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Limites
Par Nico PANOU</B>
Le «Cash Reserve Ratio» (CRR) a été le recours du gouverneur de la Banque de Maurice pour contrôler la poussée inflationniste. Nul ne pouvant présager de l?ampleur du phénomène de l?inflation au 29 septembre, date à laquelle la prochaine réunion du «Monetary Policy Committee» (MPC) aura lieu, Rundheersing Bheenick a jugé sage de tenter le coup du CRR. Bien que nous saluions cette décision et la bonne volonté qui anime le gouverneur, des doutes subsistent cependant. L?efficacité de cette mesure sur la hausse générale des prix, dans le contexte actuel, est incertaine. Ce doute relève du fait que la plupart des banques sont en situation de liquidité excessive. Ce trop-plein d?argent comptant les incite à accorder des crédits, à tour de bras, à leurs clients, dans le but de rentabiliser leurs dépôts.
Etant donné qu?une bonne partie des prêts accordés n?est pas orientée vers des activités productives, il en résulte une création monétaire. En effet, les crédits octroyés servent, dans certains cas, à renforcer la consommation, plutôt que d?encourager des investissements dans des projets à valeur ajoutée. Cette situation contribue, de façon certaine, à alimenter l?inflation.
Réduire de façon consistante cette masse monétaire en circulation ne peut se faire qu?avec une augmentation substantielle du CRR.
Avec un accroissement de 2 %, seulement du «Cash Reserve Ratio», les banques commerciales ont encore des coudées franches, pour poursuivre leurs opérations de création monétaire. Avec une augmentation aussi insignifiante, l?impact ressenti est minime. Tant que cela ne leur coûtera presque rien, leurs excédents en liquidités serviront à financer, avec profusion, les dépenses de consommation. Un CRR au-dessus de 8 % permettrait, peut-être, de renverser la tendance. On souhaite que de la prochaine réunion du MPC viennne la décision judicieuse qui permettrait de rabaisser le niveau général des prix. La passe du CRR, on le craint, montre déjà ses limites.
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