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Les JO, prétexte à une répression accrue en Chine
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Les JO, prétexte à une répression accrue en Chine
Le régime chinois n?a cessé de se raidir, ces derniers mois, à l?encontre de dissidents, journalistes et défenseurs des droits de l?homme susceptibles d?embarrasser la Chine à l?approche de ce que celle-ci perçoit comme son grand rendez-vous avec l?Histoire : les Jeux olympiques de Pékin, organisés du 8 au 24 août.
Reflétant ce renforcement de la répression, Amnesty International a publié, le 28 juillet, un rapport très critique contre Pékin, accusant les « autorités d?utiliser les Jeux olympiques comme un prétexte visant à perpétrer, et dans certains cas à intensifier, les politiques et les pratiques en vigueur conduisant à de sérieuses violations des droits de l?homme ».
Le nombre de prisonniers politiques ou de conscience en Chine est difficile à établir mais, ces derniers mois, arrestations et condamnations se sont succédé à un rythme soutenu.
Mauvais traitements en détention
Dernier exemple en date de cette répression, celui de Ni Yulan, ancienne avocate et activiste de 47 ans, qui doit être jugée demain, pour avoir pris la défense de Pékinois expulsés de chez eux dans le cadre de la modernisation de vieux quartiers de la capitale. Elle avait auparavant été emprisonnée durant un an et ne se déplace plus, depuis, qu?avec l?aide de béquilles en raison des mauvais traitements subis durant sa détention.
Arrêté depuis le 10 juin, l?activiste Huang Qi, qui faisait campagne pour la défense de victimes du séisme de Sichuan, au cours duquel des milliers de parents ont perdu leurs enfants, a été inculpé le 18 juillet dans la ville de Chengdu. Le motif de son arrestation : « possession illégale de secrets d?État », une formule habituellement utilisée par la justice chinoise pour inculper sans preuve des dissidents.
Le 21 juillet, le « cyber-dissident » Du Daobin, 43 ans, a été de nouveau arrêté à Yincheng, dans la province de Hubei, pour « avoir publié plus de cent articles à l?étranger, avoir circulé sur le territoire chinois et hébergé des amis sans autorisation », a indiqué récemment Reporters sans frontières. Reconnu coupable d?« incitation à la subversion d?État », il avait été condamné, le 11 juin 2004, à trois ans de prison assortis d?une période de probation.
Écarter tous les gêneurs
En mai, le journaliste Qi Chonghuai a été condamné à quatre ans de prison pour « fraude et extorsion de fonds » dans la province du Shandong. Âgé de 42 ans, ce rédacteur du journal Fazhi Zaobao (Le Matin de la loi) a souvent dénoncé la corruption dans les milieux politiques et des affaires. Il avait été arrêté le 25 juin 2007 après avoir mis en ligne, sur le site Internet de l?agence de presse Chine nouvelle, un article fustigeant des cadres corrompus du Parti communiste.
Quant au plus célèbre des dissidents chinois, Hu Jia, il a passé seul, en prison, son 35e anniversaire, le 25 juillet. Ce défenseur des droits de l?homme avait été condamné le 3 avril à trois ans et demi de prison pour avoir publié des « secrets d?État » sur des sites Internet étrangers.
Cette liste n?est pas exhaustive. L?inten-sification de la répression est clairement due au souci marqué du régime d?écarter tous les gêneurs qui pourraient profiter des JO pour dénoncer le manque de liberté et les abus de pouvoir à un moment où les projecteurs de l?actualité sont braqués sur la Chine.
@ 2 008 Le Monde ? Bruno Philip ? (Distribué par The New York Times Syndicate)
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