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Conflit de génération au CEB
Frustrations et revendications? Après les récents exercices de promotion, une sourde colère gronde parmi les techniciens du Central Electricity Board (CEB). En effet, des officiers quinquagénaires n?ont pas pu prendre du galon et ils ont le sentiment d?avoir payé leurs années d?expérience sur l?autel des nouvelles recrues. Des seniors qui ont le blues et qui ont l?impression de tourner en rond.
Mais de son côté, la direction du CEB récuse la thèse de discrimination anti-vieux et explique qu?ils ne possèdent pas les qualifications requises. Et que, dans certains cas, cela peut affecter l?efficience au sein de l?organisation. C?est pourquoi il faut un système de validation des acquis professionnels, rétorquent les autres.
Entre-temps, l?ambiance s?est dégradée et les rumeurs courent dans les couloirs. « On a été plumé avec ces exercices de promotion. Par exemple, j?ai assumé la fonction d?intérim pendant sept ans, mais expliquez-moi pourquoi ma candidature a été rejetée pour ce même poste. Le candidat retenu a la quarantaine et est devenu mon chef. Mais il ne possède que sa qualification sans disposer de véritable expérience », soutient un quinquagénaire officiant dans une agence du CEB dans la région des Plaines-Wilhems.
« On a été lâché et dire qu?il va falloir travailler jusqu?à 65 ans », ironise-t-il.
Au niveau de la direction du CEB, on se défend de privilégier des jeunes bardés de diplômes et on explique avoir traité toutes les promotions avec diligence et indulgence. A défaut de qualification académique, l?expérience de terrain acquise par ces officiers a été prise en compte, assure-t-on. « Quand on a lancé un appel à candidatures, le syndicat a sollicité le Board du CEB pour nous informer que certains officiers n?avaient pas les qualifications requises. Mais qu?ils avaient de l?expérience vu qu?ils avaient occupé les postes par intérim. Nous leur avons donc prêté une oreille attentive. En rabaissant certains critères de qualification, 95 % d?entre eux ont pu être repêchés », explique Patrick Assirvaden, président du CEB.
« L?expérience n?a pas de prix »
Avant d?ajouter que le CEB « ne peut pas se passer de l?expérience de ces officiers. Elle n?a pas de prix. Mais si on a fait preuve de sympathie dans certains cas, on ne pouvait pas rabaisser davantage les critères au risque d?affecter la qualité nos services. »
Pour sa part, le ministre des Services publics n?en démord pas et regrette que les exercices de promotion sont devenus des psychodrames.
« Récemment, on a nominé des Principal Technical Officers. Il y avait cinq postes et on ne pouvait quand même pas nommer dix personnes ! Il n?y a pas de malaise, mais seulement pour ceux qui n?ont pas été nommés », assure Abu Kasenally.
Qu?importe. Explications ou pas, les responsables syndicaux, qui regroupent des jeunes cadres et des seniors, n?en ont pas le c?ur net. « Le drame, c?est que certains de ces officiers non qualifiés ont été embauchés dans les années 70 et ils ont depuis fait carrière. Ils n?ont jamais cru que les critères académiques deviendraient aussi importants et il leur est difficile de rebondir. Mais aujourd?hui, la nouvelle génération de recrues sort de l?université. D?un côté, il y a les anciens qui protestent, et de l?autre, les nouveaux qui possèdent les qualifications et qui évoluent au sein de l?entreprise », analyse Clency Bibi, président de la CEB Staff Union (CEBSA).
Et qu?en pensent les jeunes cadres ?
« C?est vrai que le CEB a une population qui est vieillissante, concède un jeune ingénieur. Mais la technologie évolue à grande vitesse et c?est la nouvelle génération qui a au moins un Higher School Certificate (HSC) qui peut la maîtriser rapidement. Toutefois, pour le bien de l?organisation, il faut un frottement entre les nouveaux et les anciens. On peut beaucoup apprendre de ces derniers et cela va permettre l?émergence de la créativité et de l?innovation. »
« Equivalence entre expérience et qualification »
Toutefois, à en croire, Clency Bibi, le salut pour les anciens se trouve dans la validation des acquis professionnels. « Il faut trouver l?équivalence entre l?expérience et la qualification. Ce sera l?une de nos principales requêtes lorsque nous allons déposer devant le commissaire des salaires dans le cadre des négociations collectives. »
A la Mauritius Qualification Authority (MQA), organisme chargé de valider les acquis professionnels, on souligne la nécessité de mettre rapidement en place un plan national pour la certification. « Toutefois, la validation des acquis n?est pas seulement pour avoir une promotion. C?est un apprentissage à vie », tempère Kaylash Allgoo, directeur de la MQA.
Entre-temps, au CEB, jeunes et vieux cherchent les moyens de combler le fossé entre les générations pour un nouveau partenariat.
LE CEB TRAQUE LES FRAUDEURS
Le CEB met les bouchées doubles pour combattre le vol d?électricité. Ainsi, la Fraud Dectection Squad, une unité censée sévir contre les vols d?électricité, a été créée. Après l?affaire du casino Ti Végas, cette squad poursuit ses descentes des lieux. Et l?action de cette unité sera déterminante lors de leur descente au bâtiment NHDC de Trèfles. « Il se trouve que les meter readers n?ont pas accès à cet immeuble. S?il faut descendre avec les policiers, l?unité le fera », explique un cadre du CEB. Par ailleurs, un système électronique sera incessamment introduit pour détecter les fraudes et limiter les interventions humaines afin d?éviter les ingérences et autres accords tacites. Mais aussi pour « attraper les fraudeurs en flagrant délit », annonce Abu Kasenally, le ministre des Services publics.
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