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OMC : l?espoir d?une entente s?amenuise à Genève

29 juillet 2008, 00:00

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Les divisions sont bien vives au bord du lac Léman, à Genève, en Suisse. L?Organisation mondiale du commerce (OMC) essaie encore de concilier les antagonismes. La question des réductions tarifaires faisant l?objet de discussions entre une quarantaine de délégations ministérielles suscite de sérieuses divergences. Prévues pour prendre fin la semaine dernière, les discussions devront continuer jusqu?à demain, dans l?espoir qu?un terrain d?entente sera finalement trouvé.

En effet, depuis la semaine dernière, les représentants des pays riches et pauvres sont assis autour de la même table dans la capitale suisse. Leur v?u est de sauver le cycle des négociations de Doha, dont l?objectif principal est de libéraliser les échanges mondiaux et permettre un commerce équitable entre pays riches et pauvres.

Initiées en 2001 au Qatar, ces négociations sont, depuis juillet 2006, au statu quo, les différents pays ne réussissant pas à trouver un accord consensuel. Le principe de la suppression des barrières commerciales s?est heurté à des désapprobations sur la question des taxes douanières et des subventions.

Pour Maurice, les enjeux des discussions de Genève sont considérables. Ils portent sur les principaux produits d?exportation, à savoir le textile, le sucre et le thon. Ce vendredi, une lueur d?espoir est apparue à l?horizon, après quatre jours de négociations infructueuses. Pascal Lamy, directeur général de l?OMC, avait déclaré qu?un accord était sur le point d?être conclu.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, qui conduit la délégation mauricienne et coordonne des séances de travail du groupe d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), a renchéri que les exportations mauriciennes pourraient bénéficier d?un répit jusqu?en 2015. Cela malgré les protestations qui ont entaché les discussions à Genève, venant aussi bien des pays développés, des pays émergents, que des pays en développement.

<B>Menaces de blocage</B>

En effet, certains pays de l?Union européenne (UE) ont exprimé des inquiétudes au sujet des propositions de concessions faites par leur commissaire pour le commerce, Peter Mandelson. Des hommes politiques français, italiens et irlandais se sont élevés contre les démarches de Peter Mandelson visant à réduire de façon drastique les subventions de 80 % accordées aux agriculteurs et les taxes douanières de 60 % sur les produits agricoles.

Quant aux Etats-Unis d?Amérique, ils devront abaisser leurs paiements de 70 %, les ramenant à 14,5 milliards de dollars. La plupart de ces pays développés souhaitent en retour un accès plus élargi sur les marchés en pleine croissance des économies émergentes, tels la Chine, l?Inde et le Brésil. Toutefois, ces derniers pays estiment qu?ils font déjà assez de concessions et que les pays développés ne devraient pas s?attendre à plus de compromis.

Les pays en développement aussi ont leurs préoccupations. L?ouverture du marché européen aux produits agricoles, y compris la banane, en provenance des pays de l?Amérique latine est contestée par les anciennes colonies européennes. Les pays ACP, en effet, menacent de bloquer les négociations. Ils estiment que la baisse de 35 % des taxes douanières sur les produits agricoles, consentie par l?UE aux pays latino-américains, leur est préjudiciable.

Ils avancent que leurs exportations agricoles seront de ce fait fortement concurrencées par celles des pays latino-américains. Les pays ACP, jusque-là, avaient été autorisés à exporter leurs produits agricoles vers l?UE, sans quota ni droits de douane, tandis que les exportations latino-américaines étaient taxées.

Mais le commissaire européen au commerce et le directeur général de l?OMC insistent que les négociations doivent être menées à leur terme. Hier, à la mi-journée, les représentants des diverses délégations présentes à Genève ne s?entendaient pas comme larrons en foire.

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