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Des travailleurs licenciés occupent l?usine «Retreaders»
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Des travailleurs licenciés occupent l?usine «Retreaders»
A la mi-1983, quelque 34 travailleurs licenciés occupent leur entreprise, Retreaders Limited, une usine spécialisée dans le rechapage des pneus usés. Après avoir reçu leur feuille de route, ils refusent de quitter leur lieu de travail et y passent la nuit du 18 au 19 juillet 1983. Leur directeur, R. Antelme, confie à la presse, ne plus pouvoir subir, depuis le 1er juillet 1983, leur grève perlée mais illégale, à son dire, d?où la (vaine) décision de les faire comparaître devant un comité disciplinaire, refus suivi de la feuille de route. Ladite grève veut protester contre l?incapacité de l?usine de payer, à la fin de juin, une gratification que ses employés estiment un droit acquis, en raison d?une tradition antérieure alléguée.Le mardi 19, la Riot Unit expulse les travailleurs licenciés occupant Retreaders. Anerood Jugnauth et son MSM tiennent, ce jour-là, un meeting électoral, à Cité Vallijee, en prévision des législatives du 21 août 1983. Il en profite pour menacer de licenciement des dockers voulant faire grève dans le port. Il n?en faut pas plus pour que le MMM hurle au «fascisme gouvernemental à l??uvre». Les travailleurs licenciés de Retreaders sont réduits à faire du sit-in dans le kiosque municipal donc mauve de Cité Vallijee. Dans le port, les aspirants grévistes préfèrent regagner la table des négociations. Un coup de têtu est si vite arrivé ! Avant-goût de ce qui se passera après une éventuelle victoire MSM/PT-PMSD, ne croit pas si bien prédire Le Militant. La presse MSM tente d?atténuer les effets secondaires, en prétendant que la police intervient à l?usine occupée par Retreaders, «à l?insu du plein gré» de Jugnauth. Jack Bizlall dément ce dernier quand il allègue avoir appris par la presse cette intervention de la Riot Unit. Il affirme avoir sollicité l?intervention du Premier ministre avant l?opération policière avant que celle-ci ait lieu. Par téléphone, le dirigeant syndicaliste lui exprime sa désapprobation car les travailleurs occupant Retreaders veulent sauvegarder leur outil de travail. Mo pou faire ça ki bizoin, lui promet Jugnauth. Qu?on ne parle surtout pas, ici, d?ingérence ministérielle. L?histoire est assez compliquée par elle-même. On connaît la suite. Bizlall s?en va chez Retreaders. Il obtient du surintendant Parfait qu?il s?assure auprès des Casernes centrales qu?il n?y a pas contrordre provenant du Bureau du PM. Après de multiples pourparlers, la police obtient l?assurance que le PMO (qui n?est pas encore logé au Trésor) désire qu?elle aille de l?avant avec l?expulsion manu militari des travailleurs occupant l?usine Retreaders. Les casernes centrales n?ont rien à refuser à l?Hôtel du gouvernement.
Le 25 juillet 1983, l?express publie une lettre de M. R. Antelme, dans laquelle il fait ressortir que le contrat professionnel, liant Retreaders aux employés licenciés, prévoit que la gratification de juin dépend de la profitabilité annuelle de l?entreprise. Un boni de productivité entre en vigueur en 1981. En 1982-83, Retreaders accuse des pertes. De juillet 1982 à avril 1983, le boni de productivité payé représente en moyenne deux mois de salaire, en plus de la gratification de décembre 1982. Les derniers dividendes déclarés remontent à 1979.
En juin 1983, des travailleurs syndiqués réclament la gratification de juin. La direction prétexte la situation financière déficitaire pour faire part de son incapacité de la payer. Les ouvriers et Jack Bizlall rejettent l?explication patronale et déclarent le bonus dû car inconditionnel et devenu un droit acquis. La direction propose l?arbitrage de la Cour industrielle. Bizlall et les syndicats quittent la table des négociations. A partir du 1er juillet, des ouvriers ralentissent délibérément la productivité de l?usine. Convoqué par le ministère du Travail le 8, la direction réitère sa proposition de référer le litige au Tribunal industriel. Nouveau refus ouvrier et syndical. Des employés sont convoqués devant un comité disciplinaire, fixé au 15 juillet. Ils refusent de comparaître. Le comité disciplinaire se réunit quand même, entend 9 ouvriers et prennent note de leurs explications. Le 18, le conseil d?administration prend acte de l?illégalité de la grève perlée et licencie 34 travailleurs. A 16 heures, ce jour-là, des ouvriers licenciés occupent l?usine. La police en est informée. Elle prend position dans et autour de l?usine.
Le 27, la presse donne la parole à Roland Marie, président syndical et un des occupants de Retreaders. Le même jour, Anerood Jugnauth dément les propos de Jack Bizlall, insinue que son intervention auprès de la police est postérieure à l?opération évacuation, l?accuse d?induire en erreur les travailleurs et de faire le jeu des partis, politisant l?affaire Retreaders. Bizlall travaillant pour... Bérenger ! Sacré Anerood va ! Arrête faire nous riyé !
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