Publicité
Un 3e trésor mauricien ne veut pas de Dieuleveult
Par
Partager cet article
Un 3e trésor mauricien ne veut pas de Dieuleveult
Avant le jeu télévisé, la Carte aux Trésors, nous eûmes droit à la Chasse aux Trésors qu?animait l?inoubliable Philippe de Dieleveult. Il devait disparaître tragiquement, le 6 août 1985, avec ses six coéquipiers de l?expédition Africa Raft, en pleine descente du fleuve Zaïre, au Congo. Né en 1951, cet animateur hors pair, n?hésitant jamais à payer de sa personne, a donné ses lettres de noblesse à ce jeu télévisé, à mi-chemin entre le suspense et le spectacle. La fougue avec laquelle il se mettait en quête des trésors programmés, son savoir-faire et sa débrouillardise légendaire, en faisaient un des personnages préférés des téléspectateurs, un des animateurs les plus attachants de la télévision française.
A la mi-1983, il vient à Maurice pour réaliser une de ses fameuses émissions. En la circonstance, il lui faut retrouver (i) un tonnelet rempli de piastres sonnantes et trébuchantes, (ii) un dodo à l?abri parmi les... Victoria et (iii) une caisse de pistolets. Il est, bien sûr, accompagné de son cameraman, Jean Yves Le Méner et du porteur de vidéo, Bruno Delatre. Ils doivent sillonner le nord de l?île pour retrouver ces trois trésors cachés, en espérant trouver assez de bons Samaritains, au sein de la population mauricienne, pour leur indiquer où, historiquement parlant, peuvent se cacher de pareils trésors. La police, toujours très serviable, met à leur disposition son unique hélicoptère Chetak que pilote le commandant Ravin Manohur. Dieuleveult ne dispose que de trois quarts d?heure pour trouver ces trois trésors. Il doit agir conformément aux consignes que lui donnent, de... Paris, deux candidats belges, Bernard et Michèle.
Le jeu commence à onze heures tapantes, le samedi 23 juillet 1983, à Forbach qui n?abrite encore aucun Espace Maison ou Jardin. Dieuleveult fait son apparition à l?écran. Il est tout simplement aux commandes d?une ramasseuse de cannes Bell. On lui communique la première énigme : «Seul parmi les survivants à sauver un tonnelet de piastres, prenant le cap 60 à partir de la plus petite des plages, j?allais le cacher près d?un point d?eau douce. Quant à Virginie, elle avait disparue...» Si vous ne savez où diriger vos pas, sachez que Dieuleveult, guidé par ses amis belges sont déjà en route en direction de la Poudre d?Or. Ils ont flairé que l?énigme pouvait avoir trait au naufrage du Saint-Géran et à la noyade de la chère Virginie. De Poudre d?Or, Dieuleveult fait le saut jusqu?à l?île d?Ambre. Il traverse le bras de mer en ayant de l?eau jusqu?à la ceinture. Sur la plus petite des plages, il met le cap 60 qui le dirige vers une source où il trouve sans grande difficulté le tonnelet rempli de piastres.
A Paris, Bernard et Michèle ne disposent plus, quand même, que de 27 minutes pour trouver les deux autres trésors. La 2e énigme parle « d?un dodo flottant parmi les... Vctoria. Il s?agit d?un spectacle ayant ravi Pierre Poivre». Du coup, nous nageons en plein anachronisme. Bernard et Michèle ont entièrement raison de diriger Dieuleveult vers le jardin des Pamplemousses où dans le bassin aux nénuphars, les Victoria amazonica, il retrouve sans peine un dodo flottant. Ce spectacle n?a pourtant pas pu ravir l?estimé Pierre Poivre car cette plante est découverte seulement, en 1801, par Bonplan et étudiée en 1837, l?année de l?avènement de la reine Victoria sur le trône du Royaume Uni, par Sir Robert Schomburgh, en train de remonter le Berbice, en Guyane anglaise. Charles A. O?Connor l?introduit à Maurice à la fin des années 1930. Les nénuphars Victoria du jardin botanique des Pamplemousses n?ont donc pas pu ravir Pierre Poivre.
Reste le 3e trésor : «Le 20 septembre 1774, donnons le premier coup de rame pour rejoindre le barachois, lorsque survient la terrible explosion... Une caisse de pistolets coule à l?entrée du tunnel.» Direction correcte du barachois de Balaclava, au pied des ruines de l?arsenal français. Dieuleveult traverse un autre bras de mer, cette fois-ci à bord d?une pirogue de pêcheur. Il découvre l?entrée du tunnel et même la caisse aux pistolets enfouie dans la vase. Le gong impitoyable a cependant déjà annoncé la fin de l?épreuve. Il lui manque seulement quelques minutes pour sauver la mise. Ce n?est que partie remise. Il ne lui reste plus qu?à mettre le cap sur les Seychelles, pour une nouvelle quête.
Parmi les techniciens mauriciens ayant assuré la demi-réussite de cette chasse aux trésors, on retrouve le pilote d?Air Mauritius, Dominique Paturau, Mlle Suzy Edouard et Mme Somdath Bhuckory de la MGTO (l?ancêtre de la MTPA), Ramnauth, chauffeur de cet organisme.
Publicité
Publicité
Les plus récents