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Enseignants et ministère campent sur leur position

31 août 2008, 20:00

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Trahison. Le mot revient comme un leitmotiv dans la bouche des syndicalistes. Ils estiment que le ministère de l?Education n?a pas respecté un accord qui avait été conclu avec eux il y a une semaine. Et qui avait mené à l?annulation d?une journée de grève le lendemain. Mais il est désormais question de mot d?ordre de désobéissance civile mercredi, le désaccord entre le ministère et les syndicats n?ayant pas été désamorcé.

Le ministre de l?Education maintient lui aussi sa position. «C?est inacceptable que les enseignants acceptent d?avoir une augmentation substantielle de salaires sans vouloir assumer des responsabilités supplémentaires», fait-il valoir.

«C?est un sentiment de trahison qui nous anime», rétorque Suren Dayal, président du syndicat du Mahatma Gandhi Institute. Propos que reprend Krishna Ramana, président de l?Education Officers Union, tous deux parmi les meneurs de l?appel de grève.

Les syndicats estiment que le ministère de l?Education revient sur des clauses de l?accord établi suite aux négociations de lundi. «Selon cet accord, il est prévu que les professeurs terminent à 15 heures les lundis, mardis et mercredis. Ils peuvent quitter plus tôt, entre 14 h 20 et 14 h 30 les jeudis et les vendredis», explique Suren Dayal. «S?ils ont les deux dernières périodes de libre, qu?ils n?ont aucune autre obligation et obtiennent l?aval du recteur, ils peuvent s?en aller plus tôt du lundi au mercredi», précise Krishna Ramana.

Les enseignants s?insurgent contre le fait que s?ils choisissent de quitter les lieux avant 15 heures, ils verront leurs congés réduits. «C?est suite à une réunion du ministère avec les recteurs jeudi dernier que nous avons eu vent de cette condition», lâche Suren Dayal. «Ils ne sont pas en train de respecter l?accord qu?ils avaient passé», poursuit-il.

Le ministre de l?Education est pour sa part catégorique. «C?est une situation très grave. Il n?est pas question de modifier quoi que ce soit maintenant. Il y a eu un premier accord où nous offrons une certaine flexibilité pour le troisième trimestre.» Selon son analyse de la situation, le problème est centré sur les nouveaux horaires et le refus de s?y plier. Le ministre ajoute que les autorités ont déjà défini le plan de travail pour ces heures supplémentaires. Il s?agira, entre autres, de rencontrer les parents des élèves ayant des soucis particuliers, de rencontrer des élèves nécessitant des attentions particulières et d?assurer une meilleure planification de leur travail.

«Certains maintiennent la pression pour pouvoir partir à 13 heures pour des activités personnelles et des leçons. C?est un abus. Le public appréciera l?attitude des syndicalistes durant ce trimestre si crucial pour nos enfants», déplore le ministre.

Les syndicats assurent que ce n?est pas le fait de finir à 15 heures qui motive leur mouvement. Ses propos trouvent écho chez Suren Dayal : «Il y a une perception que nous avons signé le Pay Research Bureau et que nous refusons de le suivre. Beaucoup de gens ne semblent pas comprendre : nous ne sommes pas contre les 30 minutes d?extension du travail.»

Ce qu?ils désapprouvent, c?est plutôt, disent-ils, le «ton» de la circulaire émise le 4 août dernier par le ministère. Celle-ci donnait leurs nouveaux horaires, soit de 8 à 15 heures. Le Movement Book ne serait plus également appliqué.

Les syndicats insistent que c?est le langage utilisé dans cette circulaire qui a déclenché les hostilités. «Elle a créé de la frustration et de la colère parce qu?elle traitait les profs comme des esclaves», s?insurge Suren Dayal. Le fait de déduire les départs avant 15 heures des congés aurait ainsi ranimé la frustration des enseignants.

Les syndicats assurent également que les heures perdues seront rattrapées. «Nous avons fait des élèves les perdants dans cette situation et nous allons rattraper le temps perdu», affirme Krishna Ramana.

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