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Retards
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Il faudrait davantage que des slogans pour donner un nouvel élan à l?enseignement supérieur. Les autorités auront beau dire que le pays se transforme en ?knowledge hub?, la réalité démontre que nous sommes bien loin de réaliser le bond promis depuis trois ans.
C?est un rapport rendu public hier par la ?Tertiary Education Commission? (TEC) qui fait le constat de l?échec du système. Après le fantasme de ceux qui croyaient pouvoir faire de notre pays un leader mondial dans le domaine de l?éducation, on prend conscience qu?en réalité, nous accumulons des retards. Le rapport de la TEC ramène sur terre les rêveurs : ?Total enrolment recorded an expansion of 5,4 % in 2007 against an increase of 15,1 % a year earlier?.
La croissance du nombre d?étudiants inscrits dans l'enseignement tertiaire est en baisse. Pourtant le discours officiel reconnaît la place centrale que les universités doivent occuper dans une économie de services en plein essor. Les dirigeants parlent de la nécessité d'augmenter les moyens consacrés à l?enseignement supérieur. Mais les actes ne suivent pas.
Ce sont d?abord les dysfonctionnements chroniques de l?université de Maurice qui portent préjudice à l'enseignement supérieur dans notre pays. L?Etat ne lui donne pas les moyens financiers adéquats pour répondre aux besoins des étudiants et à ceux du marché du Travail. Le déclin de l?Université avait atteint un tel niveau l?année dernière qu?elle s?est retrouvée au bord de la faillite.
Les dirigeants politiques ont peur de toucher aux vaches sacrées et d?instaurer une scolarité payante. Une contribution financière des étudiants serait une garantie pour une formation de qualité dans un pays où la demande sociale est très forte pour la formation. Le Pr Indur Fagoonee, vice-chancelier de l?université de Maurice, révélait dans une déclaration à la presse que celle-ci a reçu cette année 4 900 demandes d?admission. Quelque 3 000 étudiants seulement ont pu trouver une place sur le campus de Réduit.
Alors que l?Université souffre d?une surcharge des effectifs et d?un soutien financier inadéquat de l?Etat, beaucoup d?étudiants se tournent vers le privé. ?Private/distance education providers and overseas institutions are playing an increasingly important role in tertiary education provision, contributing 54,7 % of total enrolment?, écrivent les rédacteurs du rapport de la TEC. Les universités privées pallient les manquements des établissements publics, mais ce n?est pas pour autant que le gouvernement s?est empressé d?élaborer une loi pour les encadrer efficacement. Le fameux livre blanc sur l?enseignement se fait toujours attendre.
En outre, ce n?est pas que sur le plan quantitatif que notre université va mal. Ses enseignants n?ont pas su définir les champs de recherche qui pourraient bénéficier au pays. Si des travaux ayant une utilité reconnue ont effectivement été produits en ce qui concerne les sciences sociales, en revanche nos chercheurs ont été peu productifs dans les domaines scientifiques, tels que celui des énergies renouvelables. Ils cherchent mais ne trouvent pas.
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