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Note salée pour les petits hôtels

2 août 2008, 00:00

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On se rappellera la polémique opposant les propriétaires de campements sur les pas géométriques au gouvernement. Les terrains pieds dans l?eau valent de l?or. Une aubaine pour le gouvernement qui a décidé de réévaluer le bail des terrains hôteliers après celui des campements.

Près de Rs 25 milliards gonfleront les caisses de l?État pendant les cinq premières années d?application. Les hôteliers, dont les revenus, pour la plupart, sont conséquents, savaient très bien que leurs baux seraient révisés. Le ministère des Terres continue sur sa lancée en rappelant : «Les détenteurs de baux industriels ou commerciaux ne pourront y échapper d?autant que la plupart des propriétaires de campements ont accepté les révisions qui les concernaient.»

Le tourisme est l?un des piliers de l?économie et sa part n?a eu de cesse de s?affirmer. Toutefois, les perspectives actuelles ne sont pas des plus optimistes. «On a parlé de cyclone dans le textile. Notre secteur ne fait pas exception», prévient Mala Chetty, directrice de Malvilla, un petit hôtel du nord. Néanmoins, elle reconnaît qu?il est «normal que les baux soient révisés. Les tarifs initiaux sont dérisoires comparés à l?activité florissante. N?oublions pas que les terrains sur le littoral sont une vraie richesse et que cette ressource foncière diminue. De plus, nous savions très bien que les baux allaient être réévalués».

Pour le député MSM et ex-ministre des Terres, Joe Lesjongard, « le gouvernement s?est piégé lui-même. Le secteur touristique devrait faire face à des difficultés très nettes. Les arrivées devraient baisser compte tenu de la conjoncture internationale notamment avec la hausse du prix du baril de pétrole. Ce n?était pas le cas l?an dernier. Quoi qu?il en soit, je pense que le gouvernement aurait dû commencer par réviser l?an dernier les baux industriels et commerciaux au lieu de s?intéresser aux propriétaires de campements. Ils n?ont pas commencé du bon côté».

La directrice de Malvilla abonde dans le même sens. «Les autorités auraient dû commencer par les baux industriels et commerciaux.» D?autant que «dans un passé très récent ? l?an dernier ? les perspectives n?étaient pas les mêmes et une hausse du tarif des loyers aurait alors été plus soutenable».

Le ministère des Terres rappelle néanmoins que les profits conséquents qu?engendre l?activité touristique justifient la décision gouvernementale et une hausse des tarifs des baux jusqu?à 50 fois. Il n?empêche que les petits et moyens hôtels n?ont pas la même force de capitalisation et ne peuvent soutenir une telle dépense annuelle si vite même si les autorités échelonnent la hausse sur trois ans.

Les grands hôtels ne peuvent être mis au même plan que les petites ou moyennes unités. «On ne peut mettre tous les opérateurs dans le même panier. Il aurait fallu procéder graduellement. On aurait pu s?intéresser en plus de la superficie de l?établissement à son chiffre d?affaires et ainsi réévaluer en fonction des finances de chaque hôtel», estime Joe Lesjongard. Cependant, un tel travail n?est pas nécessairement la meilleure chose pour Mala Chetty. «Procéder au cas par cas serait une erreur, n?importe qui pourra crier à l?injustice ou remettre en question la réévaluation du bail.»

Un comité doit être mis en place pour se pencher sur la question. Il est évident que les petits et moyens hôtels risquent de se retrouver dans une situation encore plus difficile. «Les grands hôtels raflent déjà l?essentiel de la clientèle d?autant qu?ils travaillent en étroite collaboration avec les principaux voyagistes ou tour-opérateurs. Avec la crise qui s?annonce, une réévaluation mal pensée mettra à mal les petits et moyens hôtels», souligne Mala Chetty. Les petits et moyens hôtels ne peuvent, par ailleurs, se permettre des remises ou promotions comme les grands hôtels pour remplir autant que possible leurs chambres et minimiser l?impact conjugué d?une baisse prévue des arrivées et de la réévaluation des baux.

Pour Joe Lesjongard, le gouvernement pêche par défaut de consultation. Surtout, le député orange redoute que le secteur ne s?en retrouve encore plus fragilisé. «N?oublions pas que le secteur touristique fait vivre de nombreux Mauriciens. C?est l?un des secteurs qui emploie le plus de personnes. C?est pourquoi il ne faudrait pas qu?une telle mesure ne porte trop préjudice à ces acteurs essentiels pour l?économie et le marché du travail du pays.» Il faut espérer que la mesure ? même si elle est nécessaire ? ne porte pas préjudice aux petits et moyens établissements. Car cette gamme d?hôtels ne doit pas être négligée.

REMISES PREVUES

Le nouveau tarif s?applique sur les 5 premiers arpents. Une remise de 10 % est accordée sur les superficies entre 5 et 10 arpents. Au-delà de 10 arpents, ce sera un abattement de 20 %. Cette remise permet aux gros hôteliers de ne pas trop souffrir de la réévaluation de leur bail. Il n?empêche que, si le loyer annuel actuel dépasse rarement le million de roupies, les nouveaux pourraient tourner allégrement autour de Rs 10 millions pour les plus grands hôtels.

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