Publicité

Quand le Parlement fait son direct

28 juillet 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Mr Speaker, sir?» Questions-réponses en live dans son salon. Pour suivre en direct la vie citoyenne du pays. Qu?il s?agisse des débats sur les sujets d?actualité, des questions sur la construction de drains ou le nombre de lampadaires dans une circonscription... L?occasion aussi de voir en direct, qui bâille dans les rangs, qui est absent ou qui lit un journal, un magazine pendant la séance.

«Mr Speaker, sir? » Mardi, le Premier ministre Navin Ramgoolam a déclaré qu?« il y a quinze jours, j?ai réitéré le fait que je ne suis pas du tout contre l?idée de la diffusion des travaux parlementaires en direct sur la télévision. Une fois les modalités finalisées, la MBC devrait être en mesure de couvrir largement les travaux, comparé à ce qui est montré actuellement dans les journaux télévisés».

De l?autre côté de la Chambre, Rajesh Bhagwan, député et secrétaire général du Mouvement militant mauricien (MMM), nuance ses propos quand on lui demande si cette retransmission pourrait améliorer la qualité du travail des législateurs. «Nous faisons déjà du bon travail», affirme-t-il. Tout en rappelant qu?il compte un quart de siècle de présence ininterrompue à l?Assemblée nationale. Et que le sujet de la retransmission en live des débats parlementaires est une question récurrente de ces dernières années. «Ce n?est pas parce qu?il y aura la télé que nous allons commencer à bien travailler.»

Deva Virahsawmy, secrétaire général du Parti travailliste, pense, lui, que la retransmission améliorera la qualité des travaux. «Il y aura moins de dérapages quand les élus sauront que tout Maurice les regarde. Ils vont peut-être arrêter avec les commentaires imbéciles et déplacés. Il y aura plus de respect.»

Pour ce qui est des dérapages, Rajesh Bhagwan rappelle qu?il a lui-même été expulsé à plusieurs reprises. Avant de souligner que «les parlementaires sont des Honorables». Qu?ils ne devraient pas oublier qu?ils portent ce mot devant leur nom «télé ou pas». Mais que la présence des caméras fera que les parlementaires seront sur leur garde. Et ajoute que le Parlement est un forum de débats, «où il faut qu?il y ait de l?animation, de l?ambiance, où on s?interpelle et où on dit que l?on n?est pas d?accord».

Le député Bhagwan est d?avis qu?il faut aller plus loin, « élargir l?espace démocratique» et s?intéresser aussi aux radios. «Les chaînes privées sont devenues très populaires. Cela va dans le droit fil de la modernisation. Il faut vivre avec son temps.» Il y va selon lui de notre prestige international, car Maurice est membre de diverses associations de parlementaires : celle du Commonwealth, celle des parlementaires francophones, de l?union parlementaire africaine?

Avec Deva Virahsawmy, il s?accorde à dire que «la population pourra mieux suivre la performance des gens pour qui elle a voté. Elles verra qui sont ceux qui ne prennent jamais la parole».

LOGISTIQUE

<B>La MBC est «prête» </B>

«Nous sommes prêts.» Affirmation de Bijaye Madhou, directeur général de la «Mauritius Broadcasting Corporation» (MBC). Sollicité au sujet de la retransmission des travaux parlementaires à la télévision, il est d?avis que cela se fera, «comme pour le discours du budget, en direct. Techniquement, cela ne pose aucun problème». Dès que le speaker donnera le feu vert, il faudra «éventuellement des lumières et des caméras fixes. Il n?y a même pas besoin de manipulations. Il suffit d?installer le matériel et de tout contrôler à partir d?une console». Sans compter qu?il faudra un «système semi-fixe et une liaison à être installée par ?Multi-Carrier (Mauritius) Ltd?».

Qu?en est-il de la possibilité d?une chaîne dédiée aux travaux parlementaires ? Bijaye Madhou déclare qu?«il y a de la place pour cela». Après avoir souligné que la MBC gère actuellement une quinzaine de chaînes dont certaines diffusent des émissions 24 heures sur 24, il souligne le fait que «les travaux ne se font pas tous les jours».

Et qu?un tri éditorial du contenu des débats parlementaires doit aussi être fait. «Si c?est des examens en comité, c?est moins intéressant pour le grand public. De toute façon, nous diffusons tout ce qui ?newsworthy?». Au même titre, «si cela en vaut la peine», la demi-heure de la «Private Notice Question» est diffusée après le journal télévisé de 19 h 30, le mardi, jour de séance parlementaire.

LANGUE PARLEMENTAIRE

<B>Oui au créole, non aux gros mots </B>

Des débats en langue maternelle ? Oui, mais? En avril de cette année, le Premier ministre Navin Ramgoolam devait dire : « Je ne sais pas si c?est une bonne idée que le créole soit introduit au Parlement. Il y aura trop de gros mots ! Déjà le niveau n?est pas au top actuellement !» Rajesh Bhagwan estime que si le créole était admis, « ce serait un progrès ». Tout en insistant sur les paramètres, il a expliqué que «toute grossièreté doit être sanctionnée. Si c?est le cas, je dis pourquoi pas, ce sera une reconnaissance légitime de la langue créole». Deva Virahsawmy est, lui, d?avis qu?il ne faudrait pas que les débats soient exclusivement en créole «mais cette langue a son importance».

Publicité