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Chantage inadmissible

29 juillet 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Une véritable menace plane sur les écoliers du CPE. La principale organisation syndicale du primaire compte appeler les instituteurs à boycotter cet examen si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ils réclament une augmentation des indemnités allouées aux enseignants pour surveiller les examens et corriger les copies.

Personne ne peut accepter que ces enfants, déjà martyrisés par la férocité de la compétition qui sévit en fin de cycle primaire, souffrent maintenant du chantage qu?exercent leurs profs auprès des autorités. D?ores et déjà, une incertitude pèsera sur la date des examens. Elle mettra à rude épreuve l?équilibre psychologique de ces gamins déjà ébranlés par l?overdose de stress accumulée depuis le début de l?année scolaire.

Ce n?est pas juste que ces enfants soient victimes du chantage. Vinod Seegum, président de la GTU, annonce que «s?il n?y a rien de concret d?ici le 20 août, nous allons mettre toute la machinerie en branle pour boycotter ces examens». Il prendra sa décision seulement deux mois avant la date prévue pour la première épreuve du CPE. On peut imaginer les conséquences désastreuses qu?aura une radicalisation de la ligne syndicale sur les écoliers. Ceux-ci ne supporteront pas une ambiguïté sur la date des examens du CPE alors qu?ils sont cravachés dans la dernière ligne droite.

Il est stupéfiant de constater à quel point le mouvement syndical se passionne pour cette question d?indemnité, allant jusqu?à compromettre le bon déroulement d?une année scolaire. Les syndicats sont prêts à s?investir à fond quand les enjeux sont liés à leurs intérêts immédiats. En revanche, c?est dans la quasi-indifférence des syndicats que se mettent en ?uvre les réformes concernant les enjeux éducatifs et pédagogiques.

Cette tendance des syndicats d?enseignants à exclure de leur champ intérêt les sujets de fond était flagrante durant la récente controverse autour de la transformation de La Gaulette SSS. Tout a commencé quand le principal syndicat du secondaire a réclamé que les établissements d?excellence cessent d?accueillir des classes «prevocational».

Les syndicalistes admettaient qu?il était difficile pour leurs membres de travailler avec des enfants qui «ne sont pas portés sur l?académique» et souhaitaient que ceux-ci soient confinés à des écoles dédiées. Eux voulaient continuer à travailler avec les seuls élèves des écoles «bien». Ils prônent la séparation et rejettent la mixité sociale que permet la cohabitation entre la filière préprofessionnelle et le cursus traditionnel. «Nous sommes satisfaits que le ministère ait considéré notre demande en ce qui concerne La Gaulette. Nous allons maintenir la pression, notamment à travers des lettres au gouvernement.», s?enorgueillit le président de la Government Secondary School Teachers? Union. Certes les demandes des enseignants pour une revalorisation de leurs traitements sont justifiées dans la mesure où ils exercent un dur métier. Mais ce n?est jamais digne de remplacer des négociations salariales par un chantage qui se sert des enfants.

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