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Le travail, leur force

29 juillet 2008, 00:00

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Les quatre compères ont la victoire modeste. «Nous sommes plutôt forts en connaissances générales», reconnaît humblement Joseph Laverdure, le doyen du groupe qui a 51 ans. Entré à l?Imprimerie du Gouvernement comme apprenti typographe voilà plus d?une trentaine d?années, il a pris du galon au fil des ans et exerce aujourd?hui comme opérateur d?ordinateur. Il est très fier de dire qu?il travaille sur deux types de programmes informatiques, Page Maker et Quark Xpress. Il parle de son travail avec délectation. «On nous envoie les données sur disquette. Nous les saisissons et faisons le traitement de texte. Pour vérifier, il faut tout revoir et c?est enrichissant».

Mukhtar Allybokus a beau le talonner question âge mais son intégration à l?Imprimerie du Gouvernement est plus récente. En fait, elle ne date que d?une douzaine d?années. Avant d?y être, il était un employé de la Poste. S?il en est parti, c?est en raison de «retard dans les promotions». Et puis, ses responsabilités en tant que printing assistant lui laissent tout le temps libre voulu pour accomplir le travail social dans lequel il s?est engagé. «Je suis le plus jeune mutawalli (NdlR : responsable de mosquée) de Maurice et à ce titre, j?ai certains devoirs. En étant à l?Imprimerie du Gouvernement, j?ai davantage de temps libre pour ce travail et je suis aussi moins stressé».

Richard Laverdure, 38 ans, est à l?Imprimerie du Gouvernement depuis 16 ans. Il est affecté au printing office et plus particulièrement à l?impression de la loterie verte et ce, depuis 1997. Sachin Bhojoo est le dernier arrivé, soit depuis deux ans. Sa responsabilité est de relier les livres. Avant d?y être, il agissait comme pressier à la Mauritius Jute and Textile Industries. Ce sont de meilleures conditions qui l?ont fait rejoindre l?Imprimerie, comme ils l?appellent.

Ils adorent leur métier. Les frères Laverdure sont plus explicites sur la question. Ce qui plaît le plus à Richard, c?est qu?il apprend tout en travaillant. «Nous avons la chance de trouver des tas de choses sous nos mains, sous nos yeux, que ce soit des livres, la gazette du Gouvernement, des magazines, des textes de loi. Nous n?arrêtons jamais d?apprendre».

Joseph reconnaît qu?ils ont certes l?obligation de tout lire pour vérifier que le travail ait été correctement exécuté mais qu?en contrepartie, ils s?instruisent. «C?est certes une obligation mais en même temps, nous découvrons en avance sur les autres ce qui va se passer dans le pays». Que ce soit le discours du budget, le rapport du Pay and Research Bureau, les règlements qui entreront en vigueur, tout cela leur passe sous le nez avant que le commun des Mauriciens n?en prenne connaissance. «Nous sommes évidemment tenus au secret. Il faut être sérieux. On ne plaisante pas avec ces choses-là».

«Nous trouvons des tas de choses sous nos mains, sous nos yeux : des livres, des magazines, des textes de loi. Nous n?arrêtons jamais d?apprendre».

Avant que le Public Officers? Welfare Council ne soit mis sur pied, les Laverdure et Mukhtar Allybokus faisaient partie de l?association de l?Imprimerie du Gouvernement et participaient à toutes les activités extra-professionnelles organisées par l?association. D?ailleurs, dans les années 80, une équipe de l?Imprimerie où figurait Joseph Laverdure, était déjà championne de quiz. Ce dernier est aussi champion de scrabble.

Lorsque le gouvernement a choisi de créer un organisme pour chapeauter l?organisation desdites activités à l?intention de toutes les associations du service civil, le quatuor a applaudi. «C?était l?occasion de réunir la grande famille des fonctionnaires et de les faire s?affronter dans un esprit d?équipe. Nous avons trouvé l?idée bonne car en sus de l?aspect compétition, c?est une façon de nous faire rencontrer les fonctionnaires d?autres départements que nous n?aurions pas eu l?occasion de côtoyer».

L?Imprimerie du Gouvernement, disent-ils, a contribué grandement à la constitution du POWC qui a eu pour premier président Loganaden Ramsamy, ancien secrétaire permanent, dont le père était d?ailleurs un employé de l?Imprimerie du Gou-vernement.

Le participant le plus régulier à toutes les activités extra-professionnelles organisées par le conseil a été Mukhtar Allybokus. «Chaque année, je participe au football, au volley-ball, au quiz, au badminton, au tennis de table et même au concours culinaire». Il a même été capitaine de l?équipe du quiz durant quatre ans. Ce n?est que cette année qu?il a passé la main à Richard Laverdure. Mukhtar Allybokus a eu du nez car ensemble, les compères ont élaboré une stratégie qui s?est révélée payante. Mais il ne faut pas compter sur eux pour en dire plus sur le sujet. «Allons dire que chacun d?entre nous a été chargé de bouquiner à propos de domaines spécifiques, que ce soit l?histoire de Maurice, la géographie, les sciences, le sport, l?actualité internationale etc».

Le plus dur à mémoriser, avouent-ils, ce sont les dates. Mais il faut croire que même les dates ne leur ont posé aucun problème car lorsqu?ils se sont retrouvés en pool qualificative, ils ont à chaque fois pris la première place.

Quatre équipes se sont retrouvées en finale dans la salle de conférence du ministère du Service civil: la National Transport Authority, le ministère de la Santé, celui des Infrastructures publiques et la leur. Chaque équipe devait répondre correctement à cinq questions et l?équipe qui connaîtrait la réponse de son opposant et ce dernier pas, pouvait répondre à sa place et obtenir des points supplémentaires en cas de bonne réponse. Bien qu?ils connaissaient toutes les réponses, Mukhtar Allybokus, Sachin Bhojoo, Joseph et Richard Laverdure ont préféré ne pas prendre de risques. «Nous avions déjà 15 points d?avance et nous avions fait un sans faute jusque-là. Nous avons préféré nous abstenir et répondre uniquement à nos questions». Et c?est ainsi qu?ils l?ont emporté.

Le prix pour l?équipe gagnante est la somme de Rs 6 000. Mais le quatuor précise qu?il n?a pas participé au quiz pour l?argent mais pour l?honneur. «C?était pour nous une question d?honneur de faire gagner l?Imprimerie du Gouvernement». La POWC doit bientôt organiser une cérémonie de remise de prix.

Mukhtar Allybokus, Sachin Bhojoo, Joseph et Richard Laverdure n?ont plus qu?un souhait : qu?un plus grand nombre de fonctionnaires participent aux activités de la POWC.

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