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?La voile sportive africaine est issue de deux traditions?

9 août 2008, 20:00

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■ <B> Pouvez-vous nous raconter l?histoire de l?Optimist ? </B>

? C?est un Américain originaire de Floride, Clark Mills, qui fabrique en 1947 le modèle originel en bois. Il n?a jamais enregistré ni le dessin ni la marque si bien que son invention ne lui a jamais rien rapporté.

En 1958, des Danois découvrent ce petit bateau en bois et importe l?idée en Europe. C?est ainsi que l?Optimist a essaimé à travers l?ancien monde. En 1972, il fait son entrée dans l?ex-Rhodésie qui a été une des nations fondatrices de l?IODA.

■ <B> Pourquoi parle-t-on de bateau-école quand on parle de cette petite embarcation ? </B>

? Tout simplement parce que l?Optimist est utilisé pour initier les jeunes à la voile. Pas tous, évidemment. Certains découvrent aussi la voile avec une petite planche ou un autre bateau pour deux personnes ou encore avec leur père sur un grand bateau. Mais la grande majorité des jeunes qui s?initient à la voile le font sur l?Optimist.

■ <B> Tous les grands navigateurs sont-ils passés par l?Optimist ? </B>

? Pas tous, cela dépend de leur âge. La plupart des navigateurs de moins de 50 ans de la nouvelle génération sont passés par l?Optimist. Plus de 60% des compétiteurs aux Jeux Olympiques de 2008 sont passés par l?Optimist. La voile toutefois est un sport pour la vie. Il y a toujours des barreurs trop âgés pour avoir eu la possibilité de faire de l?Optimist.

Parmi les plus célèbres, il y a l?Anglais Ben Ainselie qui a remporté trois à quatre médailles d?or aux JO de 2004. Il y a aussi Ed Baird et Dean Barker qui ont remporté la Coupe de l?America en 2006. C?est la course la plus renommée de notre sport.

■ <B> Onze pays, soixante-deux participants : Maurice établit un nouveau à ces championnats d?Afrique?</B>

? Oui, c?est très intéressant en termes de participation d?autant que Rudy McNeil, qui est devenu champion d?Afrique en 2001, est devenu quatre ans après champion du monde à 19 ans.

■ <B> Comment se porte la voile sur le continent africain ? </B>

? La voile sportive africaine est issue de deux traditions. Il y a d?abord la voile au sud de l?Afrique, soutenue par le Zimbabwe, où elle fut introduite par les Anglais à l?époque des bateaux de guerre. La tradition continue. Autrement, il y a la voile dans les pays du Maghreb, où elle fut introduite par les Français. Le passé de la voile en Afrique du Nord a été associé aux pirates algériens, tunisiens et marocains pendant des millénaires.

Sur les autres côtes, la voile est presque inexistante. Sur la côte ouest, la malaria avait repoussé les habitants à l?intérieur des terres. Personne n?habitait la côte. A l?Est, il y avait le problème des pirates arabes et des marchands d?esclaves. Il n?y a pas de tradition historique de la voile. La voile sportive en Afrique date du siècle dernier.

La voile était associée au travail avant l?avènement des moteurs hors-bord. Elle est devenu un sport après l?arrivée des moteurs. Le développement des bateaux en plastique a été une autre étape importante dans le développement de la voile sportive puisqu?ils coûtent moins cher que les bateaux en bois. Cela a permis à la voile de se développer dans les années 70.

■ <B> Quel est l?avenir de la voile en Afrique ? </B>

? Pour se développer la voile a besoin d?un climat de paix. En Afrique de l?Ouest, la guerre d?Angola est terminée. La prospérité s?accroît dans cette partie de l?Afrique. La situation est meilleure à l?Est. Le développement de tous les sports dépend de la sécurité et de la stabilité. Il dépend aussi du développement économique.

■ <B> Vous vivez une de vos dernières fonctions en tant que secrétaire général de l?IODA?</B>

? Je prendrai ma retraite bientôt. Je resterai probablement responsable du développement de la voile dans de nouveaux pays. C?est ma spécialité.

■ <B> Quelles sont les parties du monde où vous souhaiteriez vous rendre ? </B>

? Il y a des régions que nous cherchons à développer ici en Afrique, en Amérique du Centre, en Océanie et dans la Balkans maintenant que la guerre est finie.

■ <B> Quel est le meilleur souvenir que vous garderez de toutes ces années passées au service de la voile ? </B>

? La première fois qu?un championnat a eu lieu en Amérique du Nord, c?était aux Caraïbes, à Trinidad, en 2004. La voile était présente en Amérique du Nord, aux Etats-Unis et au Canada, puis au Mexique, mais elle n?existait pas aux Caraïbes. Elle y a été introduite il y a quinze-vingt ans, lentement. En 2004, c?était la première fois que les championnats d?Amérique du Nord étaient organisés à Trinidad. Depuis, ils ont été organisés dans les Antilles Néerlandaises et à Puerto Rico. En 2009, ils auront lieu en République Dominicaine.

C?était un moment merveilleux pour moi. Nous avions dix pays des Caraïbes où le vent est merveilleux et où il existe une tradition de la voile. C?était merveilleux de montrer au monde la qualité des conditions présentes à Trinidad.

Un autre temps fort eut lieu en 2000 à l?occasion de la célébration du millénaire. Nous avons invité les pays à nos frais à venir en Espagne. Ils étaient 59, ce qui est le plus grand nombre de nations présentes à un championnat du monde.

Et puis, il y a ces enfants qui ont terminé les classes de voile et que l?on rencontre après à 17-18 ans. Nous sommes toujours heureux de voir qu?ils sont devenus de bons jeunes garçons et de bonnes jeunes filles. Cela fait partie de notre succès.

<I>Propos recueillis par </I> <B>Robert D?ARGENT</B>

PORTRAIT

<B> La voile, une histoire familiale</B>

Robert Wilkes est originaire de Dublin, en République d?Irlande. Il découvre la voile quand ses fils Rupert et Tom, aujourd?hui âgés de 40 et de 38 ans, choisissent de s?initier à cette discipline. Il y prend goût et en 1996 devient secrétaire général de l?International Optimist Dinghy Association (IODA). La voile est une affaire de famille chez les Wilkes puisque son épouse Helen Mary, aujourd?hui présidente d?honneur de l?IODA, s?occupait de l?Optimist depuis 1979.

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