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Mon look et moi

3 août 2008, 00:00

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Qui n?a pas vécu la situation tragi-comique des matins « brouil-lons » et ressassé « qu?est-ce que je vais me mettre ? » Après avoir enfilé deux jupes et trois robes en vain, un costume-cravates ou deux treillis, on a finalement opté pour le bon vieux couple jean et t-shirt blanc. Il faut le reconnaître, s?habiller est bien plus qu?un simple geste du quotidien.

« Il y a des matins où je mets plus d?une demi-heure pour trouver ce que je vais porter. Je perds un temps fou, mais je veux être à l?aise, et que cela reflète mon humeur ! », affirme sans vergogne Cassy Antoine, qui est secrétaire dans une grande entreprise.

Nos habits sont l?un des signes extérieurs de la personnalité. Ils parlent de nous, expriment parfois ce que notre « Moi » ressent. Ils répondent aussi à un code social : la tenue du week-end n?est pas celle du bureau, les jeunes portent des marques comme un signe d?appartenance à un groupe, et des différences notoires existent selon les classes sociales. S?habiller, c?est choisir son apparence, l?image de soi que l?on va offrir au regard des autres. Mais tout le monde ne se vêt pas comme il le voudrait. Certains s?en fichent totalement, alors que d?autres portent à leur style un soin tout particulier.

Sans parler de cette catégorie de personnes qui ne dérogent pas à leurs habitudes.

« Je porte des pantalons toute l?année, du 1er janvier au 31 décembre », affirme Sophie Albert, une étudiante de 23 ans. À entendre cette jeune femme, le look, ce n?est pas suivre obligatoirement les standards, mais se conformer à sa propre vision des choses. Mais quand on sait que chaque année la mode nous impose ses diktats et que les tendances changent, trouver son style devient un parcours du combattant.

Alors, faut-il suivre la mode ou s?écouter soi-même ? Marlène Cotte, retraitée, a, quant à elle, trouvé la réponse. « Moi je suis moi.

Je ne me suis jamais conformée à la mode. Regardez, je porte encore les robes que je mettais il y a 30 ans. La mode c?est moi ! », affirme-t-elle. Cependant, même si l?habit ne fait pas le moine (il ne faut pas juger les hommes d?après leurs apparences) l?habit fait l?homme (le caractère de l?homme s?annonce par son extérieur) : à vous donc d?en juger !

AADIL : NOIR C?EST NOIR

À 19 ans, Aadil affirme clairement qu?il appartient au milieu gothique. Toutefois, il aime préciser que qui dit gothique, ne dit pas forcément satanique. S?habiller en noir remonterait, selon lui, au Moyen âge, à l?époque où certains membres de la cour, pour se démarquer des autres, s?habillaient en noir en signe de rébellion.

Aadil, lui, n?a pas décidé de sombrer dans le morbide, voire l?occultisme en adoptant ce style vestimentaire, mais c?est plutôt par souci de s?éloigner de la masse et de mettre l?accent sur le noir, les piercings, les croix, le maquillage noir, les bracelets, colliers cloutés et autres t-shirts avec une tête de mort.

« Les gens s?imaginent que les gothiques sont tous sataniques, ce qui n?est pas vrai. Moi, je suis croyant, et je pratique ma religion donc ça n?a rien à voir. J?aime juste m?habiller en noir, je n?adore pas le diable pour autant ! Je suis très épanoui et ouvert aux autres. Ce n?est pas le cas de tous les gothiques. Certains sont très agressifs et cultivent le côté noir à mauvais escient. Moi j?essaie quand même de rester positif. »

L?avis du psychologue Sadasiven Coopoosamy :

« Comme le dit Aadil, il est important de rester positif. Et quand le gothique sombre dans le satanisme ou la magie noire, c?est là qu?il faut s?inquiéter.

Si certains gothiques comme Aadil se contentent d?adopter une attitude vestimentaire sombre, d?autres se scarifient, se rapprochent du culte de Satan et parfois même se suicident.

Donc, il faut être prudent avec type de look. Aadil a un côté sombre et il souhaite seulement que cette dimension soit mise au jour. C?est une façon pour lui d?extérioriser cette part d?ombre que chacun de nous cache au fond de lui. »

« DANSYTEK » : LA DÉFERLANTE « TEKTONIK »

Le style tektonik est parti à la conquête des jeunes. On les reconnaît facilement avec leurs couleurs flashy, leurs pantalons slims bien serrés au corps et leur coupe de cheveux à l?iroquoise domptée au gel ultra-fixant.

La tektonik est plus une mode qu?un état d?esprit. La bande Dansytek, qui vient de se créer, a saisi la balle au bond. « On est conscient que c?est juste une mode, et dans dix ans, je ne me vois pas habillé comme ça. Ce sera démodé ! Nous, on essaie juste de saisir ce courant et de refléter le mouvement par le choix de nos vêtements et notre créativité. La tektonic, c?est une danse. Les vêtements y jouent un rôle, et c?est pour cela qu?on aime. »

■ L?avis du psy : « Les jeunes ressentent toujours le besoin de s?identifier à un courant musical, ou à une personne célèbre.

En ce moment c?est la tektonic. Les couleurs sont gaies et cela rassure les parents qui préfèrent toujours voir des couleurs comme ça plutôt que du noir. De plus, ce groupe est conscient que ce n?est qu?une mode de passage et ils envisagent assez mal de s?habiller ainsi sur le long terme. Ces jeunes veulent seulement être dans l?air du temps, comme leurs pairs qui portaient des pantalons pattes d?éléphant dans les années 60 et 70. On s?en souviendra encore dans 20 ans ! »

GERVAIS MOORGAIN : L?EXCENTRICITÉ D?ABORD

À 51 ans, Gervais Morgain n?a ni sa langue dans sa poche et encore moins un look anodin. Il aime cultiver une apparence aux antipodes du commun des mortels. Non seulement il assume parfaitement sa marginalité, mais en plus, il la revendique.

Employé dans une banque depuis plus de 25 ans, Gervais avoue ne pas pousser la provocation en venant vêtu de manière excentrique au travail. Au bureau, il arbore néanmoins autour du cou un gros collier de perles de toutes les couleurs sous sa chemise blanche, histoire d?être encore un peu lui-même.

« Dans ma façon particulière de m?habiller, en dehors du bureau je précise, je suis tout à fait à l?aise avec plein de plumes sur la tête, du maquillage sur le visage, des couleurs partout, et tout un tas d?accessoires un peu loufoques. En même temps, je me sens proche du monde moderne.

Je suis plus branché que les autres en étant totalement moi-même. Je sais que certains pensent que je suis fou, mais plus les gens disent que je suis bizarre, plus j?adore ça.

Mon look je le cultive et le recherche dans mon esprit, quitte à ce qu?il déplaise à certains. »

■ L?avis du psy : « Gervais a choisi l?excentricité pour certainement faire passer un message qui est le sien : la liberté. Pourquoi se conformer à des idéaux communs ? Cette façon de voir les choses est une démarcation qui va avec sa personnalité exhibitionniste. Caractère qui lui vient sûrement du monde de la danse, du spectacle dans lequel il a évolué au fil des années. De plus, dans son look il fait appel à sa créativité, ses vêtements ont une touche personnelle bien marquée. Il n?y a rien de tel pour se sentir bien dans sa peau malgré le qu?en dira-t-on. »

CYNTHIA COIGNET : JAMAIS DE JUPES

Pantalon toute l?année, c?est possible pour une fille ? Cynthia Coignet en est la preuve. Cette jeune femme n?a même pas dans sa garde-robe une jupe ou une robe, et elle n?en voit pas l?utilité. Garçon manqué depuis l?enfance, elle avoue quelquefois choisir ses vêtements au rayon « homme » des magasins et porte les cheveux à la garçonne. Beaucoup croient qu?elle est un petit mec, et ils s?aperçoivent que c?est une fille quand on l?entend parler. « J?ai toujours été un garçon manqué. Dès l?enfance, j?adorais grimper aux arbres, et avec une jupe, c?est compliqué. Ensuite, quand on grandit il faut s?épiler, le vent soulève la jupe. Bref, je suis mieux en pantalon ou en bermuda. Quant à mes cheveux courts, je les ai eus par accident suite à une coupe ratée. Depuis, j?ai adopté ce look et je me sens bien ! J?essuie pas mal de critiques de la part de la gent féminine, mais cela fait longtemps que ça ne me gêne plus. »

■ L?avis du psy : « Le terme garçon manqué est un peu vieux jeu. Une femme reste une femme même si elle adopte un look un peu masculin au quotidien, et du moment qu?elle est à l?aise dans ses vêtements, c?est le principal.

Cette jeune fille assume totalement son look et a l?air d?avoir un caractère libre. Les hommes s?habillent aussi plus simplement, et c?est peut-être là une façon pour elle de se réfugier dans une simplicité exempte de sophistication. »

DHANDEVY JEETUN : LA CLASSE !

Impeccable jusqu?au bout des ongles. C?est assez normal que Dhandevy a participé à des concours de beauté tels Miss Mauri-tius. Et cette femme à la beauté renversante ne s?autorise jamais la moindre négligence vestimentaire. Du lundi au dimanche, c?est un look classique BCBG (bon chic bon genre) qu?elle aime arborer, car l?élégance fait partie d?elle.

« Je ne conçois pas de me laisser aller et de m?habiller n?importe comment. J?aime être féminine et me montrer toujours sous mon meilleur jour. Bien que mon milieu professionnel impose une certaine tenue et une apparence irréprochable (je travaille dans la finance et je voyage beaucoup), je tiens toujours à être le plus classe possible. Je prends soin de moi, de mon corps, de ma peau, c?est un tout que je souhaite préserver. »

■ L?avis du psy : « Évoluer dans le monde des affaires nécessite une tenue irréprochable : tailleur pour les femmes, costumes pour les hommes. Quand on maîtrise le domaine dans lequel on travaille et quand on veut le faire bien, s?habiller avec goût devient un plaisir. Cette femme est élégante et cette élégance va avec sa personnalité. »

AS-T : LE HIP-HOP DANS L?ÂME

Sous de larges vêtements se cache un jeune homme au regard clair qui n?a rien à voir avec l?agressivité des bad boys américains que l?on voit dans les clips de MTV. Ce jeune homme c?est AS-T, 29 ans. S?il s?habille hip-hop, c?est surtout parce qu?il se sent à l?aise dans des vêtements amples et que ces derniers véhiculent les idéaux de ses chanteurs préférés : 50 Cent et autres Puff Daddy. Le bling bling des chaînes, les montres volumineuses ornées de diamants, les grosses chaînes autour du cou, le jean s?étalant sur les immenses baskets de marque américaine, telle est la panoplie quotidienne d?AS-T.

« Je suis dans le milieu du hip-hop depuis l?âge de 14 ans, et je suis leader d?un groupe de rap. Mes vêtements, je les trie sur le volet pour ressembler aux stars du rap américain et français.

C?est aussi un état d?esprit : le mouvement black américain me parle beaucoup. En revanche, je ne cultive pas le côté loubard, dur à cuire etc..

Je reste quelqu?un de gentil ! »

■ L?avis du psy : « Le Street Wear des rappeurs leur assure le confort. Et il faut reconnaître que c?est très tape-à-l??il. C?est la culture bling bling, avec les logos des marques bien visibles. Les rappeurs américains sont d?ailleurs très riches et leur accoutrement est une manière de le montrer, de se pavaner. Faut que ça brille et que ça en impose. AS-T a l?air de ne pas jouer la carte du bad boy qui accompagne souvent ce type de look, ce qui est bien. Et effectivement, les vêtements amples c?est l?aisance, ce qui démontre sûrement un côté relax dans le caractère de ce jeune homme qui ne se prend pas la tête et qui s?habille en fonction de la musique dans laquelle il évolue. »

D?AUTRES LOOKS À LA LOUPE

■ Le style « lolita » : La panoplie de ces jeunes filles au look très féminin se compose de jupes courtes, de chaussures à talons ou ballerines, de jeans taille basse ou slim.

Elles aiment aussi la lingerie sexy (strings) et la dose de maquillage. Les icônes de ces lolitas fashionistas : Britney Spears, Christina Aguilera ou encore Lindsay Lohan.

Le slim est aussi l?accessoire indispensable, moulant et quelquefois provocant quand il est porté très taille basse pour laisser le string apparent. Le style lolita attire de plus en plus de filles en quête de sensualité.

■ Le style « Urban Wear » : C?est un peu le look passe-partout qui consiste à suivre la mode mais sans excès. Jean, t-shirt et baskets sont les accessoires des adeptes de l?Urban Wear.

■ Le style « surfeur skate » : Les surfeurs-skateurs affichent un style très décontracté et sont reconnaissables par leurs pantalons larges, dits baggy, ainsi qu?à leurs t-shirts XXL portés sur le pantalon. Souvent le pantalon très large laisse entrevoir le caleçon, le skate n?est, lui, qu?accessoire?

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