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«Bank One aspire à la conquête de la région»

13 août 2008, 00:00

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● <B> Le groupe CIEL et I&M Bank détiennent exactement 50 % d?actions chacun dans le capital de «Bank One». Cela implique que toutes les décisions devront être prises à l?unanimité. Comment comptez-vous gérer des situations de divergence ? </B>

Nous avons pensé à cette éventualité. Peut-être que dans la pratique, des difficultés peuvent surgir. Mais depuis cinq mois que nous travaillons ensemble, tout se passe bien. Des dispositions sont prises pour que la plupart des décisions soient laissées à la discrétion de l?équipe dirigeante. Par contre, pour le reste, on demande un consensus entre les deux partenaires. La synchronisation d?idées et de vision est parfaite. Ils entendent, ensemble, ?uvrer pour que Bank One devienne une banque régionale.

● <B>Les anciens employés pourraient être affectés par des bouleversements d?ordre salarial ?</B>

La première démarche de la direction, lorsqu?elle a pris le contrôle, a été de procéder à une augmentation substantielle des salaires, qui étaient bloqués depuis sept ans. En outre, il y avait une catégorie d?employés, qui étaient considérés jusque-là comme des intérimaires, et qui n?avaient aucun statut officiel. Nous avons remédié à cette situation et tous ces gens ont reçu un bon Salary Package. Nous avons recruté des jeunes, très talentueux, venant du milieu bancaire. Cela nous a permis de monter une équipe de top management. Nous avons associé tout le personnel autour de l?objectif commun de la banque : ?uvrer pour la satisfaction totale du client. Tout le monde a adhéré à cette philosophie de l?entreprise.

● <B>Ne risquez-vous pas aussi d?augmenter exagérément vos charges salariales ? </B>

Cette augmentation salariale a été bien étudiée. Sans un personnel motivé, nous risquons de ne pas sortir la banque de l?embarras. Elles ont créé des charges additionnelles, c?est exact. Mais tout bien pesé, c?est un bon investissement qui portera des fruits.

● <B> La «First City Bank» (FCB) vous a légué des créances douteuses. Qu?en est-il ? </B>

Le volume des créances douteuses était effectivement élevé en février. Mais des provisions pour créances douteuses avaient été également faites par l?ancienne direction de la FCB. Mais depuis février, nous avons pu recouvrer plus de 15 % de la valeur nominale de ces créances. Et nous espérons que d?ici la fin de l?année, nous encaisserons encore presque autant, dans une atmosphère de compromis et non d?affrontements.

● <B> Compte tenu des pertes enregistrées l?année dernière par la FCB, est-il question d?augmenter le capital de Bank One ? </B>

Le capital de Bank One est passé, le 30 juin, de Rs 200 millions à Rs 441 millions. Au vu de l?expansion de la banque ces derniers mois, le volume des prêts a été augmenté de plus de 50 %. Cette croissance rapide appelle un nouvel apport en capital, pour décembre.

● <B>L?augmentation de 2 % du pourcentage de liquidités des banques commerciales auprès de la Banque de Maurice, vous affecte-t-elle ? </B>

Cette augmentation du Cash Reserve Ratio (CRR) de 4 à 6 % réduit les ressources disponibles auprès des banques. Cette décision vise à diminuer le volume de liquidités dans le circuit monétaire et à contrôler l?inflation. Mais nous, à Bank One, nous opérions déjà avec un CRR de plus de 6 %. Une partie des dépôts de la banque étant demeurée stable. Ainsi, sur quatre milliards de roupies de dépôts, seules Rs 1,8 milliard ont fait l?objet de prêts. Aujourd?hui, nos dépôts avoisinent cinq milliards de roupies, pour trois milliards de prêts accordés. En d?autres mots, nos ressources disponibles sont énormes. Mais j?espère que cette décision de la banque centrale sera temporaire, car ailleurs, le CRR est un instrument qui n?est plus tellement en vogue. Les banquiers sont en mesure de gérer eux-mêmes les risques qu?ils encourent. Cependant, la Banque de Maurice a le devoir de superviser l?exercice de la gestion des risques. Mais elle doit intervenir plutôt en tant que superviseur que régulateur dans la gestion des risques.

● <B> Quel message «Bank One», à travers sa nouvelle identité, a voulu transmettre au public ? </B>

La First City Bank a connu un parcours jalonné de difficultés, surtout au plan international. En changeant de nom, nous avons voulu nous désengager de ce passé, créer une identité internationale, tout en portant une dénomination connue au niveau local. Bank One appartient à deux partenaires : le groupe CIEL et I&M qui est notre partenaire international. Il nous fallait choisir un brand international, qui accroche, qui est facile à retenir, simple, et avec lequel on s?identifie rapidement. On a choisi le nom de Bank One, après des recherches. Ce nom doit aussi donner un message sur le positionnement de la banque dans la région. Aux parties prenantes, il véhicule le signal que nous sommes prêts pour, graduellement, devenir les meilleurs, la banque numéro un de la région. Certains peuvent penser que c?est présomptueux. Mais pour nous, c?est une vision. Et je voudrais profiter de cette opportunité pour rappeler à notre clientèle, nos collaborateurs et toutes les parties prenantes, que cette fois-ci, Bank One est bâtie pour durer.

Propos recueillis par <B>Nico PANOU</B>

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