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J.B. David sauve le PTr d?une fusion avec le MSM

7 septembre 2008, 20:00

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On cherchera mais en vain le nom de James Burty David dans la liste des nouveaux députés travaillistes du 21 août 1983. Son nom est également introuvable du côté des candidats malheureux de ce parti. Il en va de même pour Marie France Roussety, pourtant repêchée, à titre de député correctif, après la débâcle rouge du 11 juin 1982. Leur absence plaide en leur faveur car elle prend valeur de résistance à une véritable braderie du glorieux passé du Labour, à des fins électoralistes pour ne pas dire anri-bérengéristes. James Burty David traîne pourtant derrière lui une solide réputation de jeune turc travailliste des plus prometteurs. Le pédagogue, chez cet enseignant de langues et de littérature du collège Eden de Sachitanandsing Balgobin, décédé en mai 1983, ne fait jamais de l?ombre au politicien ni même au journaliste. Politicien, il l?est moins dans les salons mondains et dans les antichambres ministériels que du côté des agents et autres militants coaltar. En cela, il est plus proche d?un Harish Boodhoo et d?un Rajesh Bhagwan que de tant d?autres politicards, se prévalant de leur seul prétendu poids castéiste.Journaliste, James Burty David sait toujours retrouver sa meilleure plume, surtout quand son cher Parti travailliste est pris à partie. Sa contribution au journal boolelliste, The Nation, tout comme celles de Finlay Salesse, de Jugdish Joypaul, de Gérard Nadal, furent, dans les années 1970, des plus fructueuses et des plus mordantes.

James Burty David a surtout le mérite de n?avoir pas permis aux camarades du MMM d?avoir le champ libre dans le débat idéologique. Sa tâche est plus difficile et plus délicate que celles des pseudo-penseurs militants qui se contentent souvent de réciter, comme des perroquets, l?argumentaire dicté en partie par Moscou ou par les différentes chapelles léninistes, marxistes, trotskystes, maoïstes. Nul besoin de faire travailler la matière grise chez les Mauves. Il leur suffit de s?aligner sur les positions staliniennes du Kremlin. Il suffit, par exemple, que Moscou soutienne Mugabe pour que les journalistes militants crient haro sur Josuah N?Komo et sur Mgr Abel Muzorewa, automatiquement étiquetés «valets de l?impérialisme occidental».

Cet alignement soviétique est loin de déplaire à James Burty David. Il n?a toutefois pas les coudées aussi franches au sein du PTr. Seewoosagur Ramgoolam est certes recouvert de plusieurs couches de vernis socialiste mais il prend bien soin de ne pas déplaire outre mesure à ses old friends capitalistes, à Maurice comme en Angleterre. Ce n?est pas lui qui permettra aux siens de crier : «La propriété privée, voilà le vol par excellence !» Sir Claude Noël veille au grain, tout comme l?allié politique de la relance économique, Gaëtan Duval, l?ami de Jean Marie Le Penn.

La sincérité intellectuelle et idéologique de James Burty David ne saurait être mise en doute. Elu, le 21 décembre 1976, deuxième député de Belle Rose/Quatre Bornes, là où des Jean Delaître et des Guy Forget ont mordu la poussière, il aurait pu prétendre à un ministère. Il n?est toutefois pas homme à courir derrière un maroquin, surtout pour devoir prendre place au sein d?un Conseil des ministres où siège un Maurice Espitalier-Noël.

Au plus fort de la contestation d?Harish Boodhoo, il demeure fidèle à son ami Kher Jagatsingh, secrétaire du PTr, quitte à ce que ses détracteurs le rangent parmi la vieille garde du PTr, aux côtés des Walter et des Ringadoo.

Après la cassure du 22 mars 1983, au sein du MMM, James Burty David ne voit pas d?un bon ?il les mamours, pourtant justifiés, de Seewoosagur Ramgoolam auprès d?Anerood Jugnauth et de son MSM naissant. JBD prend ses distances par rapport à cette nouvelle orientation travailliste. D?où son absence sur la liste des candidats Bleu Blanc Rouge. Elle s?impose d?autant plus que Duval et son PMSD sont partie prenante de la victoire du 21 août 1983, malgré un taux de réussite de seulement 33%. Le titre de VPM repris à Kader Bhayat, en dépit des promesses électorales, pour être alloué à Duval, confirme la mainmise de ce dernier sur Jugnauth.

Quand, après la victoire Bleu-Blanc-Rouge du 21 août 1983, Sir Seewoosagur Ramgoolam parle de fusion du PTr au MSM d?Anerood Jugnauth, on peut compter sur James Burty David pour s?opposer à cette fusion-liquidation du PTr qui réduirait en miettes 47 années de luttes travaillistes. Il refuse que son PTr se contente d?un rôle de 3e ordre. Seul ou presque, il exige que le PTr soit la locomotive de l?alliance Bleu-Blanc-Rouge, encore qu?il sache que Satcam Boolell n?est pas homme à aller contester ce leadership au nouveau tandem Jugnauth-Duval. Les espoirs de Seewoosagur Ramgoolam d?être réduit au Réduit affaiblissent encore la résistance de JBD. Seul contre tous, en septembre 1983, il ose cependant crier : «Nul ne tuera pas la flamme du PTr qui brille depuis février 1936.» L?Histoire retiendra le courage politique dont il fait alors preuve, même si l?alternative Navin Ramgoolam ne se matérialisera qu?entre 2000 et 2005.

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