Publicité

Rama Sithanen : «Nous ne pouvons pas protéger indéfiniment nos entreprises»

11 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Dans le contexte d?une économie qui se globalise, vous ne pouvez pas rechercher l?accès aux marchés des autres pays tout en voulant protéger le vôtre. Vous devez plutôt accroître votre productivité, afin de conquérir les marchés régionaux.» Le ministre des Finances, Rama Sithanen, s?adressait, en ces termes, aux membres de The Federation Business Chambers of Mauritius, ce samedi à Quatre-Bornes. The Federation Business Chambers of Mauritius comprend The Chinese Business Chamber, The Hindu Business Chamber, The Tamil Chambers of Commerce & Professionals Mauritius, The Creole Business Chamber et enfin, The Marathi Chamber of Commerce & Professionals.

Réunis au Gold Crest Hotel, les membres de cette fédération ont voulu réfléchir aux perspectives offertes aux hommes d?affaires, au lendemain du vote du nouveau budget du ministre des Finances. La plupart des responsables d?entreprise, notamment des petites et moyennes entreprises (PME), s?inquiètent des conséquences, sur leurs activités, de l?ouverture du marché mauricien aux produits concurrents.

«Maurice a prospéré sur le plan économique grâce à la globalisation. Elle lui a permis de s?ouvrir au reste du monde, en termes de talents, de savoir-faire, de ressources humaines, d?investissements, de technologies. Tenter de fermer nos frontières n?est pas la solution», a souligné Rama Sithanen.

Tôt ou tard, le système protectionniste est appelé à disparaître, a-t-il martelé : «Nous sommes conscients que nous allons entrer en compétition avec le reste du monde. Ce dont nous avons tous besoin, c?est précisément d?un traitement différent en termes de délai d?ajustement et de mesures d?accompagnement. Ainsi, nous pourrions accroître notre productivité, affiner notre compétitivité, et acquérir des parts de marché».

Le ministre des Finances a rappelé qu?au sein des pays de la Southern African Development Community, il sera question, dans un délai de deux ans, d?une union douanière. Idem pour le marché des pays membres du Common Market for Eastern and Southern Africa.

Création de synergies

La baisse des tarifs douaniers et le démantèlement des barrières non tarifaires sont les corollaires de l?instauration d?une zone de libre-échange, estime le grand argentier. Malgré ces difficultés, les opportunités existent, affirme-t-il. «Les opportunités ne manquent pas. Mais elles doivent être saisies par les PME. Vous devez créer des synergies afin d?être plus compétitifs.»

Le président de la Development Bank of Mauritius, Chandan Jankee, s?interroge, quant à lui, sur les raisons de l?échec de plusieurs entreprises locales. Il se demande aussi pourquoi les richesses sont concentrées dans les mains de quelques personnes seulement. Il ne s?explique pas toutes ces faillites, alors qu?au niveau macroéconomique, le taux de croissance est de plus en plus élevé.

Il estime que le niveau élevé des salaires à Maurice serait à la base de la faible compétitivité des entreprises. «Plutôt que d?opter pour l?augmentation des salaires, l?Etat devrait plutôt se focaliser sur le développement des services publics sociaux. Cela permettra d?améliorer la qualité de vie de la population», explique Chandan Jankee.

Krishnalall Coonjan, président du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), ajoute : «le NPCC n?a cessé de tirer la sonnette d?alarme. Le développement économique durable ne peut être atteint qu?à travers une forte productivité à tous les niveaux».

Publicité