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Des parents agressent des profs
«Bann professer ne pli en sekirite, nimport kiler dimounn kapav rent dan klass pou bat zot.» Ces paroles sont celles du président de la Government Teachers? Union (GTU), Vinod Seegum. L?express l?a sollicité pour une réaction par téléphone après l?agression de deux enseignants du primaire, durant les heures de classe, dans les écoles de Barkly et de sir Edgar Laurent, Port-Louis, vendredi et lundi respectivement. Dans les deux cas, une déposition a été consignée au poste de police de la localité et une enquête a été ouverte.
Après la récréation, à l?école primaire sir Edgar Laurent, un enfant est réprimandé pour son comportement durant l?assemblée. L?écolier l?accepte mal : il prend son portable et appelle ses parents pour que ces derniers viennent régler son compte à l?enseignant.
Effectivement, quelques minutes plus tard, quatre individus, des proches de l?enfant, débarquent dans la classe pour réprimander l?enseignant. Ils empoignent ce dernier et l?emmènent dans les escaliers où ils le malmènent. Ils sont même armés d?une matraque électrique.
<B>Menaces de mort</B>
Ce sont des plantons et d?autres enseignants qui finalement interviennent pour secourir leur collègue des mains des proches de l?écolier. Les agresseurs quittent ainsi l?enceinte de l?école non sans avoir menacé l?enseignant.
Quelques jours plus tôt, à l?école primaire de Barkly, des enseignants quittent l?école, après les heures de classe, sous escorte policière. Pourquoi une telle mesure de sécurité ? En fait, une enseignante a été, ce jour-là, menacée par des proches d?un écolier, au nombre d?une quinzaine. Ils ont même crevé le pneu de sa voiture. C?est la police de la localité qui a dû intervenir et les faire quitter les lieux. Les agresseurs ont également menacé l?enseignante de mort.
«Il y a actuellement à l?école un problème de démangeaison contagieuse, explique une source du ministère de l?Education. Des élèves avaient reçu des ordonnances pour qu?ils se fassent ausculter dans un dispensaire mais certains ne s?y sont pas rendus. Les parents d?un élève se sont fâchés lorsque l?enseignante avait renvoyé leur enfant au bureau pour qu?il reçoive des soins et ne contamine pas les autres.»
Un médecin et un inspecteur sanitaire sont venus visiter l?école hier. Le médecin a remarqué que de nombreux élèves souffrent de démangeaison. Dans certains cas, l?infection est même aiguë.
Le président de la GTU fait ressortir qu?il y a actuellement une recrudescence de cas d?agression contre des enseignants. Il affirme avoir fait plusieurs requêtes au ministère de l?Education afin qu?un officier de la sécurité soit posté devant le portail des écoles primaires durant les heures de classe. Faute de finance, au lieu de recruter des officiers de sécurité, le ministère a proposé de revoir les conditions de travail des plantons qui assureront à la fois la sécurité et l?entretien de l?école, fait-il valoir.
Le porte-parole des enseignants, Vinod Seegum, prévient: les enseignants de l?école primaire de Barkly, dit-il, songent à démissionner. Même si ce n?est pas dans l?immédiat, en janvier, si la situation ne s?améliore pas, ces enseignants passeront à l?acte, met-il en garde. «Je comprends entièrement ces enseignants qui veulent partir. Mais nous devons aussi réaliser que ces départs ne résoudront pas le problème. Qui viendra travailler dans cet établissement après, connaissant le comportement hostile de certains parents vis-à-vis des enseignants ?» souligne-t-il néanmoins.
Du côté du ministère, une source officielle précise que la principale inquiétude de l?Education est la sécurité dans les écoles. Le ministère dit ainsi songer à renforcer la sécurité dans les écoles primaires.
Entre-temps, le syndicat des enseignants se demande s?il ne faudrait pas recevoir une risk allowance comme les policiers. La GTU prévoit une manifestation si cette situation «d?insécurité et de frayeur» perdure.
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