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Job Textiles et Palmira : la douleur des ouvriers

14 août 2008, 00:00

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La tristesse se lisait, hier, sur les visages des ouvriers licenciés de Job Textiles Ltd et de Palmira Ltd. Ils s?étaient réunis pour une manifestation pacifique devant l?Hôtel du gouvernement.

Ces ouvriers, qui ont perdu leur emploi après la fermeture de ces deux usines pour cause de difficultés financières, ont bravé le soleil de plomb pour venir demander au gouvernement d?intervenir en leur faveur.

Ils veulent que leur soit payée une allocation, en attendant qu?ils obtiennent les indemnités de licenciement qui leur sont dues depuis le mois dernier. Les deux usines mettaient alors la clef sous la porte... Ces ouvriers, dont la plupart a déjà passé la quarantaine, éprouvent bien des difficultés à trouver un emploi.

<B>«Ran nu kas»</B>

Kiran Seewoosaha, 43 ans, comptait 22 ans de service chez Job Textiles. Il ne sait plus à quel saint se vouer. «Partout où je passe, on me dit que je suis trop vieux pour être réembauché. Je ne sais plus comment faire pour nourrir ma famille, d?autant plus que j?ai une fille en Lower VI et une autre encore à l?école primaire», explique ce père de famille. Une aide du gouvernement lui permettrait de joindre les deux bouts, pense-t-il. Pour l?heure, il doit trouver de petits travaux chez des proches pour subvenir aux besoins de sa famille.

Kantee Jawaheer, autre habitante de Cottage, dit qu?elle éprouve aussi des difficultés à trouver un autre emploi en raison de son âge. Elle n?a reçu qu?une partie de son dernier salaire, dit-elle. D?autres ouvriers disent qu?ils sont seuls, qu?ils n?ont pas un conjoint pour les soutenir financièrement en cette période difficile.

Comme Kiran Seewoosaha et Kantee Jawaheer, ils étaient environ 200 licenciés à manifester devant l?Hôtel du gouvernement, avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Zot dansé pou montagne ici le pep pe souffert», ou encore «Ran nu kas».

Fayzall Ally-Beegun, leur négociateur, les a rejoints devant l?Hôtel du gouvernement. Il a déposé une lettre au bureau du Premier ministre au nom de la Textile Manufacturing and Allied Industrial Workers Union. Avec le président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, il écrit qu?ils souhaitent savoir si les anciens directeurs de Job Textiles et de Palmira ont l?intention de rembourser les Rs 40 millions qui auraient été détournées des deux entreprises.

Cette somme, disent-ils, aurait pu être utilisée pour compenser les quelque 350 ouvriers des deux usines. Ils suggèrent, qu?en l?absence d?indemnités de licenciement, les licenciés puissent obtenir une allocation de Rs 6 000, comme l?avait proposé, en 2005, l?ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

Ils déclarent également, dans ce même courrier, que le receiver- manager des deux usines, Raj Gangoosirdar, a déjà consigné une déposition à la police et à l?Independent Commission against Corruption à propos du détournement allégué. Les deux syndicalistes écrivent aussi que ce n?est pas la première fois que des directeurs d?usine laissent des licenciés sans indemnité. Il est temps, disent-ils, que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, use de ses prérogatives pour faire amender l?Export Processing Zone Act pour obliger les directeurs d?entreprises à indemniser les travailleurs.

Le ministère du Travail et des Relations industrielles a prévu, de son côté, de rencontrer les licenciés jeudi prochain pour faire part des derniers développements dans cette affaire.

D?autre part, le receiver-manager, accompagné de son homme de loi, Veda Balamoody, s?est rendu récemment à Madagascar en vue d?entamer des actions légales contre le directeur de BG Textiles Ltd qui aurait reçu les Rs 40 millions. Ils craignent que la somme n?ait été détournée au profit d?une autre entreprise dirigée par les anciens directeurs de Job Textiles Ltd et de Palmira Ltd.

Au cours de son séjour, le receiver-manager a pris contact avec le bureau du directeur de la répression de la délinquance financière à Madagascar.

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