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MT : «Devons-nous être mis au banc des accusés? ?»
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MT : «Devons-nous être mis au banc des accusés? ?»
En référence à l?article «Nouvelles Technologies» et l?encadré «Le passage à Orange» parus dans votre édition du vendredi 8 août 2008, nous vous saurions gré de bien vouloir publier, dans votre prochaine édition ce qui suit ?
<B>Votre article
- Votre texte : </B>
«Mise à part la téléphonie mobile, Mauritius Telecom règne toujours sur le secteur (?) Si on mesure la force de MT aujourd?hui c?est vrai de dire que nous n?avons pas réussi à aller vers ce qu?on souhaitait faire c?est-à-dire avoir une compétition saine qui met tout le monde sur un pied d?égalité.»
Plus loin : «?la vraie libéralisation n?a pas vraiment démarré.»
<B>Notre commentaire : </B>
Nous regrettons de ne pouvoir être d?accord avec vos propos. La libéralisation est en fait totale et réelle depuis 2003 avec l?amendement de la loi sur les télécommunications.
A ce jour, Mauritius Telecom n?a aucun monopole sur la fourniture de services de télécommunications au public. Tout fournisseur détenant une licence peut fournir n?importe quel service offert par Mauritius Telecom. Effectivement, d?autres opérateurs offrent, tout comme Mauritius Telecom, des services de téléphonie fixe, la téléphonie mobile et l?internet.
Votre article constate qu?en dépit de la libéralisation, Mauritius Telecom (ou ses filiales) demeure le fournisseur préféré de téléphonie fixe, mobile et d?Internet du consommateur mauricien. Devons-nous être mis au banc des accusés pour cela ?
Mauritius Telecom et ses filiales offrent des services dans la même fourchette de prix que ses compétiteurs en téléphonie fixe, mobile et pour l?internet. Le secteur étant fortement régulé, tous les tarifs que pratiquent MT et ses filiales sont pré-approuvées par le régulateur. Tout changement du tarif approuvé (hausse ou baisse) requiert l?aval du régulateur. Ce dernier ne permet pas à MT de vendre ses services à moins cher que ses compétiteurs.
MT a toujours tenu ses promesses envers ses clients, ce qui explique sans doute que ces derniers lui demeurent fidèles. Si le consommateur préfère MT, il ne s?agit pas d?une faille dans les rouages de la libéralisation mais bien d?un choix. Vous n?êtes pas sans savoir que ce choix ne s?effectue pas seulement en fonction du prix mais également en fonction d?un ensemble de facteurs dont la qualité de service et la confiance.
Par ailleurs, MT a investi massivement dans les infrastructures de télécommunications (presque Rs 2 milliards durant ces deux dernières années) ce qui lui permet de commercialiser des offres innovantes avec une bonne qualité de service. Cet investissement a eu un impact majeur sur le développement économique du pays.
<B>2. Votre texte</B>
«MT, seul opérateur à vendre l?ADSL, pratique donc les tarifs qu?il souhaite. Du coup, l?internet mauricien demeure excessivement cher et particulièrement lent par rapport aux prix dans les pays développés.»
<B>Notre Commentaire : </B>
Telecom Plus, filiale de MT, n?est pas le seul à offrir l?ADSL. Dans un secteur fortement régulé, Telecom Plus ne saurait pratiquer le prix qu?il souhaite. Nous répétons ce que nous avons dit plus haut : tous les tarifs que pratiquent MT et ses filiales sont validés par le régulateur et tout changement (baisse ou hausse) doit être approuvé.
MT fournit aussi l?ADSL à un prix wholesale à d?autres Fournisseurs d?Accès à l?Internet (FAI) qui sont des compétiteurs de Telecom Plus. Ce prix wholesale étant également régulé, MT ne peut pratiquer «le tarif qu?il souhaite.»
La libéralisation a permis à d?autres opérateurs de fournir l?accès à travers d?autres technologies, le WIFI et le WIMAX notamment pour concurrencer l?ADSL.
Le succès d?un FAI sur le marché ne dépend pas seulement du prix d?achat wholesale mais aussi de plusieurs autres facteurs, notamment le choix de technologie, l?investissement, le business plan et la qualité de service.
<B>3. Votre texte : </B>
«Il y a définitivement un abus de position dominante dans le secteur des télécommunications. Que MT soit en position dominante, c?est assez normal. D?autres pays le vivent, mais il ne faut pas qu?il y ait un abus.»
<B>Notre commentaire : </B>
Nous ne pouvons que nous interroger : À quel «abus» faites-vous allusion ?
L?abus de position dominante est une pratique définie par la loi. Elle est spécifique et doit être démontrée. Elle ne se présume pas. Nous considérons cette allégation comme étant gratuite, dénuée de tout fondement et préjudiciable à Mauritius Telecom.
<B>Votre encadré
- Votre texte : </B>
«Pour pouvoir utiliser le nom et le sigle «Orange», MT doit débourser plusieurs dizaines de millions annuellement? Les termes de l?accord n?ont cependant pas été dévoilés.»
<B>Notre commentaire :</B>
Ce point est souvent repris par l?express malgré notre communiqué de presse émis le 27 mars 2008 et publié dans votre journal.
<B>5. Votre texte : </B>
«? en sus d?acheter les services et du matériel auprès de l?opérateur français.»
<B>Notre commentaire : </B>
MT n?est contrainte d?acheter aucun service ou matériel de quelque fournisseur que ce soit. Les achats effectués par MT se font par des appels d?offres internationaux à la suite desquels sont sélectionnés les meilleurs fournisseurs.
<B>6. Votre texte : </B>
«L?année dernière, MT a réorganisé en profondeur ses structures. Actuellement, selon le site officiel de MT, le conseil d?administration est composé de huit directeurs : quatre sont Français et quatre, dont le président Dass Thomas, sont Mauriciens.»
<B>Notre commentaire : </B>
La réorganisation des structures de MT complétée en 2007 concerne le management et non le conseil d?administration. Comme par le passé et comme stipulé par le Shareholders Agreement de 2000, le Conseil d?administration est composé de cinq membres nommés par le gouvernement de Maurice et quatre membres nommés par France Télécom.
<B>Conclusion : </B>
Les bons résultats financiers de Mauritius Telecom chaque année, lui ont permis d?investir 15 % à 20 % de son chiffre d?affaires afin de maintenir un niveau technologique comparable à celui des pays développés et répondre aux besoins de Maurice dans sa stratégie de développement. Malgré les augmentations des entrants et des coûts opérationnels, MT a continuellement baissé ses tarifs. Par exemple, le prix d?un IPLC (International Private Leased Circuit) Full Circuit de 2 Mbps Maurice-Paris avec restauration est passé de USD 12 600 en 2003 à USD 6 300 fin 2007, ce qui a aidé à la croissance du secteur des Tics à Maurice.
Avec nos respectueuses salutations.
<B>L.Georges DELPHINE</B> Responsable de la Communication et des RP
Notre réponse... </B>
1. </B> MT commente ici le constat et les sentiments exprimés respectivement par l?ancien président de l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA), Ashok Radhakissoon ? celui-là même qui a piloté la libéralisation des télécommunications dès le début ? et Jayen Chellum, secrétaire-général de l?Association des consommateurs de l?île Maurice. MT souligne ne détenir «aucun monopole sur la fourniture des services de télécommunications au public». Selon la loi, «une situation de monopole existera en relation avec des services et produits lorsque (a) 30 % ou plus de ces services ou produits sont offerts, (?), par une seule entreprise ». Voici les parts de marché de MT et ses filiales : téléphonie fixe 90 %. Internet : 50 %. ADSL : 80 %. Téléphonie mobile : 60 %. Bande passante internationale via le SAFE : 100 %. Téléphonie internationale : 40 %. Selon la définition du Competition Bill (2007), MT serait donc en situation de monopole sur chacun de ces segments.
2. </B> «Tous les tarifs que pratiquent MT et ses filiales sont validés par le régulateur et tout changement doit êtreapprouvé»,dit-on chez MT. Sauf qu?avant qu?un tarif soit validé par l?opérateur, celui-ci doit être soumis au régulateur. Celui-ci ne peut de son propre chef décider des tarifs pratiqués. Donc oui, dans ce sens, MT pratique les tarifs qu?il souhaite, comme nous l?affirmions.
3. </B> MT commente la citation de Ganesh Ramalingum, directeur exécutif de Data Communications Ltd. qui a évoqué un «un abus de position dominante dans le secteur des télécommunications». Rappelons seulement qu?en 2004, l?ICTA Appeals Tribunal a indiqué dans un jugement émis en 2004 (City Call v ICTA) que MT évolue dans une situation d?opérateur dominant. De plus, l?ICTA a recommandé officiellement au gouvernement, il y a deux ans, que celui-ci amende la loi afin que MT soit reconnu légalement comme opérateur dominant. Une fois ce statut conféré, le régulateur pourrait intervenir pour exiger des baisses s?il estime que des tarifs sont trop élevés de manière injustifiée.
4. </B> Commentant l?encadré dans l?article de l?express sur ce que débourse MT pour utiliser le sigle Orange, la compagnie brandit son communiqué en guise d?explications. Dans ce communiqué du 27 mars, MT se contente de dire que les coûts associés aux licences «Orange» «ne représentent en aucun cas 3 % du chiffre d?affaires de MT, ni 3 % du chiffre d?affaires de l?une ou de l?autre des filiales concernées». Nous maintenons que les termes de l?accord entre les filiales Internet et mobile de MT et Orange sont toujours inconnus.
5. </B>MT achète du matériel et des services d?Orange. C?est un fait. Nous écrivions : «pour pouvoir utiliser le nom et le sigle Orange, MT se voit dans l?obligation de débourser plusieurs dizaines de millions annuellement en sus d?acheter des services et du matériel auprès de l?opérateur français.» A nos yeux, nous n?avons pas écrit que c?était une contrainte.
6. </B> http://www.mauritiustelecom.com/about_us/board_of_directors.htm. A hier soir, le site officiel de MT indiquait que son conseil d?administration compte huit membres et pas neuf. Parmi, quatre nommés par France Télécom et quatre par le gouvernement mauricien. Il n?est nullement spécifié sur ce site que le conseil d?administration est ainsi composé de manière temporaire.
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