m?acheter des tonnes de chaussures et de vêtements». On ne la croit qu?à demi.

Son enthousiasme pour ce départ prochain est, lui, bien réel. Des retrouvailles, pas qu?avec un employeur, mais avec une «amie». La rencontre avec Basia ? chanteuse de jazz pop d?origine polonaise, qui s?est fait connaître vers la fin des années 80, en 1994. Nous sommes là deux ans après le chapitre Erasure, groupe pop des années 80.

«Et un jour, on a reçu un appel de l?assistante de Basia de Londres.C?était impensable, incroyable que quelqu?un à 10 000 km nous appelle pour une tournée.»</I>

Onze ans séparent la première de la deuxième tournée avec Basia. Pourtant, le lien ne s?est pas cassé. «Nous sommes devenues amies», sourit Annick Clarisse. Au point où pour Noël, par exemple, «comme Basia aime les gâteaux piments et les faratas, on lui a envoyé un colis de produits alimentaires typiques de Maurice». En retour, Annick et sa petite famille reçoivent des CD.

Mais comment s?est faite la rencontre avec Basia ? Nous voilà face à un cas de bonne personne au bon endroit. Celui de Dave Bascombe, ingénieur du son qui travaillait sur l?un des albums d?Erasure, duo pop en vogue à la fin des années 80. Basia, qui le connaît, et qui à la même époque, cherche des choristes lui demande conseil. Lui, qui a sous les yeux des images des s?urs Clarisse, les lui propose. «Et un jour, on a reçu un appel de l?assistante de Basia de Londres. C?était impensable, incroyable que quelqu?un à 10 000 km nous appelle pour une tournée», s?étonne encore Annick Clarisse. D?autant plus, que le nom de Basia lui est encore inconnu. «Quand j?ai entendu Basia, ça me faisait penser à Amitabh Bachchan».

La surprise passée, les choristes lui envoient CV, et enregistrements de leur voix. «L?astuce a été de chanter une de ses chansons». Avec à propos, les s?urs choissisent Baby you?re mine. Basia dira oui.

Avant de se répéter une décennie plus tard. En 2005, quand Matt Bianco, le groupe dont Basia était membre avant de se lancer en solo, se reforme.

Nouveau coup de téléphone, nouveau cachet. Nouvelle aventure pour la chanteuse qui a commencé vers sept-huit ans. «Je me souviens qu?avec Véronique, on se mettait là où on repassait les vêtements. Il y a avait des étagères pleines de livres. C?était notre public». En janvier, une nouvelle page sera tournée.

Publicité