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Intégration régionale version SADC
Ainsi la Communauté de développement des pays de l?Afrique australe (SADC) se prépare à lancer officiellement, ce week-end lors du sommet sud-africain, sa zone de libre-échange.
Cette zone dédiée au commerce régional, longtemps promise, est sur papier un évènement de taille : elle marque l?ouverture d?un marché régional d?une valeur de plus de $ 350 milliards comptant une population de quelque 170 millions d?habitants. Concrètement, cela signifie qu?il y aura davantage d?opportunités pour les affaires; le volume d?importations et d?exportations sera appelé à croître de manière significative. On devrait s?attendre à une hausse de
l?investissement étranger, avec des joint-ventures et les autres possibilités que laisse entrevoir une zone de cette envergure. Le potentiel, en soi, est énorme.
Sur son nouveau site web, lancé pour accompagner la naissance de la zone de libre-échange, la SADC fait sa promotion : «A Free Trade Area is created when a group of countries eliminate tariffs and non tariff barriers on substantially all trade amongst them. Each member state maintains its own tariff on non members (...) A Free Trade Area is a first step towards deeper regional integration.»
Toutefois, la situation dans la région, avec la crise zimbabwéenne, n?est guère propice. Mais au-delà de l?instabilité politique qui secoue trop souvent encore notre région, il y a l?aspect de la multiple appartenance qui demeure. L?Union africaine, qui n?arrive pas toujours à s?exprimer d?une voix commune, a en son sein de nombreux blocs commerciaux qui se superposent.
A l?aune du libre-échange, visant à encourager la croissance et réduire la pauvreté dans les pays membres, il devient contre-productif d?appartenir à deux unions douanières, par exemple la SADC et le Marché commun d?Afrique orientale et australe (COMESA). Les termes des règlements de l?Organisation mondiale du commerce sont clairs : aucun pays ne peut appartenir à plus d?une union douanière. Or, avec leurs convergences, au niveau de la coopération sectorielle et de l?intégration commerciale, la SADC et le COMESA sont de facto des institutions rivales.
Outre Maurice et Madagascar, cinq autres membres de la SADC, notamment le Malawi, le Swaziland, la République démocratique du Congo, la Zambie et le Zimbabwe sont également membres du COMESA. Seul le Mozambique, qui a choisi d?abandonner le COMESA en 1998, a compris qu?il était plus harmonieux et moins confus d?appartenir à un seul bloc.
«Certains pensent qu?on tire davantage de bénéfices en appartenant à deux ou plusieurs blocs régionaux au lieu d?un seul. Ce n?est pas vrai. Les pays doivent trancher et les choix ne sont pas toujours évidents. Mais on ne peut plus renvoyer ad infinitum...», expliquait récemment Thomas Salomao, secrétaire exécutif de la SADC. La raison pour laquelle l?intégration régionale ne se déroule pas aussi vite que souhaitée en Afrique australe est liée au problème de la double affiliation.
«Il n?y a rien qui puisse arrêter le lancement de la zone de libre échange prévue en août 2008, mais la question douanière constitue un volet totalement différent», martèle la SADC, qui ?uvre pour la réalisation, d?ici 2010, d?un regroupement d?unions douanières.
Ceux qui pensent que le COMESA et la SADC, comme institutions rivales, risquent de faire plus de mal que de bien au développement de l?Afrique australe et de la zone océan Indien, plaident pour une fusion des deux instances au sein de l?Union africaine.
Mais ça c?est une autre histoire, commençons par voir comment fonctionne, dans la réalité, la zone de la SADC...
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