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Les combinards

10 août 2008, 20:00

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Des mafiosi de tout acabit se sont donné la main pour faire partir le directeur des douanes, Bert Cunningham. Pendant longtemps, ce dernier a résisté. Mais finalement un déchaînement d?animosité à son encontre a eu raison de son courage. Il a été contraint de démissionner. Son départ réjouit toute une frange pourrie de la société. Tant les brebis galeuses de la douane que les contrebandiers et les commerçants véreux espèrent profiter de sa révocation.

Une question continue toutefois à tarauder les esprits. Elle concerne les motivations de ses supérieurs et des responsables politiques. Qu?espéraient-ils obtenir en poussant le directeur des douanes, un homme intègre et efficace, vers la sortie ? Personne ne le sait avec précision, mais Bert Cunningham avance une explication dans une interview accordée à l?hebdomadaire «Week-end». « A web of mafia is operating at the very senior government level » allègue-t-il.

La seule certitude, c?est qu?il s?est mis à dos des membres de la direction de la MRA parce qu?il possède, lui, une culture de résultats. Il s'accommode mal de la démarche procédurière des fonctionnaires et préfère le style direct et sans fioriture pour s?adresser à ses supérieurs. Il exprimait ouvertement sa déception devant l?absence d?actions concrètes contre les douaniers corrompus tandis que les dossiers à charge s?accumulaient au bureau de la MRA et au Parquet. Tout cela n?a pas plu à ses collaborateurs qui, au bout du compte, se sont servis d?un prétexte pour le harceler.

Le reproche fait à Bert Cunningham est d?un ridicule consommé. Au retour d?un voyage en décembre dernier, il aurait fait une fausse déclaration à la douane et aurait bénéficié, de ce fait, d?une exemption de Rs 3 000. Les circonstances de cette affaire indiquent plutôt que le directeur des douanes a été victime d?un complot d?un officier qui se savait sous surveillance à l?aéroport. Pourtant, l?ICAC a déployé, dans cette affaire, des moyens disproportionnés. Des enquêteurs de la commission ont agi avec zèle pour humilier Bert Cunningham en perquisitionnant sa demeure. On aurait compris leur empressement si la fraude alléguée portait sur une somme de Rs 50 millions, mais, là, il s?agissait d?une peccadille.

A divers niveaux, tous se sont ligués pour avoir sa peau. Même après l?avoir obtenue, des forces occultes étaient à l??uvre pour satisfaire d?obscurs desseins. Ainsi, le communiqué de la MRA annonçant, vendredi dernier, la démission de Bert Cunningham n?a pas été envoyée à l?express. Notre journal, probablement soupçonné d?être complice du directeur des douanes, a été privé de cette communication officielle. Nous avons néanmoins obtenu l?information par le biais d?autres sources.

Bert Cunningham est le dernier d?une longue série de professionnels expatriés victimes de la petitesse et du nombrilisme de ceux qui sévissent dans les hautes sphères du pouvoir. Ceux-ci ne voient pas le bond qualitatif qui peut été réalisé grâce au savoir-faire des spécialistes étrangers. Eux, se spécialisent dans les petites combines.

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